# FarF­romRou­baix

Ar­naud D., sal­tim­banque heu­reux et can­nois ex­pé­ri­men­té, achève son grand che­lem : après la Se­maine, la Quin­zaine, UCR, la com­pèt’ et Ve­nise, il joue l’Ou­ver­ture avec Les Fan­tômes d’Is­maël.

Technikart - SuperCannes - - News - GAëL GOLHEN

Ar­naud, vous vous êtes dit quoi quand on vous a pro­po­sé l’ou­ver­ture du fes­ti­val ?

Ar­naud Des­ple­chin. Je me suis dit « ouf » !

Comme « ouf, cette fois c’est bon, je suis en sé­lec­tion of­fi­cielle » ?

A.D. Ah non ! Ouf comme c’est ouf, on y est ! Et puis j’ai vu Pas­cal Cau­che­teux (pro­duc­teur) et Jean La­ba­die (dis­tri­bu­teur) dan­ser sur les tables et j’ai com­pris que ce n’était pas seule­ment une bonne nou­velle. C’était une TRES bonne nou­velle. J’ai pen­sé que Thier­ry – Fré­maux – avait été gé­né­reux.

Plus qu’il y a deux ans, oui.

A.D. Je vois où vous vou­lez al­ler, mais vous sa­vez, la Quin­zaine, c’était classe. Gar­rel m’avait dit « tu ver­ras c’est su­per, c’est le sa­lon des re­fu­sés »

D’ailleurs, lui, il y re­tourne…

A.D. Oui ! Je ne sais pas si c’est bon signe pour moi du coup… Je suis pas­sé du cô­té des ban­quiers alors que lui est res­té dans les tran­chées. Mais votre ques­tion sur la com­pé­ti­tion, elle m’amuse un peu parce que j’ai l’im­pres­sion de ne pas vrai­ment faire de films à prix. Il ne vous a pas échappé que j’en avais ra­re­ment re­çu d’ailleurs…

Mais est-ce que vous faites des films d’ou­ver­ture ?

A.D. Ça c’est une bonne ques­tion… J’ai l’im­pres­sion que pour Les

Fan­tômes d’Is­maël, ça marche. Les ac­teurs sont suf­fi­sam­ment ha­bi­tés, suf­fi­sam­ment forts pour que ce soit sé­dui­sant. Il y a ces deux femmes, ces deux ac­trices dont l’une est à moi­tié an­glaise, tan­dis que l’autre s’est ré­in­ven­tée en star amé­ri­caine ; il y a Laz­lo Sza­bo qui était une fi­gure de La Nou­velle Vague ; Mathieu qui a un pied dans tel­le­ment de ci­né­mas qu’on ne sait plus où le si­tuer ; et puis Louis qui au­ra un film en com­pé­ti­tion… Ça me pa­raît pas mal, sur le plan de l’ou­ver­ture.

Ce n’est pas la pre­mière fois que vous uti­li­sez des stars mais là, on di­rait qu’elles changent votre cinéma de l’in­té­rieur.

A.D. Ce sont les per­son­nages qui per­mettent ça. Les rôles pou­vaient les ac­cueillir. Quand Cau­che­teux m’a dit : « tu ver­rais qui dans ces rôles ? » je lui ai dit : « Qui je rêve ou qui on pour­ra avoir ? » Et puis on s’est pris à rê­ver. Il y avait eu des ren­dez-vous man­qués avec Char­lotte, là c’était pos­sible. Ma­rion, c’est une ac­trice qui se ré­in­vente constam­ment et qui n’a pas vrai­ment l’ha­bi­tude du cinéma que je pra­tique. Mais l’op­po­si­tion entre ces deux femmes était un mo­teur ar­tis­tique ex­tra­or­di­naire. Leurs jeux se si­tuent à des en­droits dif­fé­rents de leurs corps. Et ces deux corps aus­si étran­gers l’un à l’autre ren­for­çaient ce que j’avais écrit. En ce­la, oui, c’est sans doute la pre­mière fois que je me sers de mes co­mé­diens de ma­nière aus­si pré­cise…

On va voir le film dans sa ver­sion dite « fran­çaise ». Mais il existe une ver­sion ori­gi­nale, plus longue de 20 mi­nutes. C’est votre idée ?

A.D. Ah non, c’est Cau­che­teux ; mon rap­port au pro­duc­teur est d’ailleurs très com­pli­qué…

Dans le film, De­da­lus lui tire car­ré­ment des­sus.

A.D. Ah non, lui il tire sur son pro­duc­teur exé­cu­tif ! Ça n’a rien à voir, en­fin !

C’est étrange que Thier­ry Fré­maux ait choi­si la ver­sion courte, non ? Cannes est un fes­ti­val d’au­teur et il choi­sit la ver­sion « po­pu­laire ».

A.D. Je ne suis pas la bonne per­sonne à qui po­ser la ques­tion. Je n’ai pas de rap­ports di­rects avec lui. Cha­cun a ses in­té­rêts dans cette his­toire et moi, je ne sais pas quoi vous dire, je n’ai que des ru­meurs ou des pro­pos dif­fé­rents… Une chose est sure : je suis in­vi­té dans le plus grand fes­ti­val du monde, qui est aus­si un fes­ti­val fran­çais. Fré­maux a choi­si la ver­sion sen­ti­men­tale, donc je me prends à pen­ser qu’il a été ému et que j’ai en­flam­mé ses sen­ti­ments.

Mais de la­quelle je dois par­ler dans mon quo­ti­dien, moi ?

A.D. Ah mais vous faites comme vous vou­lez. Vous pou­vez tout dire. D’ailleurs, les gens ont peur de ça. Ils ont peur des ré­ac­tions, de vos ré­ac­tions… Ça a été un sa­cré bor­del cette his­toire, parce que Cannes, c’est le lieu des jour­na­listes. Moi, je me suis juste as­su­ré que vous au­riez le choix. La presse est libre. On n’est pas à l’école, vous faites ce que vous vou­lez… Ce que je peux vous dire, c’est que je suis ému par la ver­sion sen­ti­men­tale et que je ne suis pas peu fier de la ver­sion ori­gi­nale.

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