Cer­ve­na Nous sommes tous des toiles vierges

« J’aime mon­trer mes ta­touages en ne por­tant rien. » La cou­leur est af­fi­chée. Le corps de la belle An­glaise Cer­ve­na Fox ne lui sert pas seule­ment à s’ex­pri­mer grâce à la danse. À tra­vers ses ta­touages, il dit tout de sa per­son­na­li­té et de sa vie.

Tatouage Magazine - - Rencontre - Texte : Phi­lippe Dy­na­mo - Pho­tos : DR

Ta­touage Magazine : Qui sont les ar­tistes qui t’ont ta­touée ? Ont-ils des si­gni­fi­ca­tions par­ti­cu­lières ? Cer­ve­na Fox : Les ta­touages que j’ai sur l’en­semble du corps ont été faits par des ar­tistes un peu par­tout dans le monde, comme An­to­ny Flem­ming et Bez en An­gle­terre, Co­rey Johns­ton en Nou­velle-Zé­lande, ou Sam Rulz en Au­triche. J’ai com­men­cé par les hi­ron­delles sur les hanches, puis le cor­set sur ma jambe. La man­chette pi­rate montre le cô­té es­piègle de ma per­son­na­li­té, la femme que je suis et que j’ai dessinée quand j’avais 16 ans ! J’ai pen­sé et es­quis­sé l’autre man­chette à l’école d’art quand je fai­sais des re­cherches sur la my­tho­lo­gie ja­po­naise. Une de mes pièces pré­fé­rées est la carte de l’as de coupes sur ma jambe gauche. Cette carte de ta­rot me rap­pelle les deux se­maines qui ont été le mo­ment le plus heu­reux de ma vie ! Il y a aus­si la carte de la ter­reur qui si­gni­fie que votre coupe est trop rem­plie de joie. TM : Comment as-tu dé­bu­té ? CF : Je ne me sou­viens pas de ce qui m’a don­né en­vie de me faire ta­touer, mais sim­ple­ment, j’ai su un jour que j’al­lais être cou­verte de haut en bas ! Je de­vais avoir 15 ou 16 ans. C’est peut-être grâce à la mu­sique que j’écou­tais et à mes idoles que je voyais ta­touées. TM : Con­si­dères-tu les ta­touages comme un or­ne­ment ? CF : Je vois les ta­touages comme une fa­çon de s’ex­pri­mer. Nous sommes tous des toiles vierges qui at­tendent d’être cou­vertes de belles oeuvres d’art. Mon corps est une toile, donc j’aime mon­trer mes ta­touages en ne por­tant rien ! Avec Py­ro­hex, notre groupe de per­for­meuses qui dansent avec le feu, nous por­tons peu de vê­te­ments, et ce sont des vê­te­ments ser­rés pour des rai­sons de sé­cu­ri­té. Por­ter des vê­te­ments larges peut em­pê­cher le bon dé­rou­le­ment des nu­mé­ros. C’est beau­coup plus fa­cile de jouer avec le feu comme nous le fai­sons avec ce que nous por­tons ! Pour mes spec­tacles bur­lesques, tout est ba­sé sur le cu­lot, c’est un strip- tease beau­coup plus clas­sique. Je pense que toute femme doit être fière de sa propre peau, ça lui donne du pou­voir ! TM : Comment les An­glais jugent-ils le ta­touage ? Es-tu ju­gée sur ton image ? CF : Beau­coup de gens en An­gle­terre portent de grosses pièces. C’est une bonne chose. Être ta­toué au­jourd’hui est mieux ac­cep­té qu’avant. Il y a quelques an­nées, beau­coup pen­saient que ceux qui avaient des ta­touages étaient membres de gangs ou sor­taient de pri­son. Ce n’est plus le cas, même si cer­tains conti­nuent à pen­ser le contraire. Main­te­nant, c’est plus une ma­nière d’ex­pri­mer sa per­son­na­li­té, les gens peuvent lire sur vous comme dans un livre ou­vert, sans que vous n’ayez be­soin d’ou­vrir la bouche... Et j’aime ça. C’est vrai que je suis en­core ju­gée quand je sors par­fois, sur­tout quand je vais dans des pays ou des villes où les ta­touages ne sont pas ac­cep­tés. J’y ai mau­vais genre, mais ça ne me dé­range pas. J’aime ma fa­çon d’être et tout le monde de­vrait s’ai­mer aus­si ! TM : Tu as com­men­cé à ap­prendre à ta­touer en 2007. Est-ce quelque chose que tu vou­lais faire de­puis long­temps ? CF : J’ai tou­jours vou­lu être une ar­tiste

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