Nos jours heu­reux 2006

Studio Ciné Live - - Actu -

Oli­vier Na­kache : Éric et moi nous sommes connus en co­lo­nie de va­cances… où l’on a été tour à tour co­lons, ani­ma­teurs puis di­rec­teurs. Tout ce qu’on a pu y vivre nous a ins­pi­ré d’abord un court, Ces jours heu­reux, puis ce long. Éric To­le­da­no: Mais ga­min, on n’a pas été tout de suite potes. Oli­vier Na­kache: C’est moi qui ai fait le pre­mier pas… Éric To­le­da­no: Je suis le pre­mier à avoir bos­sé dans le ci­né­ma. Étu­diant, j’avais croi­sé Diane Ku­rys dans la rue. Je l’avais abor­dée en lui di­sant que j’ai­me­rais tra­vailler avec elle et elle avait pris mon nu­mé­ro. La veille du tour­nage d’À la fo­lie, on m’a ap­pe­lé pour être as­sis­tant de pla­teau et chauf­feur de Béa­trice Dalle. Oli­vier Na­kache: Quand j’en ai en­ten­du par­ler, ça m’a ren­du dingue. Comme s’il réa­li­sait lui-même le film ! Éric To­le­da­no: Alors que mon ac­ti­vi­té consis­tait sur­tout à faire du ca­fé et blo­quer les routes ! Mais Oli­vier est en ef­fet ve­nu me po­ser des ques­tions. C’est la pre­mière fois qu’on s’est vrai­ment par­lé. Oli­vier Na­kache: Je bu­vais ses pa­roles. J’au­rais sim­ple­ment ado­ré ache­ter le ca­fé qu’il pré­pa­rait pour Béa­trice Dalle ! Éric To­le­da­no: J’ai tout de suite sen­ti un ADN com­mun dans notre rap­port au ci­né­ma. Et j’avais aus­si com­pris que je se­rais in­ca­pable de faire l’as­sis­tant pen­dant des an­nées. Alors on a dé­ci­dé d’écrire à deux en ac­cep­tant tous les pe­tits bou­lots qu’on trou­vait pour ga­gner notre vie. En 1995, on a réa­li­sé notre pre­mier court, un bide mo­nu­men­tal. Mais ce­la ne nous a pas ar­rê­tés. Oli­vier Na­kache: On a écrit Nos jours heu­reux en même temps que Je pré­fère qu’on reste amis. On ve­nait de ren­con­trer notre pro­duc­teur, Ni­co­las Duval, qui, en nous ins­tal­lant dans un bu­reau, nous a sor­tis des bis­trots où on se re­trou­vait jusque-là. Éric To­le­da­no: Il y a une ma­gni­fique phrase de Pré­vert qui dit qu’on re­con­naît le bon­heur au bruit qu’il fait quand il s’en va. C’est exac­te­ment ce qu’on a vé­cu avec nos an­nées de co­lo. Du coup, en écri­vant, on se re­plon­geait avec dé­lice dans nos sou­ve­nirs. En­core au­jourd’hui, pas mal de gens de cette époque croient se re­con­naître dans cer­tains per­son­nages.

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