Ben­ji Jac­quet, au ser­vice des SUP-ri­deurs

PRA­TI­QUANT PAS­SION­NÉ DE STAND UP DE­PUIS LA PRE­MIÈRE HEURE, BEN­JI JAC­QUET A EU, IL Y A QUELQUES AN­NÉES, L’IDÉE AU­DA­CIEUSE D’OU­VRIR AU PAYS BASQUE À AN­GLET, SUP TRIBE, LE PRE­MIER MA­GA­SIN FRAN­ÇAIS EX­CLU­SI­VE­MENT CONSA­CRÉ À LA PRA­TIQUE. TOU­JOURS SYM­PA­THIQUE ET

SUP - - Sommaire - TEXTE ET PHO­TO : LAURENT NEVAREZ

Sa­lut Ben­ji, tu étais par­mi les pre­miers SUP-ri­deurs de la ré­gion, à quand re­montent tes pre­mières vagues debout avec une pa­gaie ? Tout a com­men­cé en 2007, quand un jour d’au­tomne en ren­trant d’une ses­sion à Hen­daye avec ma femme Li­li (Au­ré­lie), je me suis ar­rê­té à Gué­tha­ry et j’ai vu Laird dé­bout sur une planche avec une pa­gaïe dans les vagues. Quand j’ai vu comment il ex­ploi­tait la vague ça m’a vrai­ment in­té­res­sé comme pra­tique et j’ai en­suite ré­cu­pé­ré une grande 12’ as­sez étroite et com­men­cé à m’y mettre dans les vagues. Même si j’avais une petite ex­pé­rience en surf, j’ai eu la sen­sa­tion de re­dé­cou­vrir un nou­veau sport, et lorsque j’ai ache­té une 9’8 beau­coup plus ma­niable, je suis vrai­ment de­ve­nu ad­dict au point de ne plus tou­cher un surf pen­dant 6 ans. J’ai dé­cou­vert des nou­veaux spots en pou­vant ac­cé­der à des en­droits plus iso­lés et vrai­ment ai­mé de plus en plus l’as­pect spor­tif très com­plet du SUP. A quel mo­ment as-tu dé­ci­dé de mon­ter un shop 100% SUP ? Comment est né ce pro­jet ? Quand j’ai com­men­cé, j’ai fait avec les moyens du bord, il y avait peu de ma­ga­sins qui ven­daient des stand ups et des pro­duits adap­tés. Le sport s’est en­suite dé­ve­lop­pé avec des planches di­ver­si­fiées et de nou­velles marques qui com­men­çaient à être dis­tri­buées mais je trou­vais aber­rant de voir que dans le secteur, la ré­gion où le surf existe de­puis plus de 50 ans, il n’y ait pres­qu’au­cun ma­ga­sin qui pro­pose du ma­té­riel de SUP. A l’époque, quand on al­lait de­man­der un ren­sei­gne­ment SUP dans un surf­shop, on se fai­sait un peu rire au nez ou prendre de haut par le ven­deur. Je me suis dit alors qu’il fal­lait que je crée un ma­ga­sin consa­cré ex­clu­si­ve­ment au stand up et j’ai ar­rê­té mon an­cien mé­tier d’éla­gueur – grim­peur pour dé­bu­ter cette aven­ture. SUP Tribe a ou­vert ses portes en avril 2010 juste au mo­ment de la pre­mière épreuve du SUWT à An­glet. Qu’as tu sou­hai­té mettre en avant dans ce pro­jet et quels sont les as­pects qui te dé­marquent des plus grosses en­seignes gé­né­ra­listes de la glisse ? Pour moi, c’était es­sen­tiel d’axer le ma­ga­sin sur le ma­té­riel et de pro­po­ser de très nom­breux pro­duits tech­niques sé­lec­tion­nés avec soin : des planches et des pa­gaies bien sûr mais aus­si tous les ac­ces­soires in­dis­pen­sables au SUP. J’avais vrai­ment cette vi­sion du surf­shop ca­li­for­nien où l’on trouve tout ce qu’il faut, pas de vê­te­ments ni de mode, juste de l’équi­pe­ment pour al­ler à l’eau et bien sûr du ser­vice. J’aime l’idée qu’un ma­ga­sin puisse être un lieu convi­vial où l’on vient cher­cher des conseils sur le ma­tos ou la pra­tique, je n’hé­site pas à pas­ser beau­coup de temps avec les clients. En de­hors de l’as­pect vente tra­di­tion­nel, j’ai mis en place un ser­vice de ré­pa­ra­tion qui est vrai­ment très ap­pré­cié et j’ai te­nu à pré­sen­ter un vrai choix de planches d’oc­ca­sion pour les bud­gets plus li­mi­tés et vou­lu pro­po­ser à la lo­ca­tion une bonne va­rié­té de planches, par­fois haut de gamme, afin que les clients plus cu­rieux puissent se faire un avis eux même sur ces pro­duits avant un achat. Toi qui es aux pre­mières loges, en contact avec les clients, comment as-tu sen­ti l’évo­lu­tion du mar­ché au ni­veau de la de­mande ? Les planches de vagues se sont rac­cour­cies de­puis quelques an­nées et les clients cherchent vrai­ment à avoir des lon­gueurs moins im­por­tantes pour la ma­noeu­vra­bi­li­té mais aus­si pour un pro­blème de sto­ckage chez soi ou en voi­ture. J’es­saie ce­pen­dant tou­jours de leur conseiller de gar­der du vo­lume et de ne pas sau­ter les

étapes. Après avoir eu une de­mande un peu poin­tue dans les vagues au dé­but, je re­marque de­puis 2 ans qu’il y a une autre clientèle de plus en plus nom­breuse qui cherche des planches confor­tables pour dé­bu­ter dans les vagues et faire des ba­lades. Qu’en est-il de l’ar­ri­vée du gon­flable ? Ça a bou­le­ver­sé le mar­ché, non ? L’offre en gon­flable s’est énor­mé­ment en­ri­chie et c’est une énorme ten­dance du mar­ché. On l’en­tend par­tout en France mais pa­ra­doxa­le­ment, ici au Pays Basque, les planches all round en com­po­site se vendent en­core très bien pour la ba­lade et il y a en­core une cer­taine ap­pré­hen­sion en­vers le gon­flable. Ce­la vient sans doute du fait que la culture du surf et de l’ob­jet ‘’planche’’ est très an­cien­ne­ment im­plan­tée dans la ré­gion et que les clients sou­haitent tou­jours pou­voir al­ler dans les vagues avec. Tra­vaillant à deux pas des spots, tu ar­rives à te ca­ler sou­vent des ses­sions et pas­ser du temps sur l’eau quand tu ne bosses pas ? Où aimes-tu sur­fer ? Oui, j’ai la chance d’habiter et de tra­vailler à 500m des plages d’An­glet si bien que je m’or­ga­nise au maxi­mum pour me faire des ses­sions le ma­tin à l’aube avant l’ou­ver­ture pour pro­fi­ter du vent calme ou off-shore, ou bien après la fer­me­ture au prin­temps ou en été, lorsque les jour­nées sont longues c’est top. Je vais sou­vent sur les dif­fé­rentes plages d’An­glet en fonc­tion des bancs de sable du mo­ment et en es­sayant d’évi­ter le monde aus­si. Le di­manche ou lorsque j’ai plus de temps en hi­ver, ça nous ar­rive avec ma femme d’al­ler sur les beach breaks des landes ou alors sur les reefs du sud du Pays Basque. Quand il n’y a pas de vague, je fais des ba­lades sur la côte ou dans l’Adour. C’est es­sen­tiel pour moi d’al­ler à l’eau ré­gu­liè­re­ment pour gar­der la forme et prendre du plai­sir bien sûr, mais aus­si pour tes­ter le nou­veau ma­té­riel et sé­lec­tion­ner ce que je vais pro­po­ser en­suite au ma­ga­sin.

Pas­sion­né de SUP jus­qu'au bout de la pa­gaie, Ben­ja­min se ré­gale à ac­cueillir et conseiller ses clients dans son shop d'An­glet.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.