ZOM­BILLÉ­NIUM

UNE SA­TIRE SO­CIALE DÉ­GUI­SÉE EN DÉ­LIRE HOR­RI­FIQUE.

Studio Ciné Live - - Critiques -

COÛT D’UN PIXAR: en­vi­ron 150 mil­lions d’eu­ros. Coût de ce pre­mier long d’ani­ma­tion : 10 mil­lions. Voi­là qui ex­plique (et in­cite à par­don­ner) ses im­per­fec­tions et son manque de flui­di­té dans les mou­ve­ments. Qui dit moyens li­mi­tés ne dit néan­moins pas manque d’idées vi­suelles pour Ar­thur de Pins – adap­tant sa propre BD – et son co­réa­li­sa­teur. Leur dé­lire hor­ri­fique re­gorge de pour­suites dingues. Ils ont aus­si créé un bes­tiaire fran­che­ment d’en­fer. À com­men­cer par ce cer­bère à trois têtes ca­nines, cette pun­kette sor­cière sur son ba­lai ska­te­board ou en­core ce ma­lé­fique vam­pire, so­sie de Pat­tin­son dans Twi­light. Sans ou­blier Hec­tor, co­losse à cornes à la Hell­boy, meur­tri d’être sé­pa­ré de sa fille. Lui est à la base un hu­main, un an­ti­pa­thique contrô­leur des normes de sé­cu­ri­té. Mais comme il s’ap­prê­tait à fer­mer le parc d’at­trac­tions Zom­billé­nium, le boss a dû le cro­quer. Le trans­for­mer en monstre. Et le voi­là pro- pul­sé au coeur d’un conflit im­pi­toyable entre zom­bies et vam­pires aux al­lures de lutte des classes. Em­ployés mi­li­tant pour leurs droits, ra­chat par des ac­tion­naires sans scru­pule : le film, si­tué dans un Nord bru­meux, si­nis­tré, se fend en ef­fet d’un dis­cours so­cial éton­nant de lu­ci­di­té et de pro- fon­deur, proche du ci­né­ma bri­tish. Une émo­tion émerge même de ce di­ver­tis­se­ment, rap­pe­lant que les vrais monstres ne sont pas ceux que l’on croit. L.D.

D’Ar­thur de Pins et Alexis Du­cord • 1h18 • 18 oc­tobre

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