Les dé­lices de l’étang de Berre

UNE SUR­PRISE PRESQUE TO­TALE

SUP - - Sommaire - _TEXTE ET PHOTOS : JEAN SOUVILLE

L’étang de Berre traîne une ré­pu­ta­tion qui sent le soufre, en rai­son d’un vent trop pré­sent et d’un hu­main trop pe­sant. Les mots qui re­viennent à son évo­ca­tion sont en gé­né­ral, pol­lu­tion, dé­gra­da­tion et can­cer. Un pro­gramme pas vrai­ment « na­ture et dé­cou­verte », a prio­ri. Sauf que les rives de l’étang sont vastes et qu’elles re­gorgent de vé­ri­tables tré­sors pour ceux et celles qui savent al­ler au-de­là des lieux communs. Côtes ci­se­lées bor­dées de pins ve­nant plon­ger dans une eau pois­son­neuse, plages à la blan­cheur écla­tante, par­cours de down­wind de classe mon­diale. Bref, bien que ce ne soit pas la des­ti­na­tion la plus raf­fi­née de France, un pe­tit pas vers l’étang peut vite vous trans­for­mer en amou­reux in­con­di­tion­nel de ses spots.

Si­tué dans les Bouches-du-Rhône, l’étang de Berre est le deuxième plus grand étang sa­lé d’Eu­rope. Deux ca­naux re­lient l’étang à la mer as­su­rant un ap­port en eaux sa­lées per­met­tant de contre­ba­lan­cer un peu les ap­ports en eau douce. L’eau est donc sa­lée, mais un bon cran en des­sous de sa voi­sine la grande bleue. Avec une lon­gueur de vingt ki­lo­mètres et une lar­geur de plus de seize ki­lo­mètres, il a du potentiel pour les glis­seurs de tout ordre. Plages de sable, côtes ro­cheuses, ma­ré­cages, il re­groupe tous les genres et offre une in­croyable va­rié­té de pay­sages in­cluant aus­si quelques usines mal­heu­reu­se­ment. Une par­tie du pour­tour s’est re­trou­vée au centre d’un dé­ve­lop­pe­ment in­dus­triel et ur­bain ra­va­geur au siècle pas­sé. Le pe­tit pa­ra­dis s’est fait en­cer­cler par des re­coins d’en­fer et l’en­vi­ron­ne­ment de l’étang s’est lar­ge­ment dé­gra­dé. De­puis que l’éco­lo­gie est de­ve­nue une mode et une force, les choses se sont amé­lio­rées dans les an­nées 2000. Au­jourd’hui, il est plus que temps que les gens dé­couvrent les cô­tés agréables de cet étang. Car s’il n’est pas pos­sible de ca­cher cer­taines ver­rues, l’es­pace est suf­fi­sam­ment grand pour trou­ver des coins où les seules grues vi­sibles ont de belles ailes blanches. Il y a de quoi se faire plai­sir à suivre tan­tôt les pay­sages ty­piques de la Pro­vence et par­fois éton­nants de cet étang en SUP. Pour ne pas vous perdre, voi­là quelques mor­ceaux choi­sis par les ha­bi­tués.

SOR­TIES RECOMMANDÉES

>La plus dé­pay­sante : Istres/Saint-Cha­mas. À la sor­tie nord de la ville se trouve la pe­tite plage Mon­teau avec un pe­tit par­king. Ce se­ra là le point de dé­part pour une sor­tie d’en­vi­ron deux heures en y al­lant mol­lo. Di­rec­tion la pointe sur votre gauche. En quelques coups de rames, ou­bliez la voi­ture, les tou­ristes et même l’hu­main si vous y al­lez en se­maine. Vous lon­ge­rez une fa­laise re­cou­verte de pins ve­nant s’échouer sur le ri­vage. Les cou­leurs claquent pour le plai­sir des yeux et en été, quand le so­leil se fait trop pi­quant, les arbres offrent des aires de pique-niques re­mar­quables. Avan­cez ain­si jus­qu’aux tré­fonds de l’étang, une ré­serve or­ni­tho­lo­gique où il fait bon glis­ser aus­si si­len­cieu­se­ment qu’un cygne en pleine sieste. Là, vous pou­vez fi­ler vers Saint-Cha­mas et re­ve­nir. Le tour fait en­vi­ron neuf ki­lo­mètres. Vous pou­vez éga­le­ment al­ler vers le sud pour découvrir les charmes de Saint-Mitre. Une pro­me­nade plus courte, mais as­sez si­mi­laire est pos­sible à la sor­tie de Mar­tigues. Il faut se ga­rer à proxi­mi­té du club de voile Mar­té­gal et fi­ler au nord vers la plage de Fi­gue­rolles à la blan­cheur écla­tante. Les algues vertes rendent par­fois cette por­tion un peu moins jo­lie, mais la col­line et la vé­gé­ta­tion offrent des re­liefs ma­gni­fiques mal­gré quelques ci­ca­trices noires dues aux in­cen­dies. À l’oc­ca­sion, une sor­tie dans les ca­naux de Mar­tigues est tou­jours plai­sante, at­ten­tion au cou­rant sou­vent fort.

>La plus abri­tée du cla­pot : Le point de dé­part se fait à cô­té de la plage du Jaï cô­té Châ­teau­neuf-les-Mar­tigues. Après le pont, le par­king spa­cieux est col­lé à la mise à l’eau, dans le ca­nal de Mar­seille qui longe l’étang de Bol­mon (où l’on n’a pas le droit d’al­ler). La sor­tie suit un jo­li coin de ma­rais où les vo­la­tiles viennent se po­ser en at­ten­dant la sai­son de la chasse de sep­tembre à fé­vrier. Mieux vaut évi­ter la sai­son, les coups pleuvent. Ils ne sont pas tou­jours de­hors, mais vous pou­vez croi­ser quelques tau­reaux crain­tifs. Après cinq ki­lo­mètres, vous ar­ri­vez dans la com­mune de Ma­ri­gnane. Il est alors temps de ren­trer, à moins que vous pré­fé­riez al­ler je­ter un oeil au nou­veau ska­te­park. Au pro­gramme, de

jo­lies ren­contres avec les oi­seaux, vous pour­rez voir des fla­mants sur le Bol­mon, des cygnes, des ca­nards et toute sorte d’échas­siers. Mal­gré l’as­pect peu en­ga­geant de l’eau, la vie fré­tille et vous se­rez surpris du nombre de pois­sons et de leur taille.

>La plus sur­réa­liste : Après les usines et la ville de Berre, il existe un drôle d’en­droit où seuls quelques Po­ké­mon éga­rés et des cuves géantes traînent en­core. Après un pay­sage post-apo­ca­lypse agré­men­té de quelques ruines, l’étang offre des la­gunes où sont ca­lés des fla­mants roses, des cygnes et quelques ca­banes de chas­seurs plus ra­fis­to­lées qu’une R12 mau­ri­ta­nienne. Vous pou­vez par­tir de Cham­pi­gny ( la plage des Mer­veilles) pour al­ler vers le sud et les cuves en lon­geant les sa­lins. At­ten­tion aux pi­quets dans l’eau et à la sai­son de la chasse. La zone est sup­po­sée être une ré­serve or­ni­tho­lo­gique, mais on ne change pas les vieilles ha­bi­tudes par simple ar­rê­té pré­fec­to­ral sur l’étang de Berre. De la plage jus­qu’aux cuves comp­tez sept ki­lo­mètres. La plage des Mer­veilles se trouve à l’em­bou­chure de l’Arc, vous pou­vez éga­le­ment re­mon­ter le cours d’eau sur quelques ki­lo­mètres en pas­sant par le pe­tit bras de la ri­vière.

DE­BOUT

Thier­ry Pé­ni­chon est un amou­reux de l’étang de Berre, un vrai. Il en connaît les coins et re­coins, ses pas­sages se­crets et les lé­gendes les plus folk­lo­riques. Il a en­sei­gné la voile sur les rives dès son plus jeune âge, un peu par amour de l’eau, beau­coup par dé­fi, pour mon­trer que mal­gré un han­di­cap à la jambe il pou­vait faire comme tout le monde ou mieux. Au­jourd’hui, il s’oc­cupe avec ses as­so­ciés de Hot-Mer, mais dès qu’il le peut il prend sa pa­gaie, sa planche et file sur l’eau de­puis la pé­niche où il vit à Mar­tigues. Vagues, race, down­wind ou longue dis­tance, Thier­ry pra­tique le SUP sous toutes ses formes. Il est sans doute le pre­mier à avoir fait le tour de l’étang, un chal­lenge de soixante-quinze ki­lo­mètres qu’il nous ex­plique : « J’ai fait mon pre­mier tour en 2010 ou 2011, il m’a fal­lu 15 heures, en comp­tant les pauses et les ar­rêts. J’ai vrai­ment lon­gé le bord avec un dé­tour pour m’écar­ter de l’aé­ro­port. Je suis par­ti tôt le ma­tin et je suis re­ve­nu au cou­cher de so­leil après 10 heures du soir à Mar­tigues. Les potes m’at­ten­daient pour l’apé­ro au bar quand je suis ar­ri­vé. Pour faire le tour, il faut être en forme, être ca­pable de ra­mer 15 heures en sa­chant qu’à un mo­ment tu vas te prendre le ther­mique de face. Car pour le faire avec un max de jour, pour rester dans la lé­ga­li­té et ne pas ra­mer de nuit, il faut se lan­cer l’été. Pen­dant deux heures, tu rames avec le vent de face. » Par la suite, il fe­ra un raid de 150 km en 50 heures dans un in­croyable pé­riple entre l’étang, le golfe de Fos et Mar­seille sans ja­mais des­cendre de sa planche. Quand il parle de l’étang, on sent un amour pro­fond des lieux. « Se­lon moi, la plus belle par­tie de l’étang se trouve le long de la route de l’au-de­là, vers Istres. C’est plein de pe­tites plages, de criques, de coins sym­pas. J’ai beau­coup d’af­fec­tion pour le cô­té entre Saint- Cha­mas et Mar­tigues. Il y a plein de jo­lies plages qui se mé­ritent, car on ne peut y al­ler qu’à pied ou en paddle, c’est ce qui les sauve un peu. Pour la ba­lade, c’est plus fa­cile qu’en mer, le ther­mique re­mue moins les choses, on trouve tou­jours des coins à l’abri. Pour le down­wind, c’est plus sûr aus­si, on est dans un es­pace fer­mé, il y a peu de dan­ger. Et on peut en faire des pe­tits entre Istres et Mas­sane. »

DE ZEN ET DE FUREUR

Le cli­mat de l’étang de Berre est à l’image d’une par­tie de la Pro­vence. Si le cô­té ciel bleu et dou­ceur de vivre existe bel et bien, il ne faut pas ou­blier les nombreux coups de co­lère des cieux. Le froid, l’hi­ver, peut de­ve­nir

très vif. En jan­vier/fé­vrier, le gel s’in­vite as­sez sou­vent. Et la tem­pé­ra­ture de l’eau tourne au­tour des six de­grés, par­fois moins. Le vent est sou­vent pré­sent sur l’étang. Sous forme de brise de sud-ouest de mai à août. Sa­chez que si les flèches sont orien­tées ouest à sud-ouest, le ther­mique va jouer. Si la com­po­sante sud est mar­quée, la zone le long de Mar­tigues au­ra aus­si de bonnes ac­cé­lé­ra­tions de l’air. Mais le plus marquant ce sont les coups de mis­tral par­fois ef­frayants à toutes les pé­riodes de l’an­née. Dès que le vent est bien ca­lé entre le nord et le nor­douest, ça dé­coiffe. Rien de plus nor­mal, l’étang est en plein coeur de la zone où le mis­tral dé­boule avec le plus de fré­quence et de vi­gueur. Se­lon les stats, il faut comp­ter un jour de mis­tral sur trois. La vé­ri­té, c’est que vous pou­vez en­ca­per trente jours de vent de suite sui­vi d’un mois de pé­tole. En gé­né­ral, on a af­faire à des cycles de deux ou trois jours de vent avant un peu de re­pos. Le mieux est de bien sur­veiller les pré­vi­sions. Les coups de vent XXL ne sont pas rares, ils trans­forment com­plè­te­ment la phy­sio­no­mie de l’eau. La cou­leur change et une écume blanche se forme dès que l’on passe 25 noeuds. Les jour­nées à plus de 40 noeuds ne sont pas rares, on en compte en­vi­ron deux ou trois chaque mois. Le spec­tacle de­vient alors hal­lu­ci­nant avec un cla­pot qui prend des pro­por­tions sur­pre­nantes au sud de l’étang et nous ne par­lons pas des ses­sions où l’ané­mo dé­passe 60 noeuds. Avec ces coups de vent, la pra­tique du down­wind fait de plus en plus d’adeptes, d’autant que le ter­rain de jeu se prête ma­gni­fi­que­ment bien à cette pra­tique.

LE PAS­SAGE DE TOURENC

Pour nous par­ler du down­wind, nous nous sommes tour­nés vers Da­vid Tourenc, un pion­nier du spot. Pra­ti­quant la voile et le wind­surf de­puis quelques dé­cen­nies, il rê­vait dé­jà de faire la des­cente de l’étang en fun­board dans les an­nées quatre-vingt. Ses dé­buts en stand up paddle en 2007 et l’ap­pa­ri­tion des down­winds vont lui per­mettre de faire la grande des­cente en 2011. Il est de­puis de­ve­nu « down­wind dé­pen­dant » et ne rate pas une oc­ca­sion de faire son par­cours fé­tiche: « Il est dif­fi­cile de ne pas être chau­vin, mais la com­bi­nai­son orien­ta­tion et force du vent, avec les trains de vagues sur plus de 19 km en fait un down­wind ma­gique hy­per glis­sant quand tous les voyants sont au vert. L’étang, de par sa taille, est une vé­ri­table mer in­té­rieure avec tout ce que ça com­porte. En fait, il y a deux prin­ci­paux par­cours. Le grand qui tra­verse l’étang par le mi­lieu en ar­ri­vant au Jaï et un se­cond, plus pe­tit, qui longe la rive ouest jus­qu’à Mar­tigues. La grande tra­ver­sée peut se faire soit en par­tant de la pointe Mon­teau, ce qui offre un par­cours d’en­vi­ron 17,5 km (avec la né­ces­si­té de bien glis­ser sur la gauche pour évi­ter la digue – à pri­vi­lé­gier quand le vent à une forte orien­ta­tion ouest), ou de SaintC­ha­mas pour une des­cente de 19,5 km. Le pe­tit par­cours part lui aus­si de la pointe Mon­teau pour un peu moins de 15 km jus­qu’au club de voile de Mar­tigues. Le grand par­cours peut se faire tran­quille­ment en deux heures à deux heures trente pour un ra­meur moyen. Ce temps va­rie en fonc­tion du nombre de chutes et de la force du vent. Il n’y a pas exac­te­ment de spé­ci­fi­ci­té par rap­port à la mer si ce n’est que vous êtes sûr de tou­cher terre. C’est un plan d’eau comme

les autres avec des ef­fets de côtes qui jouent sur les vagues et le vent. Son prin­ci­pal avan­tage, c’est que l’étang de Berre prend par­fai­te­ment le mis­tral qui va gé­né­rer des trains de vagues dans l’axe. Plus on des­cend, plus les vagues vont se for­mer en res­tant as­sez raides et en pou­vant at­teindre une bonne hau­teur d’homme. Plus le vent se­ra fort, plus le plan d’eau se­ra ran­gé. En ma­tière de sé­cu­ri­té, sur le pe­tit par­cours les risques sont ré­duits, car il longe la côte. Lors­qu’on se lance sur le grand, il faut être cons­cient qu’il n’y a pas d’échap­pa­toire… Une fois par­ti, on va au bout. Il faut être sûr de soi et de son ma­té­riel, et prendre toutes les pré­cau­tions d’usage. Deux points sont pro­blé­ma­tiques. Lors­qu’on part, on ne voit pas le point d’ar­ri­vée sans une bonne connais­sance des dif­fé­rents amers, il n’est pas évident de suivre le bon cap. En bas de l’étang, il y a une digue de plus de 5 km de Mar­tigues à la Mède sur la­quelle il ne faut pas at­ter­rir… Le down­wind fonc­tionne par dif­fé­rentes orien­ta­tions : du nord-ouest au nord-est, il faut juste en te­nir compte et l’an­ti­ci­per. Le prin­temps et l’au­tomne sont de bonnes pé­riodes pour se lan­cer, il y a de bons coups de mis­tral et l’étang se ré­chauffe. L’été est idéal pour le découvrir, car l’eau y est plus chaude qu’en mer. Le faire en hi­ver ne s’im­pro­vise pas. La tem­pé­ra­ture de l’eau des­cend fran­che­ment. L’hi­ver der­nier, nous l’avons fait avec Oli­vier Drut dans un étang à 3° avec une tem­pé­ra­ture ex­té­rieure au­tour des 5 à 8° et un vent avec des ra­fales à 60 noeuds, là c’est fran­che­ment ex­trême. Dans ces condi­tions, je mets une in­té­grale, des chaussons 5 mm, des gants, un bon­net, un coupe-vent et le gi­let. La lo­gis­tique est le point noir. Du Jaï, il faut ¾ heure pour mon­ter à Saint-Cha­mas, 2 heures de des­cente, ¾ heure pour re­tour­ner cher­cher la voi­ture en haut et ¾ heure pour re­des­cendre, plus les temps de char­ge­ment et de pré­pa­ra­tion. »

L’HIS­TOIRE D’UN MAS­SACRE

Dès l’an­ti­qui­té, les hommes ont ex­ploi­té les ri­vages de l’étang. Pour l’ir­ri­ga­tion fa­cile des sols au nord, pour ex­traire du sel à l’est. Mais les choses se sont em­bal­lées à la fin du 19e siècle jus­qu’à la fin du 20e. Le pre­mier coup dur est en­voyé avec la créa­tion de l’aé­ro­port en 1922 qui em­piète au­jourd’hui lar­ge­ment sur la par­tie est de l’étang. Une raf­fi­ne­rie est ins­tal­lée en 1928 au sud de l’étang, à la Mède (elle de­vrait être conver­tie vers les bio­car­bu­rants et vers l’éner­gie so­laire). D’autres vont ve­nir quelques an­nées plus tard du cô­té de Berre et de Mar­tigues. Toute une in­dus­trie pé­tro­chi­mique s’ins­talle avec des grandes et pe­tites in­dus­tries. Les re­jets dans l’air et dans l’eau com­mencent à dé­gra­der le pour­tour de l’étang. La plus grosse bosse que re­çoit la zone, c’est la construc­tion de deux cen­trales hy­dro­élec­triques au nord de l’étang. Pour fonc­tion­ner, une par­tie de la Du­rance est dé­tour­née et vient se je­ter à Saint-Cha­mas. Ce n’est que de l’eau, pour­tant le dés­équi­libre éco­lo­gique est ma­jeur : co­quillages, pois­sons, algues dis­pa­raissent ra­pi­de­ment pen­dant que la vase gagne du ter­rain. Par la suite, le dé­ve­lop­pe­ment dé­mo­gra­phique va com­plé­ter le ta­bleau d’un mas­sacre en règle. Routes, im­meubles, zones d’ac­ti­vi­tés… entre Berre et Ma­ri­gnane, hor­mis quelques îlots de ver­dure, la par­tie est ne res­semble plus à rien. On com­mence à par­ler des ma­la­dies liées à la pol­lu­tion de l’air. Il fau­dra quelques dé­cen­nies pour se ré­veiller. La dé­gra­da­tion ne passe plus dans les es­prits. L’in­dus­trie pé­tro­chi­mique n’est pas loin de ré­gres­ser en grande par­tie pour des faits éco­no­miques. Une vaste en­tre­prise de ré­ha­bi­li­ta­tion a com­men­cé, pas mal d’as­so­cia­tions et les maires des com­munes du tour de l’étang se mouillent pour stop­per le mas­sacre. Si vous avez pas­sé ce pa­ra­graphe, vous êtes mûrs pour dé­pas­ser tous les on-dit qui pol­luent le ta­bleau. D’une part, comme nous le di­sions pré­cé­dem­ment, la prise de conscience éco­lo­gique a eu un ré­sul­tat tan­gible. En ce qui concerne l’air, il reste du bou­lot. Les tran­sports aé­riens, ter­restres et nau­tiques sont en constante hausse et ne jouent pas en la fa­veur d’un ar­ran­ge­ment. Mais il y a eu en 20 ans une évo­lu­tion vi­sible de la qua­li­té de l’eau grâce à des ac­tions concrètes : la sur­veillance conti­nue de l’étang, le contrôle des re­jets in­dus­triels pol­luants, la di­mi­nu­tion des re­jets d’eau douce et des li­mons, l’aug­men­ta­tion de la ca­pa­ci­té des sta­tions d’épu­ra­tion pour faire face à la crois­sance dé­mo­gra­phique… On re­trouve des crabes, des moules, des éponges et des pois­sons nobles. Les me­sures de qua­li­té de l’eau sont ré­pé­tées et sont sou­vent ex­cel­lentes. Bien des spots en mer sont lar­ge­ment plus dou­teux pour la bai­gnade entre Car­ry et Six-Fours. Le fond par­fois va­seux et l’eau sau­mâtre peuvent don­ner l’im­pres­sion contraire, mais il ne faut pas se fier aux im­pres­sions. Une large par­tie de l’étang a gar­dé un ca­rac­tère sau­vage. Que ce soit du cô­té ouest entre Mar­tigues et Saint-Cha­mas et une large bande entre SaintC­ha­mas et Berre sans ou­blier la fine lame de sable entre Châ­teau­neuf et Ma­ri­gnane.

Glis­sade sur une mer d'huile entre Istres et Mi­ra­mas pour Co­lombe, Gé­ral­dine et Da­vid.

En haut : Thier­ry Pé­ni­chon nous in­vite à découvrir Mar­tigues et ses ca­naux. Il suf­fit d'ou­vrir les yeux pour découvrir la beau­té et la va­rié­té des pay­sages qu'offre l'étang

En bas : Glis­sade en fa­mille entre Châ­teau­neuf et Ma­ri­gnane pour Ma­ri­lou, Eli­na et Anne. Le ca­nal de Mar­seille coupe le cla­pot et offre une jo­lie au mi­lieu des pois­sons et des oi­seaux.

Ci-des­sus : 50 noeuds et plus à l'ané­mo. Ma­thieu Mau­ta­len et Vic­tor Bou­dia s'offrent une des­cente en Sup-foil.

Ci-contre : entre Cham­pi­gny et Berre, Thier­ry Pé­ni­chon longe les abris des chas­seurs et les faux ca­nards.

Ar­ri­vée en surf sur la plage du Jaï pour Da­vid Tourenc après 19 km de glisse.

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