FAITS D’HI­VER

SUP - - Édito - Laurent Ne­va­rez

Il est sur­pre­nant de consta­ter à quel point beau­coup de pra­ti­quants ont, au­jourd’hui en­core, une vi­sion ré­duc­trice du SUP, éter­nel­le­ment as­so­cié aux plai­sirs de la plage en été comme une paire de tongs, un pa­ra­sol ou un bi­ki­ni. Si la pra­tique de notre dis­ci­pline connait un im­mense suc­cès aux beaux jours et re­vêt in­dis­cu­ta­ble­ment un ca­rac­tère des plus agréables, il se­rait dom­mage d’oc­cul­ter les in­nom­brables plai­sirs qu’offre le stand up paddle même les jour­nées moins chaudes et en­so­leillées. Le SUP ne s’ar­rête pas l’hi­ver, il change juste. Il amène de nou­velles sen­sa­tions, un cadre dif­fé­rent, des ren­contres in­édites et, au fi­nal, une di­ver­si­té qui donne en­core plus de sens et de re­lief à notre pra­tique. Les pe­tites vagues sym­pa­thiques que l’on surfe en short à la plage d’à cô­té se trans­forment en ses­sions mus­clées sur un reef en pe­tit co­mi­té, les ba­lades ro­man­tiques au cou­cher du so­leil de­viennent des gros down­winds de 30 noeuds entre co­pains, mais le plai­sir, lui, ne change pas. De­bout sur la planche, au sec, le SUP n’est ob­jec­ti­ve­ment pas le pire sup­port pour af­fron­ter l’eau froide et per­met d’évi­ter cer­tains désa­gré­ments dans les vagues comme les pas­sages de barre qui font si mal au crane en surf ou les at­tentes in­ter­mi­nables entre les sé­ries fa­çon « sa­chet de thé ». Avec un mi­ni­mum d’équi­pe­ment et un tant soit peu de vo­lon­té, le stand up paddle et le froid hi­ver­nal ne sont ab­so­lu­ment pas in­con­ci­liables. C’est d’ailleurs ce qu’ont prou­vé près de 600 pas­sion­nés ve­nus cette an­née en­core à Pa­ris dès 7 h du ma­tin dans des tem­pé­ra­tures en des­sous de 0 °C pour le simple plai­sir de ra­mer du­rant plus d’une heure sur la Seine. Le pa­ri était loin d’être ga­gné quelques an­nées au­pa­ra­vant. Il y a tant de rai­sons d’ai­mer le SUP en hi­ver. Ce mo­ment peut être pro­pice à ex­plo­rer des tra­jec­toires dif­fé­rentes en long-SUP ou à se lan­cer de nou­veaux chal­lenges comme le SUP-foil. Les sources de mo­ti­va­tion ne manquent pas et pour les plus scep­tiques, il reste en­core la pos­si­bi­li­té de par­tir se res­sour­cer en SUP dans les eaux chaudes d’In­do­né­sie comme le ri­deur es­pa­gnol Ge­ro, aux îles Fid­ji quelques mois après le triomphe de l’équipe de France ou bien en­core en Aus­tra­lie où ré­side le ta­len­tueux James Ca­sey. L’hi­ver ne manque pas de sa­veur et vous ap­por­te­ra cer­tai­ne­ment du plai­sir là où vous ne l’ima­gi­niez peut-être pas. Si une jour­née triste et plu­vieuse ve­nait anéan­tir toute mo­ti­va­tion, nous es­pé­rons à tra­vers ce nou­veau nu­mé­ro vous per­mettre de vous éva­der, vous sur­prendre et as­sou­vir votre cu­rio­si­té, as­sis tran­quille­ment au coin du feu. Sa­vou­rez l’hi­ver et bonne lec­ture.

Après avoir vé­cu des an­nées aux Ca­na­ries, Éric Ter­rien a re­pris un cur­sus uni­ver­si­taire à Nantes et re­trouve les joies du SUP en hi­ver. © L. Ne­va­rez

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