La famille Vi­try, La pas­sion du SUP par­ta­gée

LA PAS­SION DU SUP PAR­TA­GÉE

SUP - - Sommaire - TEXTE ET PHO­TOS : LAURENT NEVAREZ

DANS LA FAMILLE SUP, JE VOU­DRAIS LE PÈRE, LA MÈRE, LE FILS ET LA FILLE…. PAS POS­SIBLE ? ET BIEN SI, AVEC LA FAMILLE VI­TRY ! IN­CON­TOUR­NABLE DANS LE MI­LIEU DU SUP RACE FRAN­ÇAIS, ELLE Y RAYONNE DE PAS­SION, DE GEN­TILLESSE ET DE DY­NA­MISME. REN­CONTRE AVEC UNE FAMILLE PAS TOUT À FAIT COMME LES AUTRES QUI A TROU­VÉ À TRA­VERS LE STAND UP UN TRAIT D’UNION IN­DÉ­FEC­TIBLE.

Pour com­men­cer, pou­vez-vous vous pré­sen­ter ? Greg : Je suis le père de cette petite tri­bu, j’ai 42 ans et je suis prof d’EPS. Je viens de la voile, du dé­ri­veur plus exac­te­ment, puis je suis pas­sé au wind­surf, au surf et je suis ve­nu au SUP as­sez na­tu­rel­le­ment il y a quelques an­nées. Va­lé­rie : Moi, je suis pro­fes­seur des écoles, j’ai ren­con­tré Greg à l’Uni­ver­si­té de Staps de Caen où nous fai­sions nos études et je l’ai sui­vi sur ses dif­fé­rentes ac­ti­vi­tés nau­tiques qui m’ont ra­pi­de­ment pas­sion­née. J’ai com­men­cé le SUP en mode loi­sir puis je l’ai ac­com­pa­gné sur les pre­mières courses comme simple spec­ta­trice et, en le voyant ra­mer sur la Seine lors de la Tra­ver­sée de Pa­ris en dé­cembre 2011, je me suis dit qu’il fal­lait ab­so­lu­ment que j’y sois moi aus­si l’an­née d’après. Je me suis donc mis à la race et j’ai par­ti­ci­pé à ma pre­mière course en Bre­tagne en mai 2012, un vrai dé­clic. Nous avons 2 en­fants : Sa­lo­mé, 9 ans, qui com­mence à faire de plus en plus de SUP et Mar­tin, 15 ans, qui est vé­ri­ta­ble­ment ac­cro de­puis plu­sieurs an­nées aus­si. Pou­vez-vous me dé­crire l’en­droit où vous ha­bi­tez ? C’est une zone dont on ne parle pas sou­vent mais qui pré­sente pour­tant un po­ten­tiel non né­gli­geable pour le SUP ? Greg : On vit à Luc sur Mer, près de Caen dans le Cal­va­dos (Nor­man­die). On a la chance d’habiter à 150 m de la mer, on peut par­tir ra­mer en SUP à pied, c’est un véritable luxe quand on pra­tique ce type de sport. Va­lé­rie : On sort du bou­lot et en moins de 30 mi­nutes on peut al­ler sur l’eau, c’est un vrai bon­heur lors des belles jour­nées de prin­temps et en été. Greg : La plage de Luc est très sym­pa pour faire des ba­lades et s’en­traî­ner à la race. On a éga­le­ment la pos­si­bi­li­té de faire des bons down­winds sur différents par­cours à proxi­mi­té mais on es­saie dès que pos­sible de faire ça en par­tant de la mai­son. Je pars dé­po­ser la voi­ture au point d’ar­ri­vée (A Ouis­tre­ham, par exemple) et re­viens en vé­lo. Mar­tin : Il peut y avoir quelques bonnes vagues oc­ca­sion­nel­le­ment, lors­qu’il y a beau­coup de houle en Bre­tagne et en Manche

lui per­met­tant de contour­ner le Co­ten­tin et d’ar­ri­ver jus­qu’ici. Gé­né­ra­le­ment ce sont quand même des pe­tites vagues de vent, alors si on veut des bonnes condi­tions, on es­saie d’al­ler dans le Co­ten­tin ou à Trou­ville.

Vous bou­gez éga­le­ment beau­coup en famille pour vous rendre sur les com­pé­ti­tions, il y a une vraie or­ga­ni­sa­tion, ra­con­tez moi un peu comment vous par­ta­gez tout ça ?

Greg : Ces week-ends sont très at­ten­dus et ap­pré­ciés par cha­cun de nous. Il y a évi­dem­ment l’as­pect spor­tif, on adore se me­su­rer aux autres et se don­ner à fond pour dépasser nos li­mites mais il y a aus­si le fait de re­trou­ver, sur ces évè­ne­ments, beau­coup d’amis ou de gens su­per ac­cueillants. L’es­prit et l’at­mo­sphère qu’on re­trouve sur ces courses cor­res­pondent tout à fait à ce qu’on re­cherche, on va faire du sport et on re­trouve une bande de co­pains, que rê­ver de mieux ?

Va­lé­rie : C’est vrai­ment su­per de re­trou­ver d’autres fa­milles, on a tis­sé des liens d’ami­tié as­sez forts. C’est ce type d’am­biance unique qu’on voit sur beau­coup d’évè­ne­ments qui m’a don­né en­vie de m’in­ves­tir d’avan­tage dans le SUP-race.

Mar­tin : C’est vrai­ment une chance de bou­ger tous en­semble sur ces dif­fé­rentes com­pé­ti­tions, j’en suis bien conscient !

Ça re­pré­sente com­bien de week-ends dans la sai­son ? Comment sé­lec­tion­nez-vous vos courses ?

Va­lé­rie : On se dé­place en moyenne une fois par mois. Le ven­dre­di soir après le tra­vail, ça s’agite très fort, c’est l’ef­fer­ves­cence. La veille, tout le monde a dé­jà ran­gé ses af­faires et pré­pa­ré soi­gneu­se­ment son ma­tos. On a en­suite 4-5 h de route en moyenne pour al­ler sur les com­pètes.

Greg : C’est pri­mor­dial pour nous d’al­ler sur des com­pé­ti­tions où l’on sait que l’am­biance et l’or­ga­ni­sa­tion sont ex­cel­lentes. Cet as­pect­là est aus­si im­por­tant que l’as­pect spor­tif, on bouge ré­gu­liè­re­ment en Bre­tagne où la dy­na­mique SUP est très forte, sur les épreuves Swell Beach Race, la Pres­qu’île paddle race et la Nor­th­point par exemple.

Va­lé­rie : On a dé­cou­vert énor­mé­ment d’en­droits avec le SUP en al­lant sur les évè­ne­ments, rien qu’en Bre­tagne j’ai l’im­pres­sion qu’on a vi­si­té tel­le­ment de coins de la ré­gion.

Quels for­mats aimez-vous bien ?

Greg : Moi, j’aime les longues dis­tances océa­niques et les beach races as­sez calmes. Quand c’est su­per ven­té et ha­ché, je ne suis pas su­per fan par contre.

Mar­tin : Moi mon truc c’est vrai­ment la beach race sur­tout quand il y a des vagues, c’est ce que je pré­fère. Le fait de voir ses ad­ver­saires et de pou­voir les rat­tra­per. J’aime bien aus­si les down­winds, les sen­sa­tions de glisse qu’on y re­trouve sont tel­le­ment uniques.

Va­lé­rie : Moi, j’aime bien tous les types de courses du mo­ment que les condi­tions ne sont pas trop rudes, il faut qu’on garde un cô­té plai­sir dans tout ce qu’on fait.

Ça vous ap­porte quoi de si spécial d’ar­ri­ver comme ça en famille sur les com­pé­ti­tions ? Comment dé­cri­riez-vous cette sen­sa­tion ?

Mar­tin : C’est d’abord très mo­ti­vant pour se dé­pla­cer, même si la route est longue, le fait d’être en­semble est un vrai mo­teur. C’est

« LE VEN­DRE­DI SOIR APRÈS LE TRA­VAIL, ÇA S’AGITE TRÈS FORT,

C’EST L’EF­FER­VES­CENCE. »

VA­LÉ­RIE

évi­dem­ment très ras­su­rant pour moi d’être avec eux, dans un en­vi­ron­ne­ment aus­si sain, je me sens plus en confiance, je n’ai pas à m’oc­cu­per d’autre chose que ma course.

Greg : J’adore ces mo­ments-là car c’est du pur par­tage mais quand on est sur l’eau, pour moi l’ap­proche est un peu dif­fé­rente. J’ai tou­jours un oeil sur Mar­tin qui n’est ja­mais loin et sur Va­lé­rie, j’es­saie de voir où elle est, quel est son clas­se­ment et si elle est en forme. Je ne vis pas la course que pour moi mais j’es­saie aus­si de suivre la leur.

Va­lé­rie : Moi, j’ar­rive for­cé­ment à toutes les courses après les gars mais je sens l’oeil pro­tec­teur de Greg, sur­tout sur les longues dis­tances dif­fi­ciles, quand j’ar­rive, il est ras­su­ré. Je de­mande im­mé­dia­te­ment des in­fos sur leur course, leurs clas­se­ments… Mon plai­sir, c’est vrai­ment d’être tous en­semble. Le di­manche on rentre tard à la mai­son mais on n’est même pas si fa­ti­gués, on a tel­le­ment la ba­nane après avoir pas­sé des mo­ments aus­si forts.

Vous vous en­traî­nez éga­le­ment en famille j’ima­gine ?

Greg : Oui, comme je dis sou­vent, mon par­te­naire d’en­traî­ne­ment c’est Mar­tin. On a des ni­veaux équi­va­lents (pour l’ins­tant) et que ce soit en longue dis­tance ou en beach race, on es­saie de se faire des pro­grammes et des par­cours en­semble en al­lant mouiller nos propres bouées se­lon ce qu’on veut tra­vailler. Va­lé­rie vient de temps en temps avec nous et alors là c’est en­core mieux.

Va­lé­rie : J’ai une chance folle d’être en­ca­drée par mes 2 gars, ils me donnent toute une sé­rie de conseils et me font pro­gres­ser tel­le­ment vite. Greg m’a ap­pris le bon geste pour ra­mer, les vi­rages, la ges­tion de l’ef­fort et Mar­tin m’en­traîne à l’ha­bi­le­té sur la planche.

Mar­tin : Oui, Pa­pa tra­vaille le mer­cre­di après-mi­di mais avec Ma­man ça nous ar­rive d’al­ler s’en­traî­ner dans les vagues en 12’6. J’es­saie de lui don­ner des conseils qui peuvent en­suite être très utiles en beach race pour sur­fer ou pas­ser la barre.

Vous faites éga­le­ment des ba­lades pour le simple plai­sir d’être en­semble ?

Greg : Bien sûr, on adore se faire des ba­lades tous les quatre au­tour de la mai­son pour pro­fi­ter du beau temps ou sim­ple­ment al­ler voir le cou­cher du so­leil de­puis l’eau, des mo­ments uniques.

Va­lé­rie : Sa­lo­mé ve­nait sur notre planche avant mais de­puis peu elle monte sur sa propre planche et rame à nos cô­tés quand il fait beau. On s’est fixé comme ob­jec­tif de faire toutes les 2 la Trans­paddle de Caen en re­lais cette an­née, notre pre­mière course en­semble. On vit des mo­ments tel­le­ment ex­tra­or­di­naires en­semble que j’ai vrai­ment en­vie de l’in­té­grer à cette aven­ture.

« J’ADORE CES MO­MENTS LÀ CAR C’EST DU PUR PAR­TAGE. » GREG

Quel est le pro­jet SUP de vos rêves?

Greg : Al­ler à Ha­waï en Famille se­rait tel­le­ment gé­nial. 1 mois à Maui, sur­fer les spots my­thiques, faire des down­winds sur le Ma­li­ko, je crois qu’on a tous ter­ri­ble­ment en­vie de par­ta­ger ça.

Mar­tin : En plus d’Ha­waï, je rêve éga­le­ment d’al­ler à la BOP en Ca­li­for­nie, c’est un vrai bud­get mais c’est le graal au ni­veau beach race.

En haut : Va­lé­rie, Mar­tin et Greg Vi­try, une famille in­con­tour­nable sur les com­pètes de race fran­çaises.

Ci-des­sous : Jo­li bot­tom turn back­side pour Mar­tin à La Pa­lue.

À droite : Sou­vent sur la plus haute marche du po­dium, Va­lé­rie est une fi­dèle des com­pètes de race bre­tonnes.

Ci-des­sus : Entre Greg, le père, et Mar­tin, le fils, la com­pé­ti­tion fait rage !

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