Quand la bouffe ali­mente tous nos fan­tasmes

Le vrai food porn n’est pas sur Ins­ta­gram.

Stylist - - CONTENTS - Par Dé­bo­rah Ma­let

Le vrai food­porn n’est pas sur Ins­ta­gram

Call Me By Your Name a la plus ico­nique scène de sexe in­cluant un fruit de­puis

Ame­ri­can Pie.» C’est ain­si que ti­trait The Cut en oc­tobre 2017 en par­lant du film de Lu­ca Gua­da­gni­no sor­ti le 28 fé­vrier. Un high­light éro­tique dans le­quel on voit Elio – ado dont les hor­mones se trouvent cham­bou­lées par l’étu­diant Oli­ver – qui, pour éva­cuer tout ça, se mas­turbe dans une pêche dé­noyau­tée. Une scène que le réa­li­sa­teur a hé­si­té à trans­po­ser dans son film (adap­té du ro­man d’an­dré Aci­man) comme il l’a ex­pli­qué au ma­ga­zine Out : « C’est tel­le­ment fort et ex­pli­cite, je pen­sais que c’était une mé­ta­phore. Donc j’ai cho­pé une pêche et j’ai es­sayé, et je dois dire : ça fonc­tionne. » Une fa­çon de don­ner corps au food­porn et de per­pé­tuer la longue tra­di­tion de la si­to­phi­lie. Comme le sou­ligne Na­tha­lie He­lal, jour­na­liste gas­tro­no­mique et au­teure de Même les lé­gumes ont un

sexe (le 12 avril aux édi­tions So­lar) : « L’his­toire montre que sexe et nour­ri­ture ont tou­jours fait la paire. Des or­gies ro­maines, où l’on for­ni­quait en plein re­pas, au Moyen Âge, dont les étuves (bains pu­blics) étaient des lieux où l’on se res­tau­rait tout en bai­sant. À la se­conde moi­tié du XIXE siècle, les Grands Bou­le­vards, sur­nom­més le cli­to­ris de Pa­ris, étaient l’épi­centre des plai­sirs, de la gas­tro­no­mie et du li­ber­ti­nage. Les res­tau­rants étaient do­tés de ca­bi­nets par­ti­cu­liers où les hommes for­tu­nés ve­naient s’en­fer­mer avec leurs co­cottes. Pour si­gni­fier qu’ils étaient “oc­cu­pés”, ils re­ti­raient la poi­gnée de la porte afin que celle-ci soit im­pos­sible à ou­vrir de l’ex­té­rieur.» Voi­ci 10 pas­sages à la cas­se­role dont on a fait tout un plat.

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