1. NO­TIONS THÉORIQUES

SUP - - Pédago -

SÉ­CU­RI­TÉ & LO­GIS­TIQUE

Après des an­nées de vide ju­ri­dique au­tour du down­wind en SUP, les choses se sont clai­re­ment ar­ran­gés de­puis la lé­gis­la­tion de mai 2014 in­cluant les planches ri­gides de plus de 11’6 (3,5 m) dans la di­vi­sion 240 et les au­to­ri­sant à na­vi­guer jus­qu’à 2 miles nau­tiques des côtes avec tous les équi­pe­ments de sé­cu­ri­té né­ces­saires (voir plus loin). Bien qu’au­to­ri­sée, cette pra­tique du SUP en plein océan ou sur des plans d’eau de plu­sieurs ki­lo­mètres n’en reste pas moins dan­ge­reuse et né­ces­site donc la plus grande pru­dence ain­si qu’une maî­trise mi­ni­male des prin­ci­paux fon­da­men­taux du SUP­race (rame, ca­dences, di­rec­tion…). Il est re­com­man­dé de ne ja­mais sor­tir seul et être mi­ni­mum deux pour se sur­veiller mu­tuel­le­ment. Outre le plai­sir de par­ta­ger une ses­sion et se chal­len­ger sur un par­cours, la pra­tique en groupe per­met de ga­ran­tir la sé­cu­ri­té de cha­cun. Vous com­pren­drez éga­le­ment très vite qu’il est in­dis­pen­sable d’être plu­sieurs ri­deurs pour as­su­rer une lo­gis­tique de na­vette et de co­voi­tu­rage in­dis­pen­sable pour or­ga­ni­ser les sor­ties. En ef­fet, une tra­ver­sée down­wind d’un point A vers un point B de­mande une cer­taine fe­nêtre de temps et, à moins d’avoir une âme cha­ri­table qui vien­dra vous cher­cher au point d’ar­ri­vée ou cas par­ti­cu­liers, la mise en oeuvre d’une sor­tie exige au mi­ni­mum deux voi­tures qui se re­trouvent au point d’ar­ri­vée. L’une d’elles est lais­sée sur place pour as­su­rer la remontée après la tra­ver­sée et l’autre sert à re­mon­ter au lieu de dé­part et se­ra lais­sée là-bas. Afin de se chan­ger avec une te­nue sèche après la tra­ver­sée, il est d’usage de lais­ser ses vê­te­ments dans la voi­ture d’ar­ri­vée et de mon­ter di­rec­te­ment jus­qu’au point de dé­part avec son équi­pe­ment aqua­tique (voir plus loin) sur soi en n’ou­bliant pas d’em­por­ter la clé sur l’eau.

CONDI­TIONS REQUISES ET CHOIX DE PAR­COURS

Le vent dé­ter­mine évi­dem­ment, à tra­vers son orien­ta­tion, sa ré­gu­la­ri­té et son in­ten­si­té, les condi­tions de pra­tique. Avant de pré­voir toute sor­tie down­wind, il faut ana­ly­ser at­ten­ti­ve­ment les pré­vi­sions mé­téo­ro­lo­giques et s’as­su­rer d’avoir un mi­ni­mum de 15 noeuds pour avoir des condi­tions suf­fi­santes pour com­men­cer à glis­ser. Vous au­rez plus de fa­ci­li­tés à glis­ser entre 18 et 25 noeuds, et au-de­là de 30 noeuds, les condi­tions se­ront da­van­tage ré­ser­vées aux ri­deurs aguer­ris. As­su­rez-vous que la force et la di­rec­tion du vent soient an­non­cées stables pen­dant toute la journée, car le moindre chan­ge­ment d’axe peut gâ­cher la qua­li­té de votre par­cours (en vous obli­geant à ra­mer d’un seul cô­té et sur­fer de tra­vers pour gar­der le cap) ou avoir par­fois des consé­quences ca­tas­tro­phiques en cas de franche bas­cule. Le choix du par­cours est es­sen­tiel pour la qua­li­té et la sé­cu­ri­té de votre sor­tie en down­wind. Il doit être le plus ali­gné pos­sible dans le sens du vent, car il est im­por­tant de com­prendre qu’à par­tir de 15 ou 20 noeuds le ri­deur ne choi­sit plus vrai­ment sa route, mais le vent l’im­pose avec une marge de plus en plus étroite à mesure que le vent monte. Le tra­cé choi­si doit être le plus rec­ti­ligne pos­sible, car même s’il est en­vi­sa­geable de ra­mer quelques cen­taines de mètres contre le vent au dé­part pour se pla­cer dans la bonne tra­jec­toire, il est réel­le­ment dé­con­seillé de choi­sir un par­cours en deux tron­çons, im­po­sant de chan­ger de cap en cours de route. Autre pa­ra­mètre es­sen­tiel à la sé­cu­ri­té, il est im­por­tant de choi­sir un par­cours dé­ga­gé d’obs­tacles ma­jeurs (ro­chers, hauts fonds, pointe), iso­lé du pas­sage des ba­teaux et si pos­sible avec une mise à l’eau et une sor­tie ac­ces­sible et abri­tée (port ou plage), ren­sei­gnez-vous au­près de ri­deurs plus ex­pé­ri­men­tés qui vous in­di­que­ront les meilleures op­tions de la ré­gion. La dis­tance du par­cours dé­pen­dra de votre ni­veau et de vos en­vies, une dis­tance de 8-10 km (1 h) convien­dra bien aux ri­deurs lamb­da tan­dis que les par­cours de 15 à 25 km s’adres­se­ront plu­tôt aux ri­deurs plus ex­pé­ri­men­tés, ca­pables de te­nir phy­si­que­ment la fa­tigue des jambes et des bras. N’ou­bliez ja­mais qu’en down­wind, même s’il est par­fois pos­sible d’ac­cos­ter en cours de route sur cer­tains par­cours, une fois par­ti, il est im­pos­sible de faire de­mi-tour et vous de­vez ar­ri­ver à bon port. Ne vous sur­es­ti­mez ja­mais!

LA CHASSE AUX BUMPS !

Lorsque le vent souffle fort (à par­tir de 15-20 noeuds) sur le plan d’eau, il agite et dé­forme lo­ca­le­ment ce der­nier en créant de ma­nière aléa­toire de très nom­breuses bosses ou cla­pots ap­pe­lés « bumps ». Le jeu du down­wind consiste alors à cher­cher à les at­tra­per pour glis­ser un maxi­mum des­sus. Dis­tincts par na­ture de la houle, gé­né­rée au large et voya­geant à tra­vers l’océan sur des cen­taines de ki­lo­mètres, les bumps peuvent ve­nir s’ajou­ter aux trains de houle et créer des pentes en­core plus im­por­tantes à dé­va­ler en SUP ou bien, au contraire, par­fois se dé­gra­der for­te­ment en cas de di­rec­tion croi­sée. Les bumps peuvent pré­sen­ter une grande va­rié­té de formes et va­rier en qua­li­té sui­vant les condi­tions de vent (in­ten­si­té et di­rec­tion) et la na­ture même du par­cours : cou­rants de sur­face ou de fond, to­po­gra­phie, re­lief, pro­fon­deur, phé­no­mènes de ré­flexion contre une fa­laise ou ba­ck­wash… À l’ins­tar d’un spot de surf of­frant cer­tains types de vagues, chaque par­cours de down­wind pré­sen­te­ra des bumps re­la­ti­ve­ment spé­ci­fiques. Ceux-ci peuvent être, par exemple, ali­gnés, lisses et très longs (idéal pour dé­bu­ter) ou alors courts, ser­rés et plu­tôt pen­tus (plus tech­nique) ou bien désor­don­nés et croi­sés avec une houle courte (in­stable et très tech­nique), ou pen­tus et es­pa­cés lors­qu’une houle longue et les bumps fu­sionnent (sen­sa­tions fortes ga­ran­ties). Tout l’art du down­wind ré­side alors pour le ri­deur de sa­voir s’adap­ter aux types de bumps qu’offre le par­cours et en tirer le meilleur par­ti.

MA­TÉ­RIEL RE­QUIS

Planche: Bien qu’il soit théo­ri­que­ment pos­sible de pra­ti­quer le down­wind avec n’im­porte quelle planche de SUP au-des­sus de 9’ et même en foil dé­sor­mais, il est for­te­ment re­com­man­dé, pour avoir un mi­ni­mum de glisse, d’ef­fi­ca­ci­té dans les bumps et sur la dis­tance, d’uti­li­ser des planches de race à par­tir de 12’6 voire 14’ ou pour­quoi pas un­li­mi­ted. Une grande planche s’avère par­ti­cu­liè­re­ment in­té­res­sante pour mieux glis­ser, gar­der de l’iner­tie et connec­ter fa­ci­le­ment les bumps. Évi­tez les planches gon­flables qui sont d’une part in­ter­dites au-de­là des 300 m (sauf pour les doubles chambres) et qui se ré­vèlent de toute fa­çon très peu in­té­res­santes en down­wind en rai­son de leur dé­for­ma­tion dans les cla­pots. Pri­vi­lé­giez si pos­sible une planche avec un bon compromis en lar­geur. Pas trop large pour gar­der de la ner­vo­si­té, mais aus­si (et sur­tout) pas trop étroite pour gar­der la sta­bi­li­té in­dis­pen­sable sur un plan d’eau agi­té. Il est très ap­pré­ciable d’avoir un mi­ni­mum de ro­cker pour gar­der du contrôle dans les gros bumps, gé­rer la pente et ne pas de­voir ap­puyer sur l’ar­rière sans ar­rêt. Le poids de la planche (lié à sa construc­tion) est un pa­ra­mètre à veiller, une planche lé­gère se­ra ner­veuse et ap­pré­ciable pour dé­mar­rer les bumps, sur­tout dans les condi­tions lé­gères. La forme du nose est un cri­tère à gar­der en tête, évi­tez les étraves, un gros nose ar­ron­di (sans étrave mar­quée) per­met­tra de ne pas vous dé­sta­bi­li­ser en ac­cro­chant les cla­pots et res­sor­ti­ra fa­ci­le­ment de l’eau quand il en­fourne. La forme du tail est es­sen­tielle, évi­tez les gros square tails qui sont stables sur le plat, mais difficiles à en­fon­cer dans l’eau et à ma­nier dans les bumps. Pri­vi­lé­giez les tails af­fi­nés voire les pin­tails qui offrent un confort et une pré­ci­sion in­com­pa­rables dans les phases de surf. La struc­ture du pont est éga­le­ment im­por­tante, de nombreux ri­deurs aiment au­jourd’hui les planches creu­sées avec de hauts re­bords la­té­raux qui per­mettent de ra­bais­ser le centre de gra­vi­té sur l’eau et ga­gner en sta­bi­li­té, mais s’avèrent par­fois dé­li­cates pour re­mon­ter en cas de chute et im­posent de ra­mer as­sez ser­ré. D’autres ri­deurs ap­pré­cient les ponts plats ou lé­gè­re­ment concaves qui ap­portent da­van­tage de sur­face la­té­rale et des sen­sa­tions plus proches du SUP-surf. En­fin, la ca­rène est à prendre en compte. Une forme ar­ron­die se­ra théo­ri­que­ment plus ra­pide et loose pour sla­lo­mer et connec­ter entre les bumps, mais beau­coup plus in­stable (et fa­ti­gante pour les jambes). Une ca­rène plus plate (avec des rails mar­qués) ap­por­te­ra plus de sta­bi­li­té à la rame et du contrôle dans les phases de surf.

Dé­rive : Évi­tez les dé­rives de flat avec une em­base très large, pri­vi­lé­giez da­van­tage une dé­rive plus droite ou da­van­tage ty­pée surf (en forme d’ai­le­ron de dau­phin) qui as­su­re­ra plus de ma­nia­bi­li­té à votre planche, un atout dans les pe­tites condi­tions. Plus les condi­tions sont so­lides avec de gros bumps, plus il est pré­fé­rable d’avoir de la pro­fon­deur (au-des­sus de 9’’) pour ne pas dé­cro­cher du­rant les phases de surf.

Pa­gaie: Votre pa­gaie de race ha­bi­tuelle fe­ra sans doute l’af­faire. Veillez à ce qu’elle ne soit pas trop longue ni avec une pale trop grosse (lar­geur/hau­teur) pour pou­voir ra­mer en fré­quence afin d’ac­cé­lé­rer au mo­ment de prendre un bump. Une pale trop im­po­sante au-des­sus de 90 in² peut li­mi­ter vos per­for­mances.

AC­CES­SOIRES IN­DIS­PEN­SABLES

Leash té­lé­phone : Ab­so­lu­ment obli­ga­toire en down­wind, il vous évi­te­ra de voir votre planche par­tir en cas de chute, em­por­tée par le vent et vous lais­sant seul au mi­lieu du plan d’eau. Bien s’as­su­rer de la fia­bi­li­té de votre leash et de la cor­de­lette qui le re­lie à la planche.

Te­nue adap­tée: Si le port d’un simple short ou maillot de bain peut suf­fire pour les sor­ties es­ti­vales, il est re­com­man­dé d’uti­li­ser le reste de l’an­née des équi­pe­ments en néo­prène ou tis­sus ou se pro­té­ger

du froid. Confor­table grâce à ses épaules dé­nu­dées, le Long John s’avère un choix ju­di­cieux quand l’eau se ra­fraî­chit à la mi-sai­son. Lorsque le froid s’in­ten­si­fie, il est re­com­man­dé d’ajou­ter une veste coupe-vent spé­cia­le­ment adap­tée pour la pra­tique du SUP ou bien d’op­ter pour une com­bi­nai­son in­té­grale clas­sique 2/2 manche courte ou 3/2 la plus souple pos­sible.

Gi­let de flot­tai­son ou gi­let gonflable ba­nane: Exi­gé dans la plu­part des com­pé­ti­tions océa­niques, il ap­porte un vrai gain de sé­cu­ri­té pour les ses­sions même les plus ba­nales.

Ré­serves d’eau: Pour les par­cours su­pé­rieurs à 8 km ou en plein so­leil, il est re­com­man­dé de prendre soit une cein­ture porte-gourde, ou bien un sac ba­nane d’hy­dra­ta­tion ou un sac à dos « Ca­mel­bak » pour les très longs par­cours.

Ré­serves d’éner­gie : Mal­gré la sen­sa­tion de glisse, le down­wind consomme beau­coup d’éner­gie et il est ju­di­cieux de pré­voir dans votre sac d’hy­dra­ta­tion, dans les poches de votre veste ou au­tour du cou, des mu­ni­tions pour évi­ter l’hy­po­gly­cé­mie, des gels su­crés ou des barres de cé­réales.

Fu­sée de dé­tresse/Feu à main : Exi­gé sur la plu­part des courses, ce dis­po­si­tif à em­por­ter dans votre sac vous per­met­tra d’être fa­ci­le­ment re­pé­ré par les se­cours. Té­lé­phone por­table : Pro­té­gé dans une housse étanche, il se­ra in­dis­pen­sable pour ap­pe­ler les se­cours en cas de sou­cis. Si vous êtes un pra­ti­quant ré­gu­lier, l’usage d’une VHF étanche se­ra en­core plus ef­fi­cace pour aver­tir les ba­teaux alen­tour et les se­cours (ca­nal 16) Bout de re­mor­quage 10 m: Bien en­rou­lé dans votre sac, il vous se­ra utile en cas de sau­ve­tage pour tirer votre planche de plus de 3 m lors­qu’elle ne peut pas ren­trer dans le ba­teau. Ac­cro­cher le bout sur une poi­gnée ou un plug de votre planche puis faire une boucle fer­mée au­tour de la planche à 20 cm du nose et lais­ser par­tir le reste de la lon­gueur vers le ba­teau.

Le down­wind al­lie par­fai­te­ment l'ef­fort et le plai­sir.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.