Des idées pour se cou­cher moins bête

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La vie trouve tou­jours son che­min », di­sait Jeff Gold­blum dans Ju­ras­sic Park, il y a (cram­pon­nez-vous à quelque chose) vingt-quatre ans, pré­di­sant avec pas mal de pif que les di­nos sup­po­sés sté­riles du pro­fes­seur Ham­mond réus­si­raient à se re­pro­duire, et que la na­ture re­pren­drait ses droits sur l’is­la Nu­blar. Vous ne voyez pas le rap­port ? C’est simple : la vie a aus­si fi­ni par trou­ver son che­min pour les jou­joux du Mar­vel Ci­ne­ma­tic Uni­verse. Et Gold­blum, guest star haute en cou­leurs de Thor :

Ragnarok, pour­rait vo­lon­tiers y pro­non­cer les mêmes mots, non plus à pro­pos de vé­lo­ci­rap­tors mais de su­per-hé­ros. Pour­quoi ? Parce que Thor, Lo­ki et Hulk (les autres Aven­gers sont res­tés au ves­tiaire) s’y éman­cipent de leur ADN pré­pro­gram­mé de jus­ti­ciers obéis­sants, pour s’adon­ner plei­ne­ment à leur des­tin de clowns de la pop cul­ture, sur un mode to­ta­le­ment au­to­pa­ro­dique. Dans une am­biance os­cil­lant entre space ope­ra, pé­plum et sketch du Sa­tur­day Night Live, Ragnarok s’af­firme comme le plus co­mique, le plus ab­surde, le plus dé­li­rant des vo­lets du MCU. On y suit un Thor pri­vé de son phal­lus (par­don, de son mar­teau), ré­duit au rang de gla­dia­teur sur une pla­nète étrange dont il doit par­ve­nir à s’échap­per pour sau­ver As­gard, son royaume, des griffes d’une déesse de la mort (Cate Blan­chett). Or plus au­cune es­pèce de sé­rieux, de gra­vi­té, de pre­mier de­gré n’a droit de ci­té :

Ragnarok dé­file comme une vaste blague, un spin-off ul­tra­dé­tente où les hé­ros, las de leurs car­cans de jus­ti­ciers, n’ont que faire de sau­ver le monde, et font mu­muse dans d’im­pro­bables mé­ga­lo­poles cos­miques aux airs de parc d’at­trac­tions. L’hu­mour du clin d’oeil et de la catch­phrase as­so­cié de­puis tou­jours à Mar­vel, cen­sé re­lâ­cher un peu de va­peur et de ten­sion çà et là, se trans­forme ici en dé­ga­zage tous azi­muts – Gold­blum confesse d’ailleurs avoir im­pro­vi­sé la plu­part de ses scènes. De l’im­pro théâ­trale, de la li­ber­té de jeu, dans la ma­chine à block­bus­ter la plus oné­reuse et la mieux hui­lée de l’en­ter­tain­ment mon­dial ? Hé oui : la vie trouve tou­jours son che­min. T.R. Thor : Ragnarok, de Tai­ka Wai­ti­ti. Du­rée : 2 h 10.

La ga­laxie Mar­vel s’est dé­fi­ni­ti­ve­ment trans­for­mée en cirque am­bu­lant et c’était la meilleure chose qui pou­vait lui ar­ri­ver.

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