Rien d’éton­nant à ce que cette image te donne en­vie d’une vod­ka glace

L’au­to­bron­zant peut te sau­ver la vie

Stylist - - Summario - Par Va­len­tine Pé­try

Com­men­çons par une mau­vaise nou­velle : une étude me­née par le Can­cer Cen­ter à Yale a mon­tré en fé­vrier der­nier que les per­sonnes ad­dicts aux ca­bines UV sont six fois plus sus­cep­tibles que le reste de la po­pu­la­tion de souf­frir d’une autre dé­pen­dance, en par­ti­cu­lier à l’al­cool. Mieux vaut donc pré­tendre, men­tir, tra­ves­tir que bron­zer à tout prix. La bonne nou­velle, c’est que beau­coup de gens com­mencent à com­prendre : aux États-unis, les ventes d’au­to­bron­zants ont pro­gres­sé de 26,6 % entre 2011 et 2017 se­lon le NPD Group. Et le sec­teur se porte bien, il de­vrait aug­men­ter de 5,3 % dans le monde, d’ici 2026, se­lon l’agence Trans­pa­ren­cy Mar­ket Re­search. Les bu­reaux d’ana­lyses pa­rient en par­ti­cu­lier sur le mar­ché du luxe, qui tente de trans­for­mer cette ac­ti­vi­té de lo­ser – vous pen­sez au­to­bron­zant, un très mé­chant mon­sieur orange cli­gnote dans votre cer­veau – en ri­tuel agréable. Tout est à construire, comme di­rait un res­pon­sable RH : pour le mo­ment, les solutions au­to­bron­zantes ne re­pré­sentent que 3 % du mar­ché pres­tige. Et cer­tains ont même ban­ni l’ex­pres­sion « fake tan », pour ten­ter de ré­no­ver le sec­teur. Ce sont les marques in­dé­pen­dantes, ex­pertes sur le su­jet, qui font bou­ger la ca­té­go­rie. Et bien sûr, Du­blin et Bel­fast étant les ca­pi­tales mon­diales de l’au­to­bron­zant (non mais t’as vu la mé­téo ?), c’est outre-manche qu’elles naissent. « Il y a une vraie dif­fé­rence entre les consom­ma­trices du conti­nent et les autres, ex­plique Gwe­nael Mathe, di­rec­teur de la for­ma­tion pour He-shi. Ce n’est pas qu’une ques­tion de cli­mat : en France, les ventes sont beau­coup plus fortes dans le sud qu’au nord. Mais de­puis une di­zaine d’an­nées, ces au­to­bron­zants nou­velle gé­né­ra­tion ve­nus d’outre-manche ont vrai­ment orien­té la re­cherche pour amé­lio­rer l’ef­fet na­tu­rel et la te­nue.» Bref, tout va mieux. Ou presque.

Les for­mules sont mieux. Vrai­ment.

C’est pour vous si : vous vi­sez les étoiles, ne vous conten­tez pas de la mé­dio­cri­té, faites par­tie de la start-up na­tion. On va res­pi­rer dans un sac en pa­pier, on re­vient.

Mais pour­quoi : l’en­semble des for­mules se sont amé­lio­rées et des­sèchent moins la peau. Pour­tant, rien n’a chan­gé : c’est en­core et tou­jours la DHA qui est uti­li­sée, soit un dé­ri­vé de sucre (souvent de bet­te­rave ou de canne). « La co­lo­ra­tion et l’odeur sont ob­te­nues par l’oxy­da­tion pro­gres­sive à la sur­face de la peau. Elle pro­voque tou­jours un lé­ger des­sè­che­ment na­tu­rel, mais il est com­pen­sé dans les for­mules, grâce à l’aloe ve­ra ou la pro­vi­ta­mine B5, par exemple », ex­plique Gwe­nael Mathe. Pour ob­te­nir des ré­sul­tats va­riés, les mai­sons concentrent sim­ple­ment la DHA à dif­fé­rents ni­veaux : aux alen­tours de 3 % pour les pro­duits « pro­gres­sifs », ou entre 6 % et 8 % pour les autres. En ca­bine, on peut mon­ter jus­qu’à 12 %. Les soins bio pri­vi­lé­gient un autre sucre, l’éry­thru­lose, qui agit de la même fa­çon. Les for­mules express pro­li­fèrent : la mousse aus­tra­lienne Bon­di Sands Tan­ning Express est de­ve­nue l’au­to­bron­zant le plus ven­du au monde en quelques se­maines, grâce à des ré­sul­tats spec­ta­cu­laires ob­te­nus en une heure. « Ces for­mules contiennent des ac­cé­lé­ra­teurs de bron­zage, dont en gé­né­ral de l’al­cool, pour­suit l’ex­pert. Ils sont souvent plus des­sé­chants, et né­ces­sitent une hy­dra­ta­tion plus in­tense. »

Post-it men­tal : « De nom­breuses for­mules contem­po­raines ont moins ou très peu d’odeur. Cer­taines mai­sons la masquent grâce à un par­fum. Nous avons réus­si à en­cap­su­ler l’odeur, pour que la for­mule ne sente rien sur le long terme. Ce­la trans­forme l’ex­pé­rience », Gwe­nael Mathe.

Les fla­cons de­viennent ins­ta­gram­mables

C’est pour vous si : vous ai­mez pos­ter vos cos­mé­tiques sur les ré­seaux so­ciaux. On ne vous juge pas, on vous ad­mire même.

Mais pour­quoi : pour at­ter­rir dans une com­po sur Ins­ta­gram, il faut être jo­li et avoir un bon sto­ry­tel­ling. Cer­taines marques comme Glos­sier ou Ouai l’ont bien com­pris. C’est aus­si le cas de la ligne Elle Ef­fect, qui ra­conte une his­toire ca­pi­ta­lo-fé­mi­nis­to-en­tre­pre­neu­ria­le­girl­boss comme on ne s’en lasse pas : il était une fois l’in­fluen­ceuse aus­tra­lienne Elle Fer­gu­son. Ins­pi­rée par sa co­pine Jen At­kin, fon­da­trice des soins pour che­veux Ouai, elle dé­cide de créer sa ligne d’au­to­bron­zants. Las, les la­bo­ra­toires aus­tra­liens ne vou­lant pas pro­duire ses es­sais, elle s’ins­tal­la donc là où les rêves cos­mé­tiques les plus fous prennent vie : à Los Angeles. Sa ligne par­fu­mée à la rose, au de­si­gn sobre, fait un car­ton. Elle vé­cut heu­reuse et avec une com­mu­nau­té de ouf. Dans un autre genre, Cha­nel sort L’eau Tan, une brume de corps par­fu­mée par Oli­vier Polge, qui contient de la DHA. Le nom est un clin d’oeil à l’huile Tan lan­cée par Ga­brielle Cha­nel en 1932.

Post-it men­tal : « L’ins­pi­ra­tion de la ligne James Read à la base, c’était l’été 76, le plus chaud en Grande-bre­tagne, ce­lui où l’on mon­trait sa peau. J’ai vou­lu créer un pro­duit dans cet es­prit-là : fun et gla­mour, luxueux, qu’on soit fier d’ex­hi­ber sur le bord de sa salle de bains. C’est l’ave­nir de la ca­té­go­rie : il s’agit de soins clas­siques, comme une brume à l’eau de co­co ul­tra-hy­dra­tante, dans les­quels on glisse un agent au­to­bron­zant. Ils s’in­tègrent dans une rou­tine clas­sique. On ne perd plus de temps à at­tendre, ce n’est plus une cor­vée : en les uti­li­sant, on prend avant tout soin de sa peau », James Read, fon­da­teur de la marque ho­mo­nyme.

Les gad­gets sont fun, fun, fuuuun !

C’est pour vous si : vous n’in­vi­tiez ja­mais vos co­pi­nettes pour le goû­ter car votre mère ache­tait des gé­né­riques de BN. Vous êtes hy­per-per­méable au mar­ke­ting, c’est beau, vous faites vivre des mil­liers d’en­tre­prises.

Mais pour­quoi : il y a au­jourd’hui au­tant de tex­tures que de soins pour le vi­sage. Bien sûr, la ver­sion fake tan sheet mask existe (oui, ce­ci est une fi­gure de style si vous per­met­tez). « Il per­met de contrô­ler fa­ci­le­ment l’in­ten­si­té du bron­zage, se­lon qu’on le pose cinq, dix ou quinze mi­nutes, ex­plique Jayne Coo­per, di­rec­trice de la for­ma­tion St Tro­pez. En­suite, il suf­fit d’éta­ler du bout des doigts le sé­rum res­tant au­tour des cils, dans le cou et le dé­col­le­té. Il contient de l’acide hya­lu­ro­nique pour hy­dra­ter aus­si la peau. » Vous ai­mez vrai­ment les gad­gets ? Pul­vé­ri­sez vous-même l’au­to­bron­zant à l’aide d’un pe­tit ap­pa­reil, qui res­semble à un Smart­phone. « On ob­tient un bron­zage ato­mi­sé, très lu­mi­neux, sans trace et sans odeur », ex­plique Ca­the­rine Le­de­may, fon­da­trice de Koss for me, qui dis­tri­bue Skin Up®. Le pro­duit contient un édul­co­rant na­tu­rel, qui co­lore ins­tan­ta­né­ment la peau, ce qui per­met de do­ser ef­fi­ca­ce­ment le bron­zage. La teinte fonce très lé­gè­re­ment au bout de trente mi­nutes.

Post-it men­tal : « Au­jourd’hui, il existe une mul­ti­tude de tex­tures et d’ef­fets, sur­tout si vous ai­mez les hâles pro­gres­sifs, comme un pro­duit qu’on laisse po­ser une mi­nute avant de se dou­cher, par exemple. Les brumes et les eaux sont très agréables à uti­li­ser car elles sont trans­pa­rentes et per­mettent de se ma­quiller tout de suite », Jayne Coo­per.

“De nom­breuses for­mules contem­po­raines ont moins ou très peu d’odeur” “Il y a au­jourd’hui au­tant de tex­tures que de soins pour le vi­sage”

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