Couple

Quand Be­noît Au­gust et Mathieu Blin se croi­saient lors d’un Biar­ritz-stade Fran­çais, la boîte à gifles n’était ja­mais très loin. Mais pour­quoi un tel désa­mour? Ré­con­ci­liés, les deux ta­lon­neurs re­viennent sur leurs que­relles pas­sées.

Tampon! - - SOMMAIRE - PAR UGO BOCCHI PHOTOS: PANORAMIC PAR UB.

Ils se sont bat­tus, dé­tes­tés, ré­con­ci­liés. Mathieu Blin et Be­noît Au­gust re­viennent sur leurs pe­tits dif­fé­rends.

“Fi­na­le­ment, on ne s’est ja­mais vrai­ment tou­chés” Mathieu Blin

➩Est-ce qu’on peut par­ler d’une ri­va­li­té entre vous deux? Be­noît Au­gust: Oui, com­plè­te­ment. J’ai si­gné à Paris en 2001. Mathieu était dé­jà au club et adou­bé par les an­ciens. J’ai eu du mal à me faire une place dans ce groupe. L’en­traî­neur ne vou­lait pas me faire jouer la pre­mière an­née. Il a eu beau­coup plus de temps de jeu que moi. Mathieu Blin: Pour­tant, Be­noît avait plus de qua­li­tés que moi. Mais il a si­gné dans un club qui était le mien, dans le­quel je te­nais une place im­por­tante. Fi­na­le­ment, je crois qu’on a bien par­ta­gé les choses. Sur­tout avec l’ar­ri­vée de Nick Mallett. Et je pense que la paire Au­gust/blin a été l’une des meilleures au ta­lon­nage pen­dant quelques an­nées.

Du coup, com­ment pou­vez-vous ex­pli­quer vos coups de sang? BA: La pre­mière fois qu’on en est ve­nus aux mains, c’était en fi­nale du Top 14 en 2005, pour ma pre­mière sai­son à Biar­ritz. Un mois avant, on perd en de­mi-fi­nale de la Coupe d’eu­rope après huit minutes d’ar­rêts de jeu. Di­sons qu’ils avaient été un peu plus agres­sifs que nous. Je me suis beau­coup fait re­mon­ter la tête au club. Je suis ren­tré sur le ter­rain en ou­bliant que c’étaient mes an­ciens co­équi­piers. Le match a été rude. MB: Dès la pre­mière touche, ça part en live. Et ef­fec­ti­ve­ment, là, Be­noît dit qu’il n’avait peut- être pas gar­dé tout son calme. Je pense qu’il a dé­clen­ché les hos­ti­li­tés. On s’est re­trou­vés en sep­tembre et c’est par­ti dans tous les sens dès la pre­mière mê­lée.

Vous vous êtes at­tra­pés com­bien de fois en tout? BA: Oh… Quelques fois. Bon, il y a ‘at­tra­per’ et ‘at­tra­per’, hein! Ce n’étaient pas non plus des ba­garres de rue. En gros, on s’est croisés plu­sieurs fois mais on n’a qu’un car­ton en com­mun. Et puis, ça ne par­lait ja­mais. Pas de pro­vo­ca­tion. On était par­tis sur un com­bat loyal.

Quel a été l’élé­ment dé­clen­cheur lors du match à Agui­lé­ra pour ce seul car­ton en com­mun? BA: Je crois que c’est par­ti d’un mau­vais coup mais Mathieu le sau­ra mieux que moi ( rires). MB: Ce sont des choses qui nous concernent tous les deux. Avec le re­cul, il n’y avait au­cune rai­son exacte.

Vous vous étiez amo­chés, ce jour-là? BA: Non, rien du tout. On s’était at­tra­pés par terre mais c’est tout. Tu sais, au rug­by, tu mets sur­tout des coups pour ne pas en prendre. Tu ne fais pas mal à grand monde, en gé­né­ral. MB: Oui, je suis cer­tain de ne ja­mais lui avoir fait mal. Lui non plus, d’ailleurs. Fi­na­le­ment, on ne s’est ja­mais vrai­ment tou­chés. Enfin, je crois ( rires). BA: Et puis, cette ri­va­li­té a sur­tout été en­tre­te­nue par les mé­dias et le mi­lieu du rug­by. MB: For­cé­ment, on a joué en­semble à Paris et on se bat comme des chiens quand on se re­trouve.

Et qu’en pen­saient vos en­tou­rages res­pec­tifs? BA: Ma ma­man ne le por­tait pas vrai­ment dans son coeur à ce mo­ment-là. MB: Son ex-femme et ma femme s’en­ten­daient bien. Au­jourd’hui, on se fait la bise quand on se voit. On prend plai­sir à dis­cu­ter. C’est vrai, parce que Be­noît, ce n’est pas un faux derche. Moi non plus.

Et donc, ça va mieux au­jourd’hui? BA: Oui. En fait, en 2009, on est par­tis en tour­née en Ar­gen­tine avec les Bar­ba­rians. Rien n’était en­core ar­ran­gé entre nous. On a pro­fi­té de la pre­mière soi­rée, l’al­cool ai­dant un peu, pour s’as­seoir et dis­cu­ter, mettre les choses à plat. MB: On s’est en­fer­més dans un taxi, où on s’est ex­pli­qués. J’ai pu lui dire qu’il avait dé­clen­ché les hos­ti­li­tés. Il a ac­quies­cé. Il m’a dit que je ne gar­dais pas ma langue dans ma bouche. On n’est pas en­core les meilleurs amis du monde mais si l’un avait be­soin de l’autre, je pense que ça se fe­rait na­tu­rel­le­ment. TOUS PRO­POS RE­CUEILLIS

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