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Plus com­plet que le run­ning, plus lu­dique que la boxe (et faut-il le pré­ci­ser : bien plus co­ol que la zum­ba), le tram­po­line fait sau­ter les filles de joie.

Stylist - - News - Par Cé­line Mol­let

Le tram­po­line fait sau­ter les filles de joie

Dans la vie, il y a des vautres dont on ne se re­lève pas. Sauf que, ras­su­rez-vous, ça n’ar­rive pas sou­vent. La preuve : après le Pé­né­lo­pe­gate, Fran­çois Fillon a re­trou­vé un job. Dans la fi­nance. Ce qu’il faut re­ti­rer de cette in­for­ma­tion ? Qu’on vit vrai­ment une époque for­mi­dable Que lorsque la vie vous donne des citrons, ne per­dez pas votre temps à faire de la li­mo­nade (il fau­dra nous ex­pli­quer en quoi une bois­son ga­zeuse et bour­rée de sucre peut ai­der qui que ce soit à al­ler mieux mais pas­sons) : bar­rez-vous le plus vite pos­sible et al­lez faire un peu de tram­po­line. Avec de la chance, vous re­bon­di­rez suf­fi­sam­ment loin de vos pro­blèmes. Par­tout sur la pla­nète, les filles co­ol rem­placent leurs ses­sions de Soul­cycle par quelques jumps. « Ce­la fait même plu­sieurs an­nées que le sa­lon ita­lien Ri­mi­ni Well­ness le met en avant », ex­plique Re­my Hu­leux, ex­pert en coa­ching et pre­sen­ter in­ter­na­tio­nal pour L’orange Bleue. En France, on com­mence dou­ce­ment à prendre de la hau­teur. Les cours col­lec­tifs s’ouvrent avec les séances de Ya­ko Up à L’orange Bleue, de Re­boun­ding chez Si­mone ou d’ubound dans les centres Mo­ving. Il n’y a plus qu’à s’y mettre. Et que ça saute !

C’EST UL­TRA-EF­FI­CACE

Les filles qui sautent sont beau­coup plus bonnes que les plus bonnes de vos co­pines.

La no­tice : boos­ter le car­dio, mettre le pa­quet sur le ren­for­ce­ment mus­cu­laire (non mais les fesses, les cuisses et les ab­dos des jum­pers, je t’en sup­plie), dé­gom­mer la masse grasse à la vi­tesse du son, ren­for­cer l’équi­libre grâce au tra­vail sur un sup­port in­stable… La dis­ci­pline équi­vaut à un vrai cours de car­dio hard­core (pen­sez Bo­dy At­tack). Une heure de tram­po­line, c’est 900 ca­lo­ries de brû­lées (soit plus qu’un ke­bab ou un Big Tas­ty). La séance score donc plus qu’une heure de zum­ba (800 ca­lo­ries d’éli­mi­nées, moins qu’un ke­bab ou un Big Tas­ty, donc). Dé­bu­tant ou confir­mé, cha­cun mo­dule l’in­ten­si­té se­lon ses ca­pa­ci­tés mais les ré­sul­tats se voient ra­pi­de­ment : dès quinze jours, à rai­son de deux séances heb­do­ma­daires, vous consta­te­rez un très net raf­fer­mis­se­ment. Celles qui viennent d’ac­cou­cher pas­se­ront leur tour car les sauts ap­puient sur le pé­ri­née.

How-to : une séance dure de 30 à 45 mi­nutes en moyenne. Plus, ça se­rait vrai­ment in­tense. Elles com­mencent par un pe­tit warm up, qui consiste en une mul­ti­tude de pe­tits sauts sur la toile. Le coeur du cours s’ar­ti­cule au­tour de mou­ve­ments très simples, sans cho­ré­gra­phie, qui re­prennent les ba­siques de l’ath­lé­tisme : trot­ti­ner, sé­ries de ta­lons-fesses, mon­tées de ge­noux, jum­ping jacks… Par­fois, les trai­ners ajoutent des hal­tères, des élas­tiques, des poids pour in­ten­si­fier le ren­for­ce­ment mus­cu­laire.

Post-it men­tal : « Le corps est contrac­té du dé­but à la fin de la séance à cause de l’in­sta­bi­li­té de la sur­face, il est dé­sta­bi­li­sé pour faire tra­vailler l’in­té­gra­li­té des muscles et dé­pen­ser un maxi­mum de ca­lo­ries », Re­my Hu­leux.

C’EST HY­PER-MAR­RANT

Sau­ter, c’est bien. Ri­go­ler, c’est mieux.

La no­tice : pour ryth­mer le dy­na­misme des séances, les cours se dé­clinent en une mul­ti­tude de va­riantes. La plus co­ol qu’on ait es­sayée : la ses­sion en pis­cine. Là, il ne s’agit plus vrai­ment de sau­ter. Il n’y a plus d’in­sta­bi­li­té mais vous tra­vaillez da­van­tage les muscles pro­fonds. Sous l’ef­fet de l’eau, une ré­sis­tance s’exerce en conti­nu sur la toile. Alors que dans l’air, les sauts peuvent se com­pa­rer à une course dans le sable, dans l’eau, ce se­rait plu­tôt des bonds sur une grosse ge­lée très dense. Pour­quoi c’est in­té­res­sant : parce qu’il n’y a au­cun trau­ma­tisme ar­ti­cu­laire et que, se­lon le prin­cipe d’ar­chi­mède, l’eau porte le poids du corps. En lan­gage de la vraie vie, ça veut dire que le tra­vail mus­cu­laire est au max, sans im­pact. « C’est un peu comme si vous por­tiez un sac à dos de 20 kg, sans en res­sen­tir le poids », ex­plique Maxime, coach chez Aqua­loft. Vous faites moins d’ef­forts, tout en at­tei­gnant vos pleines ca­pa­ci­tés plus vite. La cein­ture ab­do­mi­nale se gaine hy­per-ra­pi­de­ment, sans que vous vous en ren­diez compte.

How-to : les classes en pis­cine se font par in­ter­valles : 5 mi­nutes d’in­ten­si­té/40 se­condes de re­pos. Au fur et à me­sure du cours, le temps de tra­vail s’al­longe. Les sauts se font avec le ta­lon et non le plat du pied pour sou­la­ger les jambes et les mol­lets. Les coachs peuvent aus­si mixer le tram­po­line avec des pas­sages sur des ta­pis de course et du vé­lo (le tout dans l’eau). Ça passe très vite. Une per­sonne un peu hys­té­ro pour­rait vous dire que « c’est fun, fun, fun » mais ça n’est pas notre cas.

Post-it men­tal : « Pen­sez à boire beau­coup d’eau et à bien vous éti­rer pen­dant au moins 5 mi­nutes après chaque séance car, même si vous ne le sen­tez pas, les muscles pro­fonds au­ront été sur­sol­li­ci­tés », Maxime.

C’EST VRAI­MENT EA­SY

Vous êtes plu­tôt du genre plai­sir so­li­taire ? On ne vous juge pas (c’est vrai­ment pas notre genre comme vous sa­vez).

La no­tice : si votre pro­fonde mi­san­thro­pie vous fait fuir tout ce qui res­semble de près ou de loin à un cours col­lec­tif, vous avez toute notre sym­pa­thie ce n’est pas une rai­son pour ne pas sau­ter le pas. Après tout, puisque 15 mi­nutes de tram­po­line équi­valent à 45 mi­nutes de run­ning, ça se­rait vrai­ment bête de s’en pri­ver. Vous pou­vez jum­per seule, loin de tous ces gens pé­nibles. Il existe des mi­ni-tram­po­lines, à tous les prix, pour s’en­traî­ner chez soi. Soyez quand même consciente que, même en for­mat ré­duit, c’est une tan­née à ran­ger dans un ap­par­te­ment. Avant de vous lan­cer, sau­tez d’abord à la corde, entre 5 et 10 mi­nutes chaque jour pen­dant une semaine. « C’est ex­cellent pour le car­dio et ça vous ha­bi­tue­ra à une ten­sion des mol­lets sur du dur », ex­plique Maxime.

How-to : vous avez votre tram­po­line ? C’est bien mais cal­mez-vous main­te­nant. Pla­cez-le de pré­fé­rence de­vant un mi­roir si vous vi­vez à Bu­ckin­gham Pa­lace ou seu­le­ment là où vous avez de la place si vous êtes un être hu­main nor­mal. « Met­tez une pe­tite mu­sique d’échauf­fe­ment et re­bon­dis­sez pen­dant 6 à 7 mi­nutes, sans cher­cher la hau­teur. Con­ten­tez-vous de pe­tits re­bonds », aver­tit Julien, coach chez Mo­ving. Dé­col­lez les pieds à lar­geur des hanches et com­men­cez à sau­ter en fai­sant 10 squats. En­suite, va­riez les mou­ve­ments : pieds écar­tés, pieds ser­rés, ci­seaux, mon­tées de ge­noux… Aug­men­tez pro­gres­si­ve­ment la fré­quence car­diaque. Au bout de 5 mi­nutes, vous trans­pi­re­rez comme si de­main n’exis­tait pas ; après 30 mi­nutes, vous se­rez les­si­vée, c’est nor­mal.

Post-it men­tal : « Com­bi­nez deux séances de tram­po­line par semaine à une ses­sion d’ab­dos-fes­siers et une autre de stret­ching pour un tra­vail com­plet », Julien.

“La dis­ci­pline cor­res­pond à un vrai cours de car­dio hard­core”

Min Kim uti­li­sant Nars Cos­me­tics.

Robe, Mulberry. Boucle d’oreille, Her­vé Van Der Strae­ten. Bague, Se­bas­tien Joffrey Mon­fort.

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