Ta­touage Magazine

Tatouage Magazine - - Pionnier -

L’ac­cueil de la bou­tique est as­sez grand et, au lieu de comp­ter ses amis sur les ré­seaux so­ciaux, on re­garde les vi­trines avec les ma­chines d’avant, le vieux bou­quin du doc­teur La­cas­sagne, les pho­tos ja­po­naises al­bu­mi­nées co­lo­rées à la main ou les acé­tates de Lyle Tut­tle ac­cro­chées au mur… C’est une plon­gée dans le pas­sé, his­toire de se culti­ver un peu en at­ten­dant son ren­dez- vous, pour com­prendre ce qu’était le ta­touage en Oc­ci­dent il n’y a pas si long­temps. « C’est par­ti de vieux­ma­té­riel­ré­cu­pé­réau­fu­ret àme­su­re­de­mes­ren­contres, ex­plique Phil Shark. Je veux mon­trer d’où ça vient, j’aime le tat­too et j’ai en­vie que ça se res­sente! » Des si­mi­li­tudes, il y en a entre les ori­gines du ta­touage en France et l’his­toire de ce ta­toueur ins­tal­lé de­puis plus de vingt- cinq ans à Saint- Étienne. Au siècle der­nier, avoir de l’encre dans la peau était sou­vent un ma­jeur fiè­re­ment dres­sé de­vant l’ordre éta­bli, en pri­son comme ailleurs. À Roanne, Phil a 13 ans quand il a son pre­mier ta­touage, en 1978. « Jene sa­vais pas quoi faire à part des conne­ries, se sou­vient- il. J’avais une at­ti­rance pour la mu­siq ue etle skate. J’ai­mais cet­te­li­ber­té un­peu­sau­vage.Les­ka­ten’était­pas­bie­nac­cep­té où j’ha­bi­tais, ça a pous­sé notre cô­té re­belle! J’ai fait le rat des Stran­glers avec le A de l’anar­chie en des­sous. C’était de la pro­vo­ca­tion qui mar­chait, on n’était pas beau­coup à être ta­toué, on trou­vait ça classe. » Pour mettre un peu plus le ba­zar, Phil prend la gui­tare dans des groupes de punk et croise dans l es concerts pas mal d’autres ta­toués, c’est même de là que vien­dra son blaze. Dans sa bande de potes, c’est lui qui se dé­brouille le mieux avec une ai­guille, alors il les ta­toue ré­gu­liè­re­ment, sans sa­voir où ça va le me­ner.

Pas un mé­tier

Pour­tant, ça l’in­té­resse tou­jours plus. Un vieux lou­lou qui pique avec une ma­chine pour ta­touer les ani­maux veut se sé­pa­rer de son ma­tos, ayant des en­vies de mu­sique. C’est une

Le pre­mier fait à la ma­chine Spaul­ding. Le tigre, un in­con­tour­nable. Pas en­core de bou­tique et dé­jà un dos !

Le pre­mier stu­dio à Roanne.

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