«JE NE VEUX PAS ÊTRE LE SIFU. JE SUIS LE SIFU »

Le meilleur ami gras­souillet de Ja­ckie Chan est à Cannes pour ac­com­pa­gner la dé­lé­ga­tion chi­noise et faire la pro­mo du nou­veau Gor­don Chan, God of War. Ren­contre avec l’éter­nel fils pro­digue.

Technikart - SuperCannes - - News - DA­NIEL ANDREYEV

Sammo, au cours de votre car­rière, vous avez tout fait. Pro­duit, joué, réa­li­sé et cho­ré­gra­phié des com­bats… au fond, qu’est-ce que vous pré­fé­rez vrai­ment faire ?

Sammo Hung. Je crois que ce que j’aime vrai­ment le plus, c’est réa­li­ser. Ce n’est pas tou­jours évident parce qu’il faut par­fois don­ner des ordres à plus de deux cents per­sonnes. Il y a les cris, l’agi­ta­tion. Mais c’est gri­sant. Faire l’ac­teur, à cô­té c’est beau­coup plus co­ol, un bou­lot tran­quille et confor­table. On vous de­mande de vous mettre à un en­droit, d’adop­ter une pose ou une at­ti­tude et y à qu’à obéir. Bon, je m’amuse aus­si pas mal avec les com­bats, c’est na­tu­rel pour moi de les ré­gler. Il suf­fit de se concen­trer sur l’éner­gie de la si­tua­tion et sur la créa­ti­vi­té. Fas­toche !

En fait, vous vou­lez être le sifu sur tous vos films, non ?

S.H. (il bombe le torse) Je ne veux pas être le sifu. Je suis le sifu. Sur un film, je fais ce que je veux.

Votre ter­rain de jeu na­tu­rel, c’est la co­mé­die, mais dans Ip

Man, on vous dé­cou­vrait dans un re­gistre plus émou­vant. C’était com­pli­qué ?

S.H. Pas du tout. Tout est fa­cile pour moi ! Et si ça ne l’est pas, je fais comme si, comme s’il n’y avait au­cun pro­blème. (Rires – et

il re­de­vient sé­rieux d’un coup). Le plus im­por­tant, c’est de ré­flé­chir à son per­son­nage. Même pour un film d’ac­tion. Tout ça, au fond, ce n’est que de l’hu­main. Les gens me parlent sou­vent d’IP Man pour me dire que le film fonc­tionne bien. Mais tout vient du script, de la qua­li­té d’écri­ture. Il faut pen­ser à la ma­nière de fa­çon­ner son per­son­nage, à la ma­nière de créer un com­bat et de l’in­car­ner.

Vous avez com­men­cé à faire des films très jeune. Si vous n’aviez pas fait du cinéma, vous au­riez fait quoi ?

S.H. Hmmmm je crois bien que je se­rais de­ve­nu… ban­quier. (Il ex­plose

de rire) Non, j’au­rais sans doute fait de la cui­sine ; j’aime trop man­ger.

Vous cuisinez en­core ?

S.H. Oui. Mais ex­clu­si­ve­ment des plats chi­nois.

Au­jourd’hui qu’est ce qui vous ex­cite en­core dans le cinéma ?

S.H. Je tra­vaille sur un nou­veau pro­jet que je com­men­ce­rai en oc­tobre. Un All Star Cast d’art mar­tiaux. Ce se­ra une co­mé­die d’ac­tion. Et pour m’ins­pi­rer, je re­garde tout. Du bon, du mau­vais. Tout ! C’est mon job. Je suis constam­ment à la re­cherche de nou­velles idées, de nou­veaux styles.

Concrè­te­ment, ça veut dire quoi ?

S.H. Je vous le ré­pète : je re­garde TOUT. Et sur­tout, je ré­flé­chis. «Thin­king. All is in the thin­king » comme on dit. Je ne suis pas un maître des arts mar­tiaux. Je me dé­brouille en arts mar­tiaux, mais je ne suis pas ce qu’on ap­pelle un «Maître ». Mais je pense conti­nuel­le­ment à mon bou­lot et au kung-fu. Quand il a fal­lu in­cor­po­rer du Wing Chun dans IP Man 2, j’ai dû l’étu­dier très sé­rieu­se­ment. Pour com­prendre sa phi­lo­so­phie spé­ci­fique. Pour m’en im­pré­gner. Parce que l’idée, ce n’est pas de l’ap­prendre, mais de le res­sen­tir, pour pou­voir le trans­mettre.

Je me suis tou­jours de­man­dé : c’est qui le plus fort ? Don­nie Yen ou vous ?

S.H. C’est vrai qu’avec Don­nie, on est res­té sur un match nul (tou­jours dans

IP Man 2) Mais at­ten­dez la pro­chaine ren­contre. On va for­cé­ment re­faire un match. De toute fa­çon, je peux battre tout le monde ! C’est peut-être pour ça que j’aime réa­li­ser : ça me donne tous les droits, y com­pris ce­lui de ga­gner. Ne vous mé­pre­nez pas : je suis très lu­cide sur ce que je fais et sur mes films. On ap­prend tous les jours. Si un film est moins bon, je le sais, je m’en rends compte – c’est comme ça que l’on de­vient meilleur. Je veux ajou­ter une chose pour mes fans : il faut pro­fi­ter de la vie. Ne ja­mais cé­der à la co­lère. Tout est source de joie. C’est la clef. Vivre dans la joie, avec une bonne santé.

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