Can­nal his­to­rique

Et vous pen­siez tout sa­voir sur le fes­ti­val ?

Technikart - SuperCannes - - Welcome To Cannes - JO­NA­THAN BRODA

AGNÈS : 62 FES­TI­VALS…

Agnès Var­da et JR pré­sentent Vi­sages, Vil­lages hors com­pé­ti­tion… Re­tour sur la par­cours d’une ci­néaste qui y pré­sen­ta son pre­mier film en 1955.

Agnès Var­da, est ve­nue maintes fois à Cannes, elle y est chez elle, la ci­néaste à gran­di avec le Fes­ti­val. Cette an­née, elle pré­sente Vi­sages Vil­lages co­réa­li­sé avec le street artiste, JR. Elle a été cou­ron­née par une Palme d’hon­neur en 2015 comme Woo­dy Al­len, Ma­noel de Oli­vei­ra ou Clint East­wood.

Elle com­men­ça ses sé­jours can­nois en 1955 avec La pointe courte, pre­mier long mé­trage, tour­né à Sète qui, s’il n’est pas sé­lec­tion­né of­fi­ciel­le­ment, est ame­né à Cannes par Var­da et son com­plice, et alors mon­teur, Alain Res­nais.

Elle y re­vien­dra, of­fi­ciel­le­ment, en 1962 avec Cléo de 5 à 7 (elle n’est que la cin­quième réa­li­sa­trice sé­lec­tion­née). Mi­chel Le­grand fait l’ac­teur, Ma­rin Kar­mitz as­sis­tant réal. Deux ans plus tard elle re­vient avec son ma­ri, Jacques De­my dont Les

pa­ra­pluies de Cher­bourg re­çoit la Palme des mains de Fritz Lang, pre­mier ci­néaste étran­ger Pré­sident du Ju­ry. Pré­cé­dem­ment le ju­ry était pré­si­dés par un écri­vain fran­çais. Même si cer­tains (Coc­teau, Pa­gnol) étaient éga­le­ment ci­néastes.

En 1995, elle pré­sente Les cent et une nuits de Si­mon Cinéma, en par­ti tour­né à Cannes. Il cé­lèbre les 100 ans du cinéma avec un cas­ting in­éga­lable : Pic­co­li, Mas­troian­ni, Bel­mon­do, De­lon, De­neuve, De Ni­ro, Ad­ja­ni… Et Ju­lie Gayet dans le rôle de l’in­gé­nue au carnet d’adresse im­pres­sion­nant.

En 2000, Les gla­neurs et la gla­neuse do­cu-in­time tour­né en DV re­trouve son sillon in­time. C’est un film ou elle ren­contre jeunes, agri­cul­teurs, re­trai­tés…. Il don­ne­ra en­vie à Gilles Ja­cob et Thier­ry Fré­maux de ré­in­tro­duire les do­cu­men­taires dans la sé­lec­tion. Mi­chael Moore, Palme 2004, lui doit sans doute quelque chose aus­si pa­ra­doxale que ce­la puise pa­raître.

Agnès Var­da est une ci­néaste qui a tou­jours ai­mé fil­mer les lieux par les gens, ou les gens dans leurs lieux, L’opé­ra Mouffe, son pre­mier doc en 1958 im­po­sait dé­jà sa ma­trice. Ici le dia­logue entre une rue pa­ri­sienne et les âmes qui l’ha­bitent : com­mer­çants, ar­ti­sans, pas­sants, men­diants… Cette ur­ba­niste pho­to­graphe, cette géo­graphe de la ci­té a donc sur­tout pho­to­gra­phié la ville, car­to­gra­phié sa to­po­lo­gie ci­né-urbaine.

En 1985, et en dé­ca­lage, c’est l’in­sub­mer­sible Fes­ti­val de Ve­nise qui en fe­ra une lionne, avec Sans toit ni lois, ou Bon­naire ar­pen­tait les champs et les vil­lages, sans ja­mais être sage. Chan­ge­ment de pay­sage, chan­ge­ment de Fes­ti­val. Le cinéma de Var­da s’est en­suite rap­pro­ché de la ci­né­phi­lie, ou de sa place dans la ci­né­phi­lie de Cannes. Les plages d’Agnès sa­luaient Ch­ris Mar­ker ou Go­dard qui ex­cep­tion­nel­le­ment en­le­vait ses lu­nettes. Prêt à po­ser pour J.R. ?

1. 1 2 3 shoot me 2. Ch­ris­tophe Guillarme et ses égé­ries

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