CANNAL HIS­TO­RIQUE

Et vous pen­siez tout sa­voir sur le festival ?

Technikart - SuperCannes - - Welcome to Cannes - JO­NA­THAN BRODA

CINÉFILLE CONTRE CINÉMÂLE

Une seule Palme d’Or en 69 édi­tions, des sé­lec­tions of­fi­cielles en­tières sans femme der­rière la ca­mé­ra… Le Festival ne s’est ja­mais em­bar­ras­sé de pa­ri­té. Pour­tant quelques unes ont réus­si à se fau­fi­ler dans le temple du cinémâle. Au­jourd’hui, la Ja­po­naise Nao­mi Ka­wase est en com­pé­ti­tion avec Hi­ka­ri. Tiens, une femme réa­li­sa­trice, c’est re­la­ti­ve­ment rare à Cannes. Pour­quoi aus­si peu de femmes font-elle des films ? Pour­quoi in­vite-t-on aus­si peu de femmes ci­néastes à Cannes ? Au point qu’une seule d’entre elles a ob­te­nu une Palme d‘or en 69 édi­tions. Jane Cam­pion, pour La Le­çon

de pia­no en 1993 (46e édi­tion). La ci­néaste néo-zé­lan­daise avait dé­jà ga­gné la Palme du Court mé­trage en 1982 (Peel,

an Exer­cise of Dis­ci­pline) et, pour cou­ron­ner le tout, elle a aus­si pré­si­dé le Ju­ry en 2014. Elle est à ce jour la seule reine au­to­ri­sée (au­teu­ri­sé ?) de Cannes.

Mais d’autres réa­li­sa­trices ont mar­qué le Festival. Agnès Var­da à la­quelle nous avons dé­jà consa­cré un Cannal His­to­rique. Mais aus­si des pion­nières d’un ci­né­ma plus fé­mi­nin que fé­mi­niste ve­nant pour beau­coup de l’Est : Iou­lia Solnt­se­va (so­vié­tique, 1961), lve­ra Chy­ti­lo­va (tché­co­slo­vaque, 1970), Bin­ka Je­lias­ko­va (bul­gare, 1974) et en­fin Mar­ta Mes­za­ros (hon­groise, 1980, 1984).

C’est pour­tant l’Ita­lienne Li­lia­na Ca­va­ni qui lais­se­ra la pre­mière vraie em­preinte fé­mi­nine im­por­tante à Cannes avec le scan­dale de Por­tier de Nuit en 1974 et le ra­vis­se­ment de

La Peau en 1981. Mais il faut at­tendre 2014 pour qu’une autre ita­lienne, Alice Rohr­wa­cher soit une des deux seules femmes à dé­cro­cher le Grand Prix du Ju­ry. Cô­té fran­çaises on note Mar­gue­rite Du­ras ( Le Ca­mion,

1977), Ariane Mnou­ch­kine ( Mo­lière, 1978), ou Ni­cole Gar­cia (L’Ad­ver­saire, Le Mal de pierre)… Mais sur­tout Claire De­nis qui pré­sente cette an­née Un beau so­leil in­té­rieur. Elle in­carne ce festival qui l’a ac­cueillie dès son pre­mier film ( Cho­co­lat,

1988). 20% des films fran­çais sont faits par des femmes. C’est trop peu mais c’est 10 fois plus que dans le reste du monde... Néan­moins Lynn Ram­sey qui pré­sente cette an­née You Were Ne­ver Real­ly Here a rem­por­té un Grand Prix du Ju­ry ( La fo­rêt de Mo­ga­ri, 2007)… l’Ira­nienne Sa­mi­ra Ma­kh­mal­baf en a re­çu deux (Le Ta­bleau noir, À cinq heure de l’après mi­di) alors que l’An­glaise An­drea Ar­nold en dé­tient trois (Red Road, Fish

Tank, Ame­ri­can Ho­ney). Re­cord à battre.

De­main So­fia Cop­po­la pré­sen­te­ra The Be­gui­led. Ti­ré d’un ro­man dé­jà adap­té par Don Sie­gel avec Clint East­wood. Comme por­ter un re­gard fé­mi­nin, voire fé­mi­niste, sur un ré­cit a prio­ri aus­si ma­cho voi­là bien un en­jeu pour une réa­li­sa­trice. Et si c’est réus­si, il y a fort à pa­rier qu’elle em­poche… Le Grand Prix du Ju­ry !

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