THE SQUARE

UNE PALME D’OR TROP CAR­RÉE POUR ÊTRE HON­NÊTE.

Studio Ciné Live - - Critiques -

ET VOI­CI la Palme d’or 2017 ! Lo­gique, au vu d’une édi­tion où la vir­tuo­si­té, la cri­tique de la rai­son bour­geoise et le cy­nisme qui va avec étaient le grand trompe-l’oeil du fes­ti­val. Le film du Sué­dois Ru­ben Öst­lund (Snow The­ra­py) coche toutes les cases en li­vrant d’em­blée ses règles du jeu. The Square est le nom d’une oeuvre d’art qui a pour but de ré­vé­ler la bru­ta­li­té de la na­ture hu­maine. Elle est pré­sen­tée, tel un man­tra, par le hé­ros du film, Ch­ris­tian, conser­va­teur d’un res­pec­table mu­sée d’art mo­derne de Stock­holm : « Le car­ré est un sanc­tuaire de confiance et de bien­veillance. En son sein, nous avons tous les mêmes droits et les mêmes de­voirs. » Un tel pro­gramme dé­li­mite, on s’en doute, les contours du film en son en­tier. Le «car­ré» du titre de­vient dès lors le pe­tit uni­vers clos de ce hé­ros, ar­ché­type du quadra cool et propre sur lui, qui va de­voir se confron­ter aux règles qu’il a lui-même dic­tées. En af­fi­chant ain­si sa pro­fes­sion de foi, le film peut dé­rou­ler à l’en­vi sa dé­mons­tra­tion de choses et ac­cu­mu­ler les say­nètes plus ou moins bien sen­ties au­tour de cette idée. Le spec­ta­teur se fait, comme le hé­ros, ta­per sur les doigts pen­dant plus de deux heures. Et tout y passe : ra­cisme de classe, ma­chisme, sno- bisme… La mise en scène, très «épate bour­geois» et « sor­ren­ti­nesque », en­ve­loppe de ses cer­ti­tudes ce film bien trop car­ré pour être hon­nête. Bof. T.B.

De Ru­ben Öst­lund • Avec Claes Bang, Eli­sa­beth Moss, Do­mi­nic West… • 2h31 • 18 oc­tobre

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