Pour/contre : Bor­der­town

UNE NOU­VELLE SÉ­RIE SCAN­DI­NAVE DE QUA­LI­TÉ OU LE PRE­MIER FAUX PAS DU PO­LAR NOR­DIQUE?

Studio Ciné Live - - Sommaire -

Igor Han­sen- Love VS Vé­ro­nique Trouillet

I.H.-L.: LA SÉ­RIE EST NOR­DIQUE, donc for­cé­ment réus­sie.

V.T.: DANS CE CAS, c’est l’ex­cep­tion qui confirme la règle. Bor­der­town n’est qu’une énième sé­rie po­li­cière qui ne par­vient à se dé­mar­quer que par la pau­vre­té de sa créa­ti­vi­té. À com­men­cer par le per­son­nage prin­ci­pal : avec ses ca­pa­ci­tés d’ob­ser­va­tion et d’ana­lyse, Ka­ri Sor­jo­nen est un er­satz de Sher­lock, mâ­ti­né d’un peu de Sa­ga de Bron/Broen pour son cô­té aso­cial. Il parle plus avec les mains qu’un Ita­lien et il est vite hor­ri­pi­lant.

I.H.-L.: JE TE TROUVE UN PEU DURE avec les Ita­liens, et leurs mains par­ti­cu­liè­re­ment. Le style du pro­ta­go­niste est pré­ci­sé­ment ce qui me plaît. Le co­mé­dien, Ville Vir­ta­nen, par­vient à dé­ga­ger un mé­lange de force et de fai­blesse in­té­res­sant, at­ta­chant. Les scé­na­ristes ont fait de lui un père de fa­mille, ce qui le rend bien plus hu­main que Sher­lock. Il est de tous les plans, et pour­tant on ne par­vient ja­mais à le sai­sir. L’ad­dic­tion que provoque la sé­rie com­mence avec lui. L’autre bonne idée de ce feuille­ton fin­lan­dais, comme dans la plu­part des sé­ries nor­diques, consiste à mê­ler les in­trigues po­li­cières avec des en­jeux so­cié­taux et po­li­tiques.

V.T.: DES EN­JEUX vite ba­layés par le fait que sur les cinq en­quêtes que compte la sai­son 1, quatre concernent de près ou de loin les filles de Sor­jo­nen et de sa nou­velle

Oé­qui­pière. Toutes se re­trouvent mê­lées à des in­trigues dan­ge­reuses, sur fond de com­bats de chiens, de tra­fic de drogue et même d’êtres hu­mains. Ce n’est plus un po­lar, c’est un soap ope­ra ! La fin de cette sai­son est d’ailleurs digne d’un très mau­vais mélo. Et ne me dis pas que c’est aus­si une « bonne idée » d’as­so­cier un flic fin­lan­dais à une an­cienne agent se­cret russe du FSB. Les sho­wrun­ners ne savent vrai­ment plus quoi in­ven­ter pour créer des duos iné­dits.

I.H.-L.: AU CONTRAIRE, la col­la­bo­ra­tion entre deux flics de cultures dif­fé­rentes est mon­naie cou­rante, sur­tout lorsque leurs pays sont li­mi­trophes. Je veux bien t’ac­cor­der que les en­quêtes sont in­égales. Mais je pense qu’en elle-même, l’idée de clore une in­trigue au bout de deux ou trois épi­sodes est plu­tôt bonne. Ce­la per­met de ne pas traî­ner en lon­gueur tout en dé­ve­lop­pant des per­son­nages… En ce sens, Bor­der­town in­nove.

V.T.: OU, AU CONTRAIRE, montre la fai­blesse de ses scé­na­rios : au­cune in­trigue n’est suf­fi­sam­ment forte pour te­nir sur dix épi­sodes. La preuve ? Les cri­mi­nels que So­ro­jen traque : seul ce­lui de l’en­quête in­ti­tu­lée « La der­nière manche » ap­pa­raît à la hau­teur de son in­tel­li­gence. Les autres n’ont au­cune en­ver­gure. Comme cette sé­rie.

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