En Val­lée de l’eure : Le charme dis­cret d’an­ciennes écu­ries

Cette lon­gère abri­tait au­tre­fois des écu­ries, par­ties in­té­grantes d’un grand do­maine agri­cole dont les divers bâ­ti­ments, eux aus­si ré­no­vés de longue date, sont au­jourd’hui de confor­tables ré­si­dences. His­toire d’écu­ries trans­for­mées en une ha­bi­ta­tion de st

Style Campagne - - Sommaire 2/2 - TEXTES : ICHEL HER­MAN - PHO­TOS : RÉ­MI HONDIER

Cette an­cienne ferme, qui a ap­par­te­nu à une grande fa­mille fran­çaise de par­fu­meurs mon­dia­le­ment connue, date du XIXE siècle. L’am­pleur des mai­sons construites sur le site, dis­po­sées sous la forme d’un qua­dri­la­tère plus ou moins dis­ten­du, dont cer­taines sont grandes comme des ma­noirs, in­cite à pen­ser qu’il se trou­vait peut-être là une grange à dîmes qui a au­jourd’hui dis­pa­ru. Si­tuée à la sor­tie d’un vil­lage, la lon­gère est la pre­mière d’entre-elles que l’on aper­çoit au bout de la route. Sa fa­çade neutre n’in­dique ni ce qu’elle fut au­tre­fois, ni la dé­co­ra­tion raf­fi­née que l’on trouve à l’in­té­rieur. Lorsque les ac­tuels pro­prié­taires se sont ins­tal­lés, il n’y avait guère ici qu’une suc­ces­sion de boxes en bé­ton et la pre­mière tâche, en pré­sence de pa­reille si­tua­tion, était de sa­voir ce qu’il fal­lait faire pour dé­cloi­son­ner un tel vo­lume et le rendre ha­bi­table. Mais, tout est pos­sible pour qui fait preuve d’ima­gi­na­tion, même de vivre dans d’an­ciennes dé­pen­dances et d’y vivre bien. Les élé­gantes et spa­cieuses de­meures qui en­tourent la lon­gère

avaient toutes étaient res­tau­rés en 1999, date à la­quelle Na­tha­lie et son époux ar­ri­vèrent, « Toutes sauf l’écu­rie, pré­cise notre hô­tesse… Ar­ri­vés au plus fort de la tem­pête qui dé­vas­ta la France cette an­née-là, nos amis ont donc dû af­fron­ter une se­conde tem­pête. Faire face à un pro­jet am­bi­tieux, as­su­mer au mieux les tâches in­dis­pen­sables et conjointes de la ré­no­va­tion et de la dé­co­ra­tion. Lais­sons donc Na­tha­lie nous ex­pli­quer ce qu’ils ont fait : « Nous étions par­tis dans l’idée de faire un pa­tio cen­tral tout en verre ; fi­na­le­ment, on a op­té pour une ver­rière « puits de lu­mière » qui suit la pente du toit et qui est si­tuée plein sud. Puis, nous avons créé une pièce ca­thé­drale qui per­met d’aper­ce­voir l’étage. Ayant choi­si un chauf­fage élec­trique par le sol, sous-en­ten­dant une iso­la­tion de qua­li­té, nous avons re­non­cé à des murs en pierre ap­pa­rente. Toute la

S’ap­pro­prier un vo­lume consé­quent n’est pas chose fa­cile quand il s’agit de l’es­pace li­néaire d’une lon­gère

dé­co­ra­tion s’en est sui­vie : des sols bruts en pierre, mais des murs épu­rés (briques plâ­trières), des grandes por­tes­fe­nêtres en acier, une rampe d’es­ca­lier et une ram­barde en fer­ron­ne­rie, réa­li­sée par Ni­co­las Martin, une che­mi­née double face Fo­cus, per­met­tant la vi­sion de la pièce cen­trale à tra­vers le feu… » S’ap­pro­prier un vo­lume consé­quent n’est pas chose fa­cile quand il s’agit de l’es­pace li­néaire d’une lon­gère, qui plus est un es­pace sys­té­ma­ti­que­ment mor­ce­lé en boxes. Il faut à la fois créer de l’har­mo­nie et de la fan­tai­sie, de la dis­con­ti­nui­té et de la sy­mé­trie car on ne peut trop s’éloi­gner des contraintes « du ter­rain ». Il faut conce­voir un plan d’en­semble et évi­ter de se ré­pé­ter dans les nou­veaux es­paces re­con­çus. Au rez-de-chaus­sée, l’axe de la dé­co­ra­tion fut l’im­plan­ta­tion d’une che­mi­née à double face. De part et d’autre de cette che­mi­née partent

deux cou­loirs qui re­lient l’en­semble salle à man­ger-cui­sine aux sa­lons. Ces deux sa­lons, d’im­por­tance in­égale et avec une dif­fé­rence de ni­veau, consti­tuent une belle salle à vivre. Un pan de mur, au-des­sus du­quel on dis­tingue l’es­ca­lier me­nant à l’étage, a été conser­vé. Il per­met, tout comme les pre­mières marches de l’es­ca­lier, de ré­duire la lar­geur de la pièce et ain­si de faire en sorte que les vo­lumes des deux es­paces sa­lons ne soient pas iden­tiques. L’étage a été conçu pour que l’on ait une pers­pec­tive à tra­vers les qua­rante-quatre mètres de la mai­son, il suf­fit pour ce­la d’ou­vrir toutes les portes. Tout der­niè­re­ment, une der­nière pièce a été res­tau­rée, c’est le bu­reau que l’on dé­couvre au rez-de-chaus­sée : il se si­tue par­fai­te­ment dans l’es­prit du pro­jet ini­tial avec la pierre ap­pa­rente de ses murs et la che­mi­née tra­di­tion­nelle, une ré­plique d’an­cien. ◆

Der­rière le ca­na­pé, un coffre hol­lan­dais du XVIIIE. Au pre­mier plan, le pié­des­tal en acier, vieilli comme les fer­ron­ne­ries des portes et fe­nêtres, ren­ferme les bran­che­ments élec­triques. L’es­ca­lier est en pierre re­cons­ti­tuée Brad­stone.

Une mai­son qui nous montre com­ment ti­rer le meilleur par­ti es­thé­tique d’un grand vo­lume qu’il faut re­mo­de­ler en to­ta­li­té.

Une lon­gère dis­crète qui abrite un in­té­rieur de charme.

Do­mi­nant le sa­lon, ré­plique d’un mo­dèle an­cien, un poêle en fonte émaillée aux di­men­sions im­pres­sion­nantes conçu par le de­si­gner Ser­gio Léon.

Ci-des­sus, à gauche : un meuble d’époque. Dans la mai­son, de nom­breuses pièces de bro­cante ont été chi­nées dans la ré­gion ver­non­naise ; à droite : l’îlot cen­tral de la cui­sine et sa vasque en cuivre sur un sup­port en acier, en par­faite har­mo­nie avec une r

L’au­then­ti­ci­té des ma­té­riaux est le plus sûr ga­rant d’une jo­lie dé­co­ra­tion : ici, un re­vê­te­ment en pierre mar­brière.

De pe­tits es­paces in­ti­mistes ani­més par des ob­jets dé­co­ra­tifs qui les dy­na­misent.

Pour joindre l’utile à l’agréable, de nom­breuses éta­gères dé­co­ra­tives creu­sées dans les murs al­lient l’es­thé­tique au fonc­tion­nel.

La cui­sine avec son sol en pierre de Cha­rente, l’îlot cen­tral a été conçu au mi­lieu de la pièce pour que la maî­tresse de mai­son soit proche de ses in­vi­tés.

La salle à man­ger ré­chauf­fée par la che­mi­née Fo­cus à double face. L’axe de la dé­co­ra­tion fut l’im­plan­ta­tion de cette che­mi­née à double face. De part et d’autre du foyer partent deux cou­loirs qui re­lient l’en­semble salle à man­ger­cui­sine aux sa­lons.

Une salle de bains spa­cieuse qui abrite une bai­gnoire à l’an­cienne et un pa­ravent exo­tique d’ori­gine orien­tale.

Les chambres de l’étage, amé­na­gées cô­tés pi­gnons, ont conser­vé leurs murs en pierres ap­pa­rentes.

Le goût des ma­té­riaux nobles : ro­bi­net en cuivre an­cien et à croi­sillons dans l’une des salles d’eau.

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