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Au­teur, com­po­si­teur et in­ter­prète de chan­sons douces à che­veux durs, Ro­ver aime les Beach Boys et le punk, Bach et le rock mais aus­si Oli­vier Merle et le rug­by fid­jien. Té­moi­gnage d’un an­cien avant du Stade Fran­çais.

Tampon! - - SOMMAIRE - PAR BRIEUX FÉROT, AVEC ÉRIC KARNBAUER PHOTO: PHI­LIPPE LEBRUMAN

Avant la mu­sique, Ro­ver a eu le rug­by pour pre­mier amour. Confi­dences d’un fan d’oli­vier Merle et des Beach Boys.

Il pa­raît que le rug­by vous a pris par sur­prise... Il m’est tom­bé des­sus en 1995 avec la photo of­fi­cielle de l’équipe de France, juste avant la Coupe du monde en Afrique du Sud. J’ai dé­cou­vert la tête de mé­chant d’hal­lo­ween d’oli­vier Merle qui dé­pas­sait tout le monde. Ça a été un grand chan­ge­ment dans ma vie en deux se­maines, c’était in­ti­me­ment as­sez violent, une pas­sion qui naît, un par­fum par­ti­cu­lier... J’avais en­vie de jouer, de tou­cher le bal­lon, de dor­mir avec, c’était une pas­sion ado­les­cente.

Vous avez joué au Stade Fran­çais en­suite... Pen­dant ces deux, trois pre­mières an­nées là-bas, j’ai res­sen­ti tout ce que j’avais vé­cu comme spec­ta­teur mais col­lec­ti­ve­ment et de l’in­té­rieur. Je m’y suis fait des amis, c’était fort, comme une re­la­tion amou­reuse secrète, de celle qu’on trim­balle en cours et qu’on garde pour soi. Et puis, il y a le rap­port au corps qui se ré­vèle. On en prend un peu plus soin parce qu’on va le don­ner pour l’équipe. Le­ver 6h30 le di­manche ma­tin, ter­rain ge­lé, des bleus... Le rug­by, c’est vrai­ment dif­fé­rent des jeux vi­déo, hein. Ça a été très for­ma­teur pour la suite.

Vous jouiez à quel poste? J’ai joué à presque tous les postes du pack. J’ai com­men­cé pi­lier, puis deuxième ligne, puis je suis de­ve­nu trop pe­tit pour un deuxième ligne et trop grand pour un troi­sième ligne. Alors, j’ai joué au centre, même si j’avais un trop gros ga­ba­rit.

Et vous avez dé­cou­vert quoi? L’art de la per­cus­sion. Ça fait bour­rin mais j’ai­mais beau­coup la per­cus­sion. Un mec comme Be­naz­zi, un ga­ba­rit hors norme, une forme de mal­adresse mé­lan­gée à beau­coup de gé­né­ro­si­té. Je suis ému par les joueurs ca­pables d’éclairs de gé­nie, tous les joueurs qui ne rentrent pas dans les cases...

Vous avez connu la bles­sure... C’était lors d’un tour­noi de rug­by à 7 en Al­le­magne. Je me suis rom­pu les li­ga­ments croisés du ge­nou droit. Un trau­ma­tisme. La phase de ré­édu­ca­tion a été longue, com­plexe, avec la dé­cou­verte de liens entre le psy­cho­lo­gique et le phy­sique. Après, ça a été très dur de re­ve­nir.

Vous croyez aux chances de la France pour la Coupe du monde? Saint-an­dré a une ap­proche non or­tho­doxe du mé­tier d’en­traî­neur et ça ne m’in­quiète pas plus que ça. La re­traite de­puis plu­sieurs mois, le si­lence, c’est aus­si une mé­thode pour construire un grand truc. C’est très fran­çais d’être com­plexé quand on a du ta­lent et de s’obli­ger à pas­ser par une voie plus la­bo­rieuse. Mais je l’aime, cette équipe de France, c’est une par­tie de moi, je n’ai ja­mais été trop dur avec elle. Je pense qu’on peut ta­per les Blacks.

En de­hors de la France, quelle équipe al­lez-vous re­gar­der pen­dant cette Coupe du monde? J’ai tou­jours ai­mé la ma­nière dont jouent les Fid­ji, l’art de la per­cus­sion en­core, cet ama­teu­risme dé­com­plexé, très ex­pres­sifs dans leurs dou­leurs et leurs dé­faites, avec beau­coup d’em­pa­thie.

Et si vous de­viez com­po­ser un hymne ou une chan­son pour le rug­by? Je crois qu’il fau­drait s’ins­pi­rer des plus beaux hymnes an­glo-saxons, des airs cel­tiques, qui viennent de la culture po­pu­laire, aux ori­gines de la folk, ou un truc qui vien­drait des lacs écos­sais, des High­lands, com­plè­te­ment à contre-cou­rant de l’élec­tro du mo­ment. Ça nous chan­ge­rait de Da­vid Guet­ta.

“Saint-an­dré a une ap­proche non or­tho­doxe du mé­tier d’en­traî­neur”

Range Ro­ver.

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