COMIC ZOMBIE

LE DES­SI­NA­TEUR AR­THUR DE PINS RE­VIENT À SES PRE­MIÈRES AMOURS, L’ANI­MA­TION. ET CORÉALISE UNE ADAP­TA­TION ÉTON­NANTE DE SA BD ZOM­BILLÉ­NIUM.

Studio Ciné Live - - Zoooom - PAR SO­PHIE BE­NA­MON

« Mon­ter un film d’ani­ma­tion, c’est un par­cours du com­bat­tant. »

une dose de Pa­tience « Je viens de l’ani­ma­tion. C’est très dur de concré­ti­ser des pro­jets dans ce do­maine. En 2005, j’ai réa­li­sé mon pre­mier court, La ré­vo­lu­tion des crabes. Je vou­lais en faire un long, mais ça n’a ja­mais abou­ti. Du coup, je me suis éloi­gné de l’ani­ma­tion pour me lan­cer dans la BD, qui per­met à un au­teur de faire vivre son uni­vers de ma­nière plus spon­ta­née. Zom­billé­nium est né d’une de­mande du ré­dac­teur en chef de Spirou ma­ga­zine, qui vou­lait une cou­ver­ture pour Hal­lo­ween. C’est après le pre­mier tome qu’on m’a pro­po­sé d’en faire un film. »

« Le film a son propre hé­ros. » Ne pas col­ler à la BD

« Si, gra­phi­que­ment, on te­nait à être au plus près du des­sin, avec mon co­réa­li­sa­teur Alexis Du­cord (sto­ry­boar­der d’Avril et le monde tru­qué), on a su dès le dé­but qu’il fal­lait créer une his­toire ori­gi­nale. Le pro­blème des hé­ros de BD, c’est qu’ils n’évo­luent pas – car on doit pou­voir lire les al­bums dans l’ordre qu’on veut. Le ré­cit est donc propre au film avec son hé­ros, Hec­tor, un contrô­leur de normes qui se rend dans le parc d’at­trac­tions Zom­billé­nium pour le faire fer­mer. Mais Hec­tor va se bo­ni­fier au contact des monstres. Dans le film, j’ai aus­si ac­cen­tué le cô­té conflit so­cial en créant une dua­li­té entre vam­pires et zom­bies. »

«Un clip pour Skip the Use, une dé­mo pour nous. » De la mu­sique avant tout

« Le son de Skip the Use cor­res­pon­dait à ce que je cher­chais. Nous de­vions faire un pi­lote pour dé­mar­cher les in­ves­tis­seurs, le groupe avait be­soin d’un clip. J’ai donc ima­gi­né une pe­tite pré­quelle sur la chan­son Na­me­less World, dont les hé­ros étaient Matt Bas­tard, le chan­teur du groupe, et son gui­ta­riste. C’est à ce mo­ment-là que j’ai ima­gi­né Si­rius, un an­cien chan­teur qui a eu un ac­ci­dent parce qu’il a si­gné un ac­cord avec le diable. Après, j’ai de­man­dé à Matt de doubler Si­rius dans le film, comme un clin d’oeil. »

« Il ne faut pas lais­ser faire la ma­chine. » Sur­veiller ses ombres

« Le se­cret pour ne pas faire ex­plo­ser le bud­get, c’est de faire des choix. Cer­tains monstres très pit­to­resques n’existent qu’en 2D dans le fond de l’image parce que ça coû­tait trop cher de les mo­dé­li­ser. En re­vanche, je te­nais à peau­fi­ner au maxi­mum la 3D pour qu’elle s’ap­proche de mes des­sins. J’aime la flui­di­té de l’ani­ma­tion par or­di­na­teur, mais si on laisse faire la ma­chine, ça fait des choses plates. Je ne vou­lais pas d’un ren­du à la Pixar, se­mi-réa­liste. Il faut pas­ser du temps avec les com­po­si­teurs, les ligh­teurs. Je te­nais par exemple à ce que mes per­son­nages conservent l’ombre sous le men­ton que je leur donne dans le des­sin. »

Zom­billé­nium

D’Ar­thur de Pins et Alexis Du­cord • 1 h 16 • 18 oc­tobre

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