Un jour sans FAIM

Studio Ciné Live - - Édito - Éric Li­biot, di­rec­teur de la ré­dac­tion

ÉCRIRE UN ÉDITO chaque mois est sou­vent com­pli­qué : trou­ver le bon su­jet, l’angle, le ton, es­sayer d’être drôle, ten­ter d’être per­ti­nent, cou­per, ral­lon­ger, chan­ger une phrase et en­voyer le texte qui est tou­jours le der­nier à par­tir dans la ma­chine. Il m’est aus­si ar­ri­vé de trou­ver le thème quelques jours après la pa­ru­tion du ma­ga­zine ; ce qui est bal­lot. Mais cet édito-là, si per­son­nel que je m’en ex­cuse, j’en connais le su­jet de­puis quelques mois et je sais qu’il va être dif­fi­cile à écrire. D’ailleurs, je n’ai pas vrai­ment en­vie de l’écrire. Je n’ai pas en­vie de dire au re­voir à mes ca­ma­rades de bu­reau qui partent pour d’autres aven­tures avec Stu­dio Ci­né Live sous le bras. Le jour­nal, votre jour­nal, a été ven­du au groupe dé­jà pro­prié­taire de Pre­mière. Il ne m’ap­par­tient pas ici de ju­ger les stra­té­gies in­dus­trielles qui ont ame­né Al­tice Mé­dia à se sé­pa­rer de Stu­dio Ci­né Live, ni à pré­ju­ger de ce que les nou­veaux pa­trons vont en faire. Mais je ne suis pas d’ac­cord, ce qui ne chan­ge­ra rien. Tant pis. Stu­dio Ci­né Live a dé­jà connu d’autres vies et j’es­père que celle qui s’an­nonce se­ra plus belle en­core. Je sais que tous ceux qui vont conti­nuer à faire vivre ce titre ont la pas­sion du ci­né­ma et de la presse che­villés à l’oeil et au corps. Je ne suis pas très bon en des­sin et je suis in­ca­pable de vous des­si­ner les bu­reaux ac­tuels de la ré­dac­tion mais je dé­teste dé­jà ar­ri­ver le ma­tin en sa­chant qu’ils vont être vides toute la jour­née. Ac­tuel­le­ment, j’écris en­tou­ré de bou­quins, de DVD, de disques et d’ar­moires, et cha­cun est af­fai­ré à ter­mi­ner ce nu­mé­ro. Du coup, per­sonne ne me voit. Cons­tance, dis­crète comme tou­jours, met­tra le point fi­nal au nu­mé­ro d’ici quelques jours (et ira soi­gner son rhume), Vir­gi­nie, concen­trée comme ja­mais, fi­na­lise les pages (et me re­proche mes choix mu­si­caux), Ri­chard, lui, est un sur­doué qui peau­fine les ma­quettes d’une main et mange toute la jour­née de l’autre. Un peu plus loin, Pomme, le sou­rire yo­gi aux lèvres, cherche in­las­sa­ble­ment la bonne pho­to et en face d’elle, Mi­ka râle en­core un peu alors qu’il est l’un des meilleurs di­rec­teurs ar­tis­tiques que j’aie connu (mais il ne faut pas le lui dire). Au fond, c’est la ré­dac­tion plume : So­phie s’af­faire conscien­cieu­se­ment, épluche dos­siers, bandes-an­nonces et presse étran­gère, de fa­çon à être en­core en re­tard ce mois-ci, Tho­mas tra­vaille sans bou­ger, ce qui est im­pres­sion­nant, et son bu­reau est tou­jours ran­gé, ce qui ne lui donne pas meilleur goût en ci­né­ma (mais j’ad­mire sa to­lé­rance), en­fin Thier­ry n’est bi­zar­re­ment pas là ac­tuel­le­ment, sans doute vient-il de prendre ses cinq mi­nutes de pause quo­ti­dienne (tout à l’heure, il va man­ger une sa­lade, re­gar­der un film, écou­ter un disque et in­ter­vie­wer une jeune ac­trice en même temps ou écou­ter une sa­lade, man­ger une ac­trice, re­gar­der un disque, on ne sait ja­mais trop avec lui). Il y a aus­si, ici ou là, à Los An­geles ou ailleurs, Vé­ro­nique, Laurent, Pierre, Oli­vier, Oli­vier, et An­toine (tous les sta­giaires à lui seul). Vous me man­quez dé­jà.

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