#Fê­teDuS­lip

Yo­med­dine, Le­to… Cannes 2018 se­rait le festival des crowd-plea­sers ? Gilles Lel­louche confirme avec son Grand Bain, feel-good pé­ta­ra­dant qui vous colle un sou­rire idiot aux lèvres.

Technikart - SuperCannes - - Édito - FRéDéRIC FOUBERT

L’ho­ri­zon « film de potes » du ci­né­ma fran­çais, Gilles Lel­louche le connaît mieux que per­sonne, vu qu’il est pré­sent au gé­né­rique de qua­si­ment tous les spé­ci­mens du genre : Les Pe­tits Mou­choirs, Les In­fi­dèles, Le Sens de la Fête…

Du coup, il y a sans doute une lo­gique à ce que son Grand Bain avance avec l’as­su­rance d’un rou­leau com­pres­seur, don­nant l’im­pres­sion que l’homme a usi­né des dé­cli­nai­sons fren­chy du Full

Mon­ty toute sa vie. Une bande de qua­dras dé­pres­sifs (Amal­ric, Poel­voorde, Ca­net, etc.) se met en tête de rem­por­ter les cham­pion­nats du monde de na­ta­tion syn­chro­ni­sée. Le che­min jus­qu’au fi­nal uplif­ting se­ra aus­si ba­li­sé que pré­vu, mais Lel­louche em­balle ça d’une main ex­perte, ja­mais cy­nique, sans pré­ten­tion « gé­né­ra­tion­nelle » ni hé­té­ro-beau­fe­rie, juste l’en­vie de faire les choses bien : les chouettes sé­quences clip­pesques qui font ta­per du pied, les mon­tées d’émo­tion bien do­sées, les se­conds rôles tor­dants (Leï­la Be­kh­ti en mode ser­gent Hart­man de Full Me­tal Ja­cket)…

Dif­fi­cile de ne pas en sor­tir avec la ba­nane, et la convic­tion que ce festival vous veut du bien. La preuve : les or­ga­ni­sa­teurs avaient glis­sé avant-hier dans le ca­len­drier des pro­jos un aver­tis­se­ment à propos du Lars Von Trier. « Cer­taines scènes sont sus­cep­tibles de heur­ter la sen­si­bi­li­té des spec­ta­teurs » ? Mer­ci de le pré­ci­ser. Avec toute cette bonne hu­meur, on ris­quait de perdre l’ha­bi­tude.

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