BROOK­LYN YID­DISH

UN FILM BLUF­FANT DE MAέTRISE SUR UN HOMME EN QUÊTE D’ÉMAN­CI­PA­TION.

Studio Ciné Live - - Critiques -

HORS NORME. Me­nashe, l’an­ti­hé­ros de ce Brook­lyn Yid­dish n’avance pas dans les clous d’une culture juive très or­tho­doxe qui le ra­mène à sa « mau­vaise » condi­tion de cé­li­ba­taire. Il est veuf de­puis un an et ne peut donc pas éle­ver son fils qui, se­lon la To­rah, a be­soin d’une « vraie » fa­mille. La ca­mé­ra de Joshua Z. Weinstein filme l’im­po­sant Me­na­shé (cam­pé par un for­mi­dable non ac­teur !) pri­son­nier d’un mi­cro-monde – les quelques blocs du Bo­rough Park de Brook­lyn – dans le­quel il est bien trop à l’étroit. La ca­mé­ra, res­ser­rée sur les corps et les es­paces confi­nés, pa­raît en apnée. Au centre du cadre, le hé­ros pa­taud traîne la patte mais se re­dresse peu à peu dans un geste d’au­to­dé­fense, d’au­to­dé­ter­mi­na­tion et bien­tôt de sur­vie, à me­sure que l’étau se re­ferme. Dans cette com­mu­nau­té où la no­tion de bien et de le mal est sus- pen­due aux seules lèvres d’un vieux sage pas tou­jours très au fait, les tra­di­tions pèsent de tonnes. L’ho­ri­zon est bou­ché. Le cadre s’élar­git par­fois comme par ef­frac­tion lais­sant une lu­mière apo­cryphe éclai­rer le vi­sage de Me­na­shé et de son fils. Une telle maî­trise entre le fond et la forme, sa­luée un peu par­tout (Sun­dance, Deau­ville, Ber­lin) est en tous points bluf­fante. On va dé­sor­mais suivre le tra­vail de Joshua Z. Weinstein de très près. T.B.

De Joshua Z. Weinstein • Avec Me­nashe Lus­tig, Yoel Weis­shaus, Ru­ben Ni­bors­ki… • 1 h 21

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