# Lin­donDeLaFarce

Dans Arc­tic, fable sur la so­li­tude en­ve­lop­pé d’un sur­vi­val féroce, Mads Mik­kel­sen af­fronte l’en­fer blanc, un ours et la condi­tion hu­maine.

Technikart - SuperCannes - - Édito - Fran­çois rieux

Per­du au mi­lieu de nulle part, un gi­gan­tesque S.O.S. creu­sé dans la neige zèbre le sol im­ma­cu­lé de l’Arc­tique. C’est l’ou­vrage d’un homme dont on ne connaît ni le nom, ni l’his­toire. Quelques in­dices dis­sé­mi­nés de-ci de-là pro­jettent la tra­gé­die de sa tra­jec­toire : un avion ex­plo­sé, une stèle de for­tune et un coin pêche im­pro­vi­sé à même la glace. Arc­tic, pre­mier long­mé­trage de Joe Pen­na, res­semble à 1001 autres. Seul au monde, son dop­pelgän­ger sur Mars ou en­core The Re­ve­nant... Tous ont comme dé­no­mi­na­teur com­mun le spec­ta­cu­laire. Des fresques dan­tesques où un Ro­bin­son Cru­soé mo­derne af­fronte, le cou­rage en ban­dou­lière, une Dame na­ture re­pre­nant son dû dans une vio­lence flir­tant avec l’iro­nie. Pen­na, lui, dé­gaine la carte d’un sur­vi­va­lisme épu­ré, à la fois lan­ci­nant et dou­lou­reux, ré­duit au strict mi­ni­mum, donc à l’es­sen­tiel. Dans cette odys­sée po­laire, Mads Mik­kel­sen se tient face au bliz­zard. Son vi­sage dé­jà taillé à la serpe est la­cé­ré de bleus, éclai­ré par des yeux éteins, dra­pé d’une barbe te­nace. Il n’a ja­mais été aus­si meur­tri, il n’a ja­mais été aus­si ho­mé­rique. Sur ses épaules voû­tées, il porte le poids de la fa­ta­li­té et de la res­pon­sa­bi­li­té de sur­vivre. Sous le ciel fan­to­ma­tique du Pôle Nord ou au fin fond d’une cre­vasse, l’ac­teur tu­toie les cimes. Il est libre Mads.

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