Mar­tin VI­TRY

PRO­PUL­SÉ DANS LE GRAND BAIN

SUP - - Dossier Matos - _TEXTE ET PHOTOS : L. NE­VA­REZ

Double cham­pion de France Ju­nior en 2015-2016, Mar­tin Vi­try a ra­pi­de­ment dé­lais­sé son sta­tut de « jeune pro­met­teur » pour de­ve­nir l’un des 5 meilleurs ri­deurs de l’Hexa­gone en SUP-race de­puis qu’il a brillam­ment pas­sé son Bac, il y a un an. Ini­tié et en­cou­ra­gé de­puis tou­jours par ses pa­rents Gré­goire et Va­lé­rie, eux-mêmes com­pé­ti­teurs et tout aus­si pas­sion­nés que lui, le sym­pa­thique Nor­mand s’en­traîne dur et évo­lue au­jourd’hui sur la scène in­ter­na­tio­nale face aux plus grosses poin­tures mon­diales. Ren­contre avec un jeune homme at­ta­chant qui a la tête sur les épaules et de la mo­ti­va­tion à re­vendre.

Sa­lut Mar­tin, on ne peut pas com­men­cer à par­ler de SUP sans évo­quer tes dé­buts et ton par­cours, ça fait tel­le­ment long­temps que je te vois sur les courses et pour­tant tu n’as que 18 ans ?

Toute l’aven­ture a vrai­ment com­men­cé en pre­mier avec mon père, c’est lui qui a ac­cro­ché en pre­mier avec le SUP dans la fa­mille. On ha­bite à Luc-sur-Mer dans le Cal­va­dos et ce n’est pas tou­jours la grosse fo­lie, les condi­tions de vagues [rires] ! Soit on a un vent on­shore ul­tra fort et une mer dé­mon­tée, soit c’est flat. Ce n’est donc pas épique pour le surf, mais le stand up paddle re­pré­sen­tait une su­per al­ter­na­tive. Tho­mas, l’un de ses meilleurs potes qui gère le surf shop Nau­si­caa à Caen, lui a prê­té une des pre­mières planches qu’il avait re­çues afin qu’il l’es­saie et la fasse tes­ter au­tour de lui, c’était une Bic Jungle de 11’ par 28’’ je crois. On a fait une pre­mière ba­lade en­semble, moi j’avais 12 ans j’étais as­sis de­vant, et on a tout de suite ac­cro­ché, c’était par­ti ! J’ai tou­jours ado­ré l’océan de­puis ga­min, je fai­sais du wind­surf à 9 ans au ta­quet et là, pou­voir être de­bout sur l’eau en SUP, prendre le temps d’ob­ser­ver en ra­mant, sur­fer des mini vagues, c’était un truc pour moi !

Vous avez ra­pi­de­ment ren­con­tré du monde et par­ta­gé cette pas­sion avec d’autres mor­dus de l’époque ?

Oui, on a vu qu’il y avait une vraie dy­na­mique en Bre­tagne et du coup on s’est dé­pla­cé là-bas sur des évé­ne­ments comme la Nor­th­point Clas­sic puis les Swell Beach Races or­ga­ni­sés par Greg Clo­sier et Amau­ry Dor­met. On a ren­con­tré pas mal de gens, mon père par­ti­ci­pait aux races et moi je l’ac­com­pa­gnais, ra­mant par­fois sur des pe­tits par­cours. J’ado­rais l’am­biance, c’est hy­per fa­mi­lial, on est tous potes et on s’af­fronte sur l’eau en même temps, c’est fun. J’ai com­men­cé à faire des vraies beach races vers 14 ans, je n’avais même pas de muscles quand j’y re­pense ! [rires]. Mes pa­rents ont été très at­ten­tifs à ce que j’aie une crois­sance nor­male, car le SUP peut for­cer sur les muscles ou le dos si on abuse. J’ai com­men­cé en­suite à m’en­traî­ner et à faire les longues dis­tances vers 15 ans. 8, 10, 15 km… C’était aus­si le dé­but, j’avais des grandes pales et des pa­gaies bien lourdes, des grosses planches pas adap­tées à mon ga­ba­rit. Puis on a eu du ma­tos de mieux en mieux pour s’écla­ter en­core plus et glis­ser sur n’im­porte quoi.

C’est amu­sant, car sur ces courses ré­gio­nales tu croi­sais d’autres jeunes comme Mar­tin Le­tour­neur ou Ar­thur Arut­kin qui sont au­jourd’hui avec toi dans l’élite mon­diale ?

On a tous com­men­cé un peu en même temps, on ve­nait sur les courses sans se prendre la tête, pour se re­trou­ver et s’amu­ser. Il y avait aus­si Tom He­bert, Jean Le­tour­neur, Tom Au­bert, Ar­thur Da­niel. Cette ému­la­tion était top! On a com­men­cé par prendre du plai­sir puis on s’est tous pris au jeu, à s’en­traî­ner dur et, au­jourd’hui, c’est vrai qu’on se re­trouve avec cer­tains sur les plus grosses com­pètes du monde, c’est gé­nial. On s’en­tend tou­jours aus­si bien, il n’y a au­cun mau­vais es­prit de ri­va­li­té entre nous, juste un es­prit de com­pé­ti­tion vrai­ment sain. On s’en­cou­rage, on s’en­traîne par­fois en­semble, on par­tage des ses­sions. Ça fait plai­sir de voir que ça dure !

Une autre com­pli­ci­té qui t’ap­porte beau­coup c’est avec tes pa­rents, eux-mêmes pas­sion­nés de SUP et com­pé­ti­teurs, ra­conte-nous ? Vous vous en­traî­nez même en­semble ?

Évi­dem­ment, on est tous à fond, c’est une chance dingue de bai­gner dans un tel en­vi­ron­ne­ment! On va ra­mer en­semble avec mes

pa­rents et ma soeur qui s’y met de­puis peu, on s’en­tend tel­le­ment bien c’est gé­nial, on par­tage tant de choses. Mon père me mo­tive quand j’ai la flemme de m’en­traî­ner, il est tel­le­ment pas­sion­né pour le SUP et ja­mais fa­ti­gué. C’est vrai­ment mon par­te­naire d’en­traî­ne­ment, je vais ra­re­ment à l’eau sans lui. Il va être là pour me sti­mu­ler, cor­ri­ger des dé­fauts s’il en voit. Ma mère vient aus­si avec nous par­fois, on se fait nos propres séances à cô­té de la mai­son, on va­rie se­lon les condi­tions, on peut al­ler mouiller des bouées pour faire un par­cours ou faire des frac­tion­nés. Je suis sui­vi par le pré­pa­ra­teur phy­sique bres­tois Vincent Guillaume qui me conçoit des pro­grammes d’en­traî­ne­ment à suivre comme pour d’autres cou­reurs (Ti­touan Puyo, Greg Clo­sier, etc.). Il est à fond der­rière nous et c’est fou ce qu’il m’a ap­por­té de­puis que je tra­vaille avec lui, je me sens prêt lorsque j’ar­rive sur une course.

Je re­marque qu’il y a de­puis peu une dy­na­mique race in­té­res­sante en Nor­man­die avec un cir­cuit de com­pé­ti­tion et de plus en plus de par­ti­ci­pants, non ?

Oui c’est clair que ça se dé­ve­loppe bien ici et ça me fait su­per plai­sir ! On voit vrai­ment une pro­gres­sion de­puis 2 ans, rien que de­vant chez nous à Luc, j’ai ra­re­ment été ra­mé sans croi­ser au moins 4-5 gars en train de s’en­traî­ner. Dans l’en­tou­rage de mon père, il a fait es­sayer à énor­mé­ment de gens qui sont is­sus du wind­surf, c’est un vi­vier de SUP-ri­deur en de­ve­nir pour les jours sans vent. Il y a des jeunes et même des filles. Dans le col­lège de ma soeur Sa­lo­mé, il y en a 3-4 qui font de la race. Dans mon club (Océan), ils font deux en­traî­ne­ments par se­maine et il ya à chaque fois 20-30 per­sonnes qui viennent avec leur propre ma­tos de race, c’est bluf­fant. Du coup, on re­trouve cette dy­na­mique le week-end sur les courses du cir­cuit Vi­king Beach Race que mon père a réus­si à mettre en place avec d’autres ac­teurs lo­caux comme Stive Le­ner et JeanMarc He­bert. Il y a aus­si la longue dis­tance d’Etre­tat qui connaît un gros suc­cès. Beau­coup se dé­placent éga­le­ment sur d’autres courses plus éloi­gnées comme à Pa­ris ou en Bre­tagne.

Vous avez un bon potentiel de down­wind aus­si par chez vous ?

C’est pas la zone la plus évi­dente, car on est orien­té plein NE et les vents do­mi­nants

sont soit NE soit SW, donc on­shore ou off­shore, mais lorsque le vent est W ou NW on peut avoir des su­per runs dans le sec­teur. Le par­cours que l’on fait gé­né­ra­le­ment, plu­sieurs fois par jour, c’est Luc­sur-Mer – Ouis­tre­ham (6 km) ou alors on peut pous­ser un peu plus loin et faire 15 km. C’est tech­nique, car il y a des bumps mé­lan­gés par­fois à la houle, mais on se fait beau­coup plus plai­sir.

Par­lons un peu des com­pé­ti­tions, j’ai vrai­ment eu la sen­sa­tion que de­puis un an et de­mi tu es clai­re­ment ren­tré dans une autre di­men­sion avec une as­cen­sion très ra­pide vers le top ni­veau, comment ana­ly­se­rais-tu ça ?

Oui, pas mal de choses ont évo­lué, c’est le ré­sul­tat de plu­sieurs fac­teurs. L’en­traî­ne­ment struc­tu­ré a vrai­ment por­té ses fruits, c’est tel­le­ment plai­sant d’ar­ri­ver sur une épreuve en sen­tant que tu es bien pré­pa­ré pour don­ner le meilleur de toi­même, tu es confiant. Un autre élé­ment, c’est aus­si l’ex­pé­rience de ces an­nées de courses de­puis très jeune qui sont bé­né­fiques au­jourd’hui, on en a tel­le­ment bouf­fé, sans rire ! Et puis, j’ai de­puis tou­jours un énorme es­prit de com­pé­ti­tion, j’aime me don­ner à fond quand je fais quelque chose et y ar­ri­ver, c’est comme ça en hand­ball ou même pour un jeu de so­cié­té, c’est fou ! [rires] Ça vient de ma mère, elle est comme ça aus­si. En de­hors de ça, j’ai aus­si la chance d’être ac­com­pa­gné et sou­te­nu par de bons spon­sors qui me per­mettent d’al­ler sur des épreuves im­por­tantes pour pro­gres­ser.

C’est amu­sant, car on pour­rait dire que tu as gran­di en même temps que le SUP-race, ce sport en­core jeune qui a beau­coup chan­gé ces der­nières an­nées ?

Oui, c’est vrai et des fois je me dis qu’on a un peu es­suyé les plâtres en quelque sorte ! On a bien ra­mas­sé des fois sur­tout nous les jeunes, je me sou­viens des courses où l’on se fai­sait ex­plo­ser dans un sho­re­break ou des courses avec 25 noeuds de vent de face, des for­mats « contre la montre », etc. Beau­coup d’or­ga­ni­sa­teurs avaient des idées ori­gi­nales à es­sayer, mais au fi­nal c’est aus­si pour ça que le sport a évo­lué. Au­jourd’hui, les épreuves sont beau­coup plus co­di­fiées, on connaît un peu les condi­tions à l’avance, les choses sont mieux or­ga­ni­sées et on peut s’en­traî­ner en consé­quence.

Après de nombreux suc­cès en France sur beau­coup de courses im­por­tantes comme les cham­pion­nats de France, etc., tu es par­ti, de­puis l’an pas­sé, te confron­ter à la scène in­ter­na­tio­nale, ra­conte-nous ?

Oui, au prin­temps 2016 je suis par­ti aux USA pour la Ca­ro­li­na Cup, c’est une des plus grosses épreuves de l’an­née, tous les meilleurs sont là-bas. C’était très dur ces for­mats longue dis­tance de 25 km, mais j’ai beau­coup ap­pris. Après une pé­riode com­pli­quée en mai et juin à cause du Bac, je suis par­ti fin août en Ore­gon pour les Gorges Paddle Chal­lenge, une épreuve très axée sur le down­wind qui m’a aus­si per­mis de pro­gres­ser. Puis je suis res­té aux États- Unis et j’ai pas­sé en­suite plus d’un mois et de­mi en Ca­li­for­nie à sur­fer et m’en­traî­ner en race avec Greg Clo­sier pour l’ob­jec­tif de l’an­née, les Pa­ci­fic Paddle Games qui rem­placent la my­thique Bat­tle of Paddles. J’adore la beach race et je rêve de par­ti­ci­per à cette com­pète de­puis que j’ai com­men­cé le SUP.

Ça s’est d’ailleurs dé­rou­lé un peu comme dans un rêve pour toi, non ?

J’avais 17 ans à l’époque et en plus de faire l’Elite race avec tout le monde jus­qu’en de­mi-fi­nale (20e), j’ai alors cou­ru dans l’épreuve Ju­nior qui était très re­le­vée en ni­veau avec la pré­sence des meilleurs jeunes. J’avais da­van­tage de pres­sion, car je vou­lais ga­gner dans cette ca­té­go­rie. Je ter­mine 2e sur la beach race der­rière la star ju­nior Noah Hop­per, puis je gagne la longue dis­tance le len­de­main, ce qui me fait ga­gner le clas­se­ment gé­né­ral. J’étais tel­le­ment content de rem­por­ter ce titre, moi le pe­tit fren­chy qui par­ti­cipe pour la pre­mière fois à cet évé­ne­ment.

Du coup, j’ima­gine que tu rêves dé­sor­mais de faire une aus­si belle per­for­mance en open ?

Oui, bien sûr ! Il y a un ni­veau hal­lu­ci­nant, c’est très dur de s’im­po­ser, je dois en­core tra­vailler dur et pro­gres­ser pour mon­ter au clas­se­ment, mais quand je vois Ar­thur (Arut­kin) et Ti­touan (Puyo) qui scorent ça me mo­tive ! Je sais qu’il faut être pa­tient et que je suis jeune, mais j’ai hâte de pro­gres­ser pour faire les meilleurs ré­sul­tats possibles.

Sur les com­pètes na­tio­nales, à ton re­tour, tu as dé­cro­ché de su­per ré­sul­tats aux cham­pion­nats de France 12’6 et 14’, mais aus­si au Pa­ris SUP cros­sing… ?

Oui, c’est vrai. Je trouve qu’en France c’est dif­fé­rent, car on se connaît tous par coeur, on sait que ça va bien se pas­ser sur l’eau, on va se battre à la loyale et que le meilleur va être de­vant. Je me sens bien, j’aime l’am­biance. À l’in­ter­na­tio­nal, c’est dif­fé­rent, je ne connais pas les gars, on est beau­coup plus nombreux à ba­tailler dans les trains de draft, ça parle qu’en an­glais, ça s’in­sulte par­fois, les planches se cognent, cer­tains te bloquent le pas­sage, etc. L’am­biance est beau­coup moins sym­pa et du coup je dois me for­ger mon ex­pé­rience et réus­sir à m’im­po­ser.

J’ai l’im­pres­sion que le cir­cuit World Se­ries (APP au­jourd’hui) te réus­sit plu­tôt bien pour­tant ?

Ef­fec­ti­ve­ment, les for­mats de courses sont to­ta­le­ment dif­fé­rents, tu donnes tout pen­dant une courte du­rée, tout le monde est à fond et il y a d’autres pa­ra­mètres qui rentrent en jeu. Il faut être ha­bile sur sa planche, réus­sir ses vi­rages, avoir de la tac­tique, chan­ger de rythme… Je trouve ça ex­ci­tant et c’est vrai que je me sens bien sur ces épreuves. J’ai dé­cou­vert les épreuves de sprint par sé­rie et ça me mo­tive. J’ai réus­si à at­teindre les phases fi­nales au Ja­pon et en Al­le­magne cette sai­son, ça fait su­per plai­sir ! Je trouve qu’il y a une bonne am­biance entre les cou­reurs, on est moins nombreux, on com­mu­nique plus. D’ailleurs, ça fait tou­jours quelque chose de me re­trou­ver sur la ligne de dé­part à cô­té d’im­menses cham­pions comme Con­nor (Bax­ter) ou Mi­chael (Booth), car avant d’être un cou­reur, je suis sur­tout un ga­min fan de mon sport et des per­for­mances de ces mecs.

Comment s’est pas­sé l’Eu­ro­tour pour toi ? C’est une chance d’avoir les meilleurs mon­diaux qui viennent tous en France pour 3 étapes puis à proxi­mi­té en Es­pagne ?

J’avais hâte de par­ti­ci­per à ces épreuves, car ça se pas­sait ici et qu’en plus il y avait un com­bo longue dis­tance et tech­ni­cal race. J’ai donc com­men­cé par Sain­teMaxime su­per mo­ti­vé, ça se passe su­per bien sur la tech­ni­cal race (7e) face à un pla­teau mon­dial vrai­ment im­pres­sion­nant et je m’en sors cor­rec­te­ment sur la longue dis­tance. Je pars en­suite pour Hos­se­gor et Tho­non avec mes co­équi­piers Ox­bow, les fran­gins Teu­lade. J’étais re­la­ti­ve­ment confiant avec l’en­vie de faire un bon ré­sul­tat et, manque de chance, je me mets à dé­clen­cher en conti­nu des al­ler­gies res­pi­ra­toires aux gra­mi­nées et aux pol­lens. C’est très fré­quent à cette époque de l’an­née vers mai, ça m’était dé­jà ar­ri­vé, c’est comme le rhume des foins. Je n’ar­rive pas à bien res­pi­rer et ça me fa­tigue beau­coup… Je me re­trouve donc in­ca­pable de me don­ner à 100 % sur les courses sur­tout qu’en tant que spor­tif sou­mis à des con­trôles, je ne pou­vais pas prendre de mé­di­ca­ments type cor­ti­sone pour cal­mer le truc. J’étais vrai­ment dé­çu de pas­ser un peu à cô­té de ces deux belles courses.

Après des an­nées avec tes pa­rents, tu as pas mal bou­gé cette sai­son en voi­ture avec Jé­ré­my et Lu­do­vic Teu­lade, c’est très sti­mu­lant pour toi de par­ta­ger du temps avec ri­deurs aus­si mo­ti­vés ?

C’est hy­per im­por­tant ef­fec­ti­ve­ment et ni­veau lo­gis­tique c’est beau­coup plus confor­table de voya­ger en­semble ! Ils sont su­per cools et vrai­ment à fond dans tout ce qu’ils font ! Ni­veau en­traî­ne­ment, c’est très sti­mu­lant d’être tous les trois et c’est aus­si deux per­sonnes qui aiment faire beau­coup de choses en de­hors du SUP, on peut al­ler faire de la ran­don­née pour voir un su­per coin ou toutes sortes de pro­grammes pour s’oxy­gé­ner l’es­prit. On ri­gole bien, c’est très bé­né­fique d’être dans un en­vi­ron­ne­ment aus­si sain. On par­tage aus­si des re­tours sur les planches et beau­coup d’in­fos sur les spots, ils m’ont bien brie­fé sur le lac Lé­man qu’ils connaissent bien par exemple.

Tu as tra­vaillé avec eux sur le dé­ve­lop­pe­ment des nou­velles planches de race Ox­bow by Bic qui ar­rivent cette pro­chaine sai­son, ra­conte-nous ?

Oui, c’est un as­pect qui me pas­sionne, j’aime com­prendre ce que j’ai sous les pieds. Avec Eric Terrien on a es­sayé de ré­flé­chir à comment on pour­rait faire évo­luer le mo­dèle 2017 is­su de la Tra­cer World Se­ries. L’idée étant tou­jours de faire une planche qui cor­res­pond à un large pa­nel de ri­deurs et de condi­tions. On a des­si­né des mo­dèles sur le lo­gi­ciel shape 3D, on a fait fa­bri­quer une sé­rie de trois

pro­tos avec le sha­peur en va­riant un peu les pa­ra­mètres puis on a fait des ses­sions de tests sur l’eau tous les deux, mais aus­si avec mon père et les Teu­lade. Cha­cun a es­sayé et don­né son avis. Le mo­dèle qu’on a re­te­nu est vrai­ment très in­té­res­sant, il marche dans beau­coup de condi­tions, le ro­cker est to­lé­rant en down­wind, mais ef­fi­cace sur le plat. C’est une board très stable et in­croyable en beach race, elle se surfe su­per bien et tourne vite aux bouées, j’ai vrai­ment hâte de la tes­ter aux PPG.

Tu as bos­sé sur une planche de SUP­surf aus­si ?

Oui, je me suis des­si­né une planche à par­tir de quelques mo­difs du mo­dèle de sé­rie et je suis su­per content de la planche que Jon An­der­son (le sha­peur) m’a en­voyée. Elle marche très bien dans les vagues as­sez va­riées. Après, c’est un shape qui ne fait que 75L donc pas très ac­ces­sible au grand pu­blic, pour l’ins­tant on reste au stade de proto.

C’est une planche que tu as uti­li­sée sur tes dif­fé­rents voyages de l’hi­ver ? Ra­conte-moi un peu comment as-tu or­ga­ni­sé ce break d’in­ter­sai­son ?

J’ai en­chaî­né deux su­per trips en nou­velle Ca­lé­do­nie et au Cos­ta Ri­ca. J’ai pas­sé quelques se­maines en Nou­velle-Ca­lé­do­nie en jan­vier, j’ai de la fa­mille là-bas et je rê­vais de découvrir cet en­droit où le SUP est si im­por­tant. Avant même de pen­ser aux vagues, le down­wind est énorme là­bas, il y a une dy­na­mique de dingue et leur par­cours est ex­tra avec sans cesse 15 à 25 noeuds d’ali­zés ! Je connais­sais Clé­ment Col­mas et Noïc Ga­rioud pour avoir par­ta­gé plu­sieurs cham­pion­nats de France en­semble, c’était su­per de les re­trou­ver. Ils m’ont prê­té des planches pour ra­mer avec eux, ils m’em­me­naient sur les bonnes ses­sions et on se fai­sait des en­traî­ne­ments en­semble. L’ému­la­tion était énorme ! Ni­veau surf aus­si c’était le top, car mon oncle surfe beau­coup et pos­sède un ba­teau pour al­ler sur le reef qui est très loin du bord. J’ai eu des vagues ma­gni­fiques en SUP et en surf, j’ai sen­ti que j’avais pas mal pro­gres­sé.

Tu en­chaînes en­suite avec l’Amé­rique Cen­trale ?

J’ai lou­pé mon avion du re­tour de Nou­méa et du coup je ne suis ren­tré en France que la veille de re­par­tir pour le Cos­ta Ri­ca, c’était vrai­ment chaud ! On avait mon­té un pro­jet de vi­déo sur place avec une équipe pro­duc­tion de Nor­man­die com­po­sée de trois potes que je connais bien. On a pas­sé une se­maine in­croyable dans le Gua­na­caste sur la cote pa­ci­fique au nord du pays, des vagues su­per sym­pas et une na­ture ma­gni­fique. Je res­tais 6 heures dans l’eau cer­tains jours et on s’est su­per bien entendu tous les quatre, on a pas­sé un su­per mo­ment et sor­ti une vi­déo vrai­ment co­ol.

Après un été à t’en­traî­ner en Corse avec tes pa­rents, les com­pé­ti­tions vont re­prendre pour toi, comment abor­des­tu cette deuxième moi­tié de sai­son ?

Après la Ca­li­for­nie et les PPG que j’at­tends avec im­pa­tience comme je di­sais, j’es­père par­ti­ci­per à l’épreuve Hea­vy Wa­ter de San Fran­cis­co, une beach race qu’ils es­pèrent en­voyer dans des condi­tions bien so­lide. Puis je re­viens en France pour le Cham­pion­nat de France 12’6 qui est un ren­dez- vous in­con­tour­nable pour nous tous, on a hâte.

Tu as d’autres en­vies en tête ?

Je ne sais pas, j’ai­me­rais bien al­ler peu­têtre en Aus­tra­lie par­ti­ci­per à toutes les courses de down­wind de la fin d’an­née comme King of the Cup ou Doc­tor’s Race, ça m’avait fait bien en­vie de voir Ti­touan, Clé­ment et Noïc y par­ti­ci­per l’an pas­sé. Je dé­ci­de­rai ça un peu au der­nier mo­ment, je pense [rires].

Avec une pas­sion tou­jours dé­vo­rante et un en­traî­ne­ment très struc­tu­ré, Mar­tin Vi­try s’illustre au­jourd’hui sur la scène in­ter­na­tio­nale.

En haut : le jeune talent pro­met­teur est au­jourd’hui de­ve­nu un spor­tif ac­com­pli. Ci-des­sus : même avec une planche de race, Mar­tin n’ou­blie ja­mais les ra­cines « surf » du stand up paddle et sur­prend par sa dex­té­ri­té dans les vagues.

De­puis qu’il par­ti­cipe aux épreuves du cir­cuit APP (ex SUWS), le jeune Nor­mand s’est dé­cou­vert une af­fi­ni­té par­ti­cu­lière pour les for­mats sprint.

Avec Éric Terrien et les frères Teu­lade, le jeune Nor­mand a par­ti­ci­pé ac­ti­ve­ment au dé­ve­lop­pe­ment du nou­veau mo­dèle 2018 Ra­cer de Ox­bow.

Lorsque les vagues sont moins consis­tantes, Mar­tin aime glis­ser et ex­ploi­ter le ré­per­toire qu’offre le long-SUP.

En haut : de plus en plus en confiance, le jeune Nor­mand n’hé­site pas à prendre la tête des trains de draf­ting et en­traî­ner dans son sillage des con­cur­rents et amis comme Lu­do­vic Teu­lade ou Tom Au­bert. Ci-des­sus : entre deux grosses com­pé­ti­tions, quoi de plus agréable qu’une bonne ses­sion de SUP-surf.

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