Eduar­do Kac

Stylist - - Cover Story -

ar­tiste amé­ri­ca­no-bré­si­lien en ré­si­dence au sein de l’ob­ser­va­toire de l’es­pace, le la­bo­ra­toire arts-sciences du CNES, a conçu Té­les­cope in­té­rieur, une oeuvre spa­tiale, réa­li­sée dans le cadre de la mis­sion Proxi­ma de L’ESA, à bord de L’ISS, par le spa­tio­naute fran­çais Tho­mas Pes­quet. Il fait éga­le­ment l’ob­jet d’une ex­po­si­tion à la Ga­le­rie Char­lot, à Pa­ris, jus­qu’au 27 juillet. « Mon sou­ve­nir le plus an­cien de l’es­pace me vient d’une bande des­si­née que j’ai lue à l’âge de 5 ans. Elle ra­con­tait l’his­toire d’un groupe de su­per-hé­ros dont l’un était ac­cu­sé d’avoir com­mis un crime (qu’il n’avait en fait pas com­mis) et qui était en­voyé sur la Lune. C’était très dra­ma­tique : ses com­pa­gnons le pu­nis­saient en l’iso­lant de la Terre. Je li­sais aus­si Buck Ro­gers et son grand ri­val Flash Gor­don, les des­sins d’alex Ray­mond étaient d’une beau­té ex­tra­or­di­naire. Tel­le­ment que j’ai gar­dé un sou­ve­nir cu­rieux de la pre­mière fois où l’homme s’est po­sé pour de bon sur la Lune. En 1969, j’avais 7 ans et j’ha­bi­tais dans un ap­par­te­ment tout en lon­gueur. Ce soir-là, j’étais dans la pièce la plus dis­tante du poste de té­lé­vi­sion. Les adultes sont ve­nus me cher­cher : « Dé­pêche-toi, ils vont bien­tôt sor­tir ! » Et je n’ai vu que des images pé­nibles, en noir et blanc. Je rê­vais dé­jà cet uni­vers et dans mon ima­gi­naire, l’es­pace était en cou­leurs, en haute dé­fi­ni­tion, c’était beau­coup plus beau ! J’ai été très dé­çu et je m’en sou­viens comme d’un mo­ment de rup­ture avec les adultes. »

TÉ­LES­COPE IN­TÉ­RIEUR, 2017

EMBROIDERY D'EDUAR­DO KAC

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