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Avant tout : Que fait Quen­tin Dolmaire au Fes­ti­val de Cannes ? Quen­tin vient pour la pro­jec­tion du di­manche 13 du film « Un violent dé­sir de bon­heur » de Clé­ment Sch­nei­der, sé­lec­tion­né à L’Acid, dans le­quel il joue le pre­mier rôle.

Technikart - SuperCannes - - Édito - Interview Mel­chior

Quelle est la por­tée de la voix dans le mé­tier d’ac­teur ?

La por­tée de la voix dans le mé­tier d’ac­teur ! Je ne sais pas mais j’ai tou­jours pen­sé que c’était pri­mor­dial, ou peut-être que c’est ce qui me touche le plus. J’ai l’im­pres­sion que c’est le pre­mier lien entre la pen­sée et le corps. Entre l’abs­trait et le concret. Je crois que c’est par là aus­si que passe la com­po­si­tion. On sait que Da­niel Day Le­wis a chan­gé de per­son­nage quand on l’en­tend par­ler. La voix, chez l’ac­teur, me pré­oc­cupe plus que le re­gard. Le dé­bit, les non-dits, ce qui mo­tive la pa­role, ceux qui ne s’oc­cupe pas des mots qu’ils em­ploient... On di­sait que Pa­trick De­waere chan­tait les ré­pliques plus qu’il ne les di­saient...

Les mo­du­la­tions de la voix sont-elles un res­sort co­mique, si oui dans quelle me­sure ?

Oui je pense ! Cour­te­manche ou Jim Car­rey uti­lisent la voix comme res­sort co­mique je crois. Ils créent un con­traste entre ce qu’ex­priment leurs vi­sage, ce qu’ex­priment leur voix et par­fois sur ce qu’ex­priment leurs phrases !

Y-a-t-il un lien entre le mé­tier d’ac­teur et ce­lui de conteur ?

Je crois que ça dé­pend des réa­li­sa­teurs et aus­si du scé­na­rio. Quand il y a un texte dur à dire, il faut ef­fec­ti­ve­ment sa­voir le faire en­tendre, sa­voir le ra­con­ter... Cer­tains réa­li­sa­teurs cherchent à faire vivre une his­toire aux ac­teurs à chaque scène, d’autres laissent la “mise en scène” ra­con­ter l’his­toire. Peut-être que le conteur doit “faire voir” une his­toire, alors que l’ac­teur (sur­tout au théâtre) doit faire “en­tendre” une his­toire.

Peux-tu nous par­ler du plai­sir de ra­con­ter?

Pour moi, le plai­sir de ra­con­ter est un plai­sir de par­ta­ger mon ima­gi­naire avec ce­lui des autres. De plon­ger dans un ima­gi­naire com­mun. Mais en plus du con­tact avec le pu­blic (ou mon par­te­naire), il y a le plai­sir de dire, de “ra­con­ter” ef­fec­ti­ve­ment, un texte qui semble dif­fi­cile d’ac­cès. Je pense que le co­mé­dien peut par­fois se rap­pro­cher du vul­ga­ri­sa­teur dans cet exer­cice. Tout ça peut sem­bler in­tel­lec­tuel, mais je crois qu’on de­mande beau­coup aux co­mé­diens de s’oc­cu­per des abs­trac­tions et de les concré­ti­ser. C’est sou­vent leur res­pon­sa­bi­li­té.

Est-ce un art de l’in­time ?

Oui peut- être, mais je ne sais pas s’il y a for­ce­ment be­soin de l’in­time pour sur­dé­ve­lop­per l’ima­gi­na­tion du spec­ta­teur.

Pou­vez- vous nous par­ler du si­lence ?

Ah... les si­lences c’est sou­vent dif­fi­cile pour les ac­teurs ! C’est dif­fi­cile de se ca­cher der­rière, de jouer avec... Et en même temps, je crois que c’est sou­vent ça qui rythme la vie in­té­rieure du per­son­nage, entre les phrases et les re­gards.

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