L’amer à voir

Do­cu­men­taire po­li­tique sur la né­ces­si­té d’ou­vrir l’Eu­rope aux ré­fu­giés, Sea Sor­row n’est pas le seul film can­nois à tour­ner au­tour du même su­jet.

Technikart - SuperCannes - - News - Gé­RARD DELORME

La pro­gram­ma­tion très dis­crète, à l’heure du dé­jeu­ner, de Sea

Sor­row, do­cu­men­taire de la doyenne des stars en­ga­gées Va­nes­sa Red­grave, était une bonne fa­çon pour le fes­ti­val de sou­te­nir le trai­te­ment hu­ma­niste d’un su­jet d’ac­tua­li­té, sans as­som­mer d’en­trée des fes­ti­va­liers dont une bonne par­tie sor­tait à peine de la gare Sncf.

Le do­cu­men­taire, cen­tré sur les en­fants, dé­bute par des té­moi­gnages d’or­phe­lins ré­fu­giés en Ita­lie, en Grèce ou dans la jungle de Ca­lais, avant de mon­trer des ma­ni­fes­ta­tions en An­gle­terre des­ti­nées à faire pres­sion sur le gou­ver­ne­ment pour te­nir ses en­ga­ge­ments. Red­grave sou­tient son dis­cours par des rap­pels his­to­riques de so­li­da­ri­té ob­ser­vée aus­si bien en An­gle­terre pen­dant le Blitz­krieg qu’en Eu­rope pen­dant les an­nées 50, lorsque les ci­vils hon­grois fuyant l’in­va­sion so­vié­tique ont été recueillis un peu par­tout. Une autre époque, donc. Sau­pou­dré de dis­crets sou­tiens people et de cau­tions ar­tis­tiques, Sea Sor­row ne se­rait qu’un film de bonnes in­ten­tions s’il ne lan­çait sur un mode fac­tuel et va­gue­ment aus­tère l’autre thème ré­cur­rent du fes­ti­val 2017: ce­lui des po­pu­la­tions dé­pla­cées - qui se­ra trai­té dans les jours qui viennent via la fic­tion fan­tas­tique avec Ju­pi­ter’s

Moon de Kor­nél Mun­druczó, le drame mi­san­thrope se­lon Ha­neke, sans ou­blier l’ex­pé­ri­men­ta­tion d’Inar­ri­tu en réa­li­té vir­tuelle. On n’échappe pas au réel.

SÉANCE SPÉ­CIALE

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.