Klaim en a marre de re­vi­si­ter les clas­siques

Tatouage Magazine - - Portrait -

me ren­seigne sur un str eet shop du Val d'Oise qui cher­chait un illus­tra­teur pour dé­char­ger les ta­toueurs de la par­tie des­sin. Au bout d'un mois, ils m'ont mis une ma­chine dans les mains et m'ont de­man­dé de ta­touer un pote pour voir si je pou­vais me dé­br ouiller. Après une grosse suée, j'ai réus­si un dra­gon en mode tri­bal. C'est comme ça que j'ai com­men­cé à ta­touer, sans au­cun ap­pr en­tis­sage, d'une ma­nière presque im­pro­bable. Ce street shop n'avait pas un bon ni­veau, je n'y ai rien ap­pris des au­tr es. C'est même moi qui ai dû leur ex­pli­quer quelques se­maines après être ren­tré chez eux, ce que c'est qu'un om­brage.» Klaim reste deux ans dans cette bou­tique, et y ren­contre l e ta­len­tueux Nik­ko I nko, au­jourd'hui ta­toueur chez Bel­ly But­ton. «Il com­men­çait aus­si, du coup, on a sym­pa­thi­sé et échan­gé des idées. Pa­ral­lè­le­ment, je pas­sais mes nuits à re­gar­der du ta­touage sur In­ter­net ou dans les ma­ga­zines. Et puis un jour, j'ai eu une ré­vé­la­tion. » Klaim dé­couvre l e ta­touage gra­phique avec des t at oueurs, c omme Xoil, I va­na en Bul­ga­rie , Bell y ou Yann Black. «J'ai com­pris que l'uni­vers que j'ai­mais entre fu­tu­risme, Hip-Hop et Web de­si­gn pou­vait être ap­pli­qué au ta­touage. Je pou­vais conti­nuer à gra­ver les peaux en me fai­sant plai­sir, en dé­ve­lop­pant ce que j'aime faire. À ce mo­ment, j'ai dé­cou­vert aus­si 1,2,3 Klan, un stu­dio de W eb de­si­gn mont­réa­lais qui a fait évo­luer les codes du graph et la str eet culture. Leur uni­vers m'ins­pire tou­jours beau­coup.» Le jeune ta­toueur dé­cide alors de pla­quer la bou­tique qui lui a per­mis de dé­mar­rer, em­prunte une somme d'ar­gent et monte Street Tat­too à Franconville en 2010.

« Par­fois, je dor­mais dans le shop »

Les dé­buts sont dif­fi ciles et les rêves pas tout à fait au ren­dez- vous. « Quand j'ai com­men­cé, j'ai ta­toué pen­dant un temps ce qu'on me de­man­dait : du str eet shop de base. Il fal­lait bien payer les charges. Je bos­sais de 9 h à 22 h, par­fois je dor­mais dans le shop. » Ni k k o In­ko l e re j o i n t au bout de plu­sieurs mois. «Après un an et de­mi, on a dé­ci­dé d'ar­rê­ter les let­trages, les tri­baux et tout ce qui ne cor­res­pon­dait pas à ce qu'on vou­lait vrai­ment faire et mon­trer. On cher­chait à pro­duire des pièces in­té­res­santes pour consti­tuer un vrai book.» Du coup, une pé­riode un peu free et un p e u f o l l e c o mmence. L e d u o n ' h é s i t e pas à of­frir même des pièces à des amis, des bras complets, des chests, des dos. «Ce n'était qua­si­ment que des grandes pièces. Il y en a qui ont fait de belles af­faires à l'époque. Cette pé­riode a presque du­ré deux ans. » Grâce à s on court pas­sage en agence de pub orien­tée Web, Kl ai m ét abl i t une s t r at égi e Web mar­ke­ting t r ès ef­fi cace avec l e r ésul­tat de ce tra­vail. «J'ai pos­té mes nou­veaux bou­lots un peu par­tout dans le monde. Je pen­sais que ça pr en­drait trois ans pour avoir un ef fet, en fait au bout d'un an, j'ai vu les ré­sul­tats. J'ai com­men­cé à avoir des clients d'un peu par­tout, de la Bel­gique à la Rou­ma­nie, en pas­sant par les USA. J’hal­lu­ci­nais de voir des gens prendre un billet d'avion pour ve­nir dans mon stu­dio.» C'est à cette époque qu'il dé­ve­loppe ses fa­meuses aqua­relles. Un mo­tif par­ti­cu­liè­re­ment com­pli­qué à po­ser sur une peau dans la du­rée. Au dé­but, l e s a u t re s ta­toueurs sont du­bi­ta­tifs. Mais Klaim est un mor­du de tech­nique et met au point une pro­cé­dure qui ga­ran­tit l a pé­ren­ni­té de s es oeuvres d'aqua­rel­liste s ur peau. Oui, chez Klaim, ça tient. « Au­jourd'hui,

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