LE TRAIT D’UNION

SUP - - Édito - Laurent Ne­va­rez

Le par­tage et la convi­via­li­té qu’amène le Stand up paddle, sous toutes ses formes, re­pré­sentent une ri­chesse ab­so­lu­ment in­com­men­su­rable qui contri­bue sans nul doute à son suc­cès gran­dis­sant jour après jour. Cette ac­ti­vi­té nau­tique n’est dé­fi­ni­ti­ve­ment pas comme les autres, et les oc­ca­sions de s’en rendre compte sont tel­le­ment fré­quentes, les anec­dotes nom­breuses. Sur­feur de­puis 24 ans et pi­qué par le vi­rus jus­qu’à la fin de ma vie, ma mère, qui m’a pour­tant si gen­ti­ment ac­com­pa­gné sur les spots du­rant mon en­fance, n’a ja­mais vrai­ment com­pris le réel sens de ce que je vi­vais et réa­li­sé mon épa­nouis­se­ment à tra­vers cette re­la­tion à l’océan. Puis le SUP a croi­sé mon che­min et, quelques an­nées plus tard, par une belle jour­née en­so­leillée d’août 2013, je l’in­vite à don­ner ses pre­miers coups de pa­gaie de­bout sur une planche et je sens qu’il se passe quelque chose. Équi­libre, concen­tra­tion, chute, glisse, plai­sir, dis­cus­sion… elle semble conta­mi­née. Le prin­temps sui­vant, elle dé­cide de s’ache­ter son propre ma­té­riel et de s’y mettre sé­rieu­se­ment. Elle veut alors dis­cu­ter ma­tos, de­mande des conseils tech­niques et en at­ten­dant d’al­ler sur l’eau en­semble pour me mon­trer ses pro­grès, elle m’ap­pelle le soir pour me ra­con­ter ses sor­ties avec le pe­tit groupe de son club. Je sens à tra­vers le son de sa voix une pro­fonde émo­tion d’avoir vé­cu des mo­ments aus­si in­tenses sur l’eau, ad­mi­rer les pay­sages au cou­cher du so­leil, sen­tir la planche qui file sur l’eau, se dé­pen­ser phy­si­que­ment… Puis ar­rive le plai­sir d’al­ler en­fin tous les 2 sur l’eau : por­ter les planches côte à côte en des­cen­dant la plage, dis­cu­ter en ra­mant, pré­ve­nir des dan­gers qui ar­rivent… Je n’au­rais ja­mais ima­gi­né par­ta­ger ce genre de choses avec elle et voir son vi­sage si rayon­nant de bon­heur en sor­tant de l’eau. Les mois ont pas­sé et j’ai sen­ti que cette in­des­crip­tible sen­sa­tion de bien-être qu’elle avait dé­cou­vert sur l’eau lui per­met­tait pe­tit à pe­tit de mieux com­prendre ce que je vi­vais de­puis des an­nées sur l’eau en surf ou en SUP. Cette anec­dote per­son­nelle res­semble sans nul doute à des mil­liers d’autres qui illus­trent tout aus­si bien ce for­mi­dable lien que peut créer le SUP. Ce trait d’union si riche entre les gé­né­ra­tions peut éga­le­ment se faire avec des amis et même des in­con­nus croi­sés sur un spot ve­nant po­ser des ques­tions sur ce sport qui semble si lu­dique. Le Stand up paddle ras­semble, en­core et tou­jours… À tra­vers ce nou­veau nu­mé­ro vous ne man­que­rez évi­dem­ment pas de consta­ter l’im­por­tance de ce trait d’union entre SUP et fa­mille, mais aus­si entre les cultures si dif­fé­rentes en dé­cou­vrant les aven­tures de Bart de Swart au Ja­pon ou bien le trait d’union avec toute l’in­ten­si­té de la na­ture d’une île vol­ca­nique comme São Mi­guel aux Açores. Pour la star aus­tra­lienne Keahi de Aboitiz, le SUP est un trait d’union par­fai­te­ment com­plé­men­taire entre le surf qu’il pra­tique de­puis tou­jours et le kite dont il est mul­tiple cham­pion du monde. La lé­gende du wind­surf Ro­bert Te­rii­te­hau trouve à tra­vers le SUP un trait d’union sup­plé­men­taire avec l’océan tout comme la cen­taine de pas­sion­nés de down­wind lan­cés du­rant deux jours à l’as­saut du pres­ti­gieux Grand Prix Guya­der. En es­pé­rant que ce nou­veau ma­ga­zine ren­force une nou­velle fois le trait d’union avec votre pas­sion. Bonne lec­ture.

La pas­sion et le bon­heur qu'ap­portent le SUP sont en­core plus forts lors­qu’ils sont par­ta­gés avec vos proches, non ? ©Ho­bie DR

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