– ROB­BIE WILLIAMS

Technikart - - COVER -

Ce­la fait dé­jà près d'une heure que les jour­na­listes at­tendent sa­ge­ment le dé­but de la confé­rence de presse dans une salle du Meu­rice, car­nets de notes dé­gai­nés. Dans les cou­lisses, la star se pré­pare. Williams avale un double ex­pres­so, fait un der­nier point ra­pide avec son équipe de ma­na­ge­ment an­glaise. Elle ne donne qu'une consigne : ne sur­tout pas par­ler politique. En ef­fet, le pre­mier single de l'al­bum, « Par­ty Like A Rus­sian », qui se moque des ex­cès fes­tifs des oli­garques, a fait grin­cer quelques dents dans les mé­dias mos­co­vites. Puis brief express avec les têtes pen­santes de son nou­veau la­bel. Au prin­temps der­nier, Williams an­non­çait qu'il quit­tait Uni­ver­sal pour re­joindre Co­lum­bia/So­ny (ber­cail d'Adele, de Bob Dy­lan et de Beyon­cé), se fé­li­ci­tant de tra­vailler do­ré­na­vant avec une équipe «

Tra­duc­tion : après quelques al­bums aux ventes dé­ce­vantes (« seule­ment » deux mil­lions ven­dus pour cha­cun des deux der­niers), il fal­lait bien chan­ger de struc­ture pour re­lan­cer la ma­chine. Et en­fin conqué­rir, tant qu'à faire, le mar­ché amé­ri­cain… La ré­ac­tion de Ja­son Iley, le boss de So­ny UK res­pon­sable du deal, est ré­vé­la­trice du pou­voir dé­sor­mais dé­te­nu par les der­nières grandes stars de la pop : «

»

Le temps est ve­nu de faire son en­trée – sous les ap­plau­dis­se­ments. Coif­fure à la hou­pette ty­pi­que­ment bri­tish, che­mise Saint Laurent ou­verte jus­qu'au mi­lieu de la poi­trine, mo­cas­sins Gucci, re­gard clair et per­çant. Williams est en pleine forme, ébau­chant quelques cour­bettes co­miques en sa­luant les jour­na­listes, qui pouffent de­vant ses pi­tre­ries. Ce n'est que le dé­but. Des bons mots, Williams, ayant hé­ri­té du sens de la ré­par­tie de son père stand-up, en a un pa­quet en stock. « » «

» Et lors­qu'une jour­na­liste le ques­tionne sur son rap­port au style, il ré­pond que son look d'au­jourd'hui est son « » : quand cer­tains ont le cos­tume et l'at­ta­ché-case, lui se tré­mousse dans de la soie ba­rio­lée. « » Mais dès qu'il s'agit de scène, l'en­ter­tai­ner reste mar­qué par les ex­tra­va­gances de Da­vid Bo­wie et Fred­die Mer­cu­ry (« »).

Des ar­tistes d'un autre monde, ce­lui d'avant In­ter­net et les ré­seaux so­ciaux, ce­lui qu'a connu Williams à l'époque de Take That, et de ses pre­miers disques en so­lo. Disques de pla­tine, tour­nées monstres, clips sans foi ni loi… Puis, au mi­lieu des an­nées 2000, après les car­tons d'Es­ca­po­lo­gy et d'In­ten­sive il tra­verse un pas­sage à vide. L'heure est au re­tour du rock et à l'élec­tro pu­tas­sière. Williams, lui, fait par­tie du pay­sage pop. Ses al­bums se vendent tran­quille­ment mais ne livrent au­cun tube…

C'était sans comp­ter sur son ADN de et son sens in­né du mar­ke­ting. En 2009, il ouvre son compte Twit­ter, ne pou­vant se pas­ser du «

», comme il l'ex­plique au­jourd'hui. À l'ins­tar d'une Kim Kar­da­shian, c'est sur­tout Ins­ta­gram qui lui per­met de com­mu­ni­quer avec ses fans – et même ceux qui ne le connaissent pas. Ses as­siettes, ses pauses en backs­tage, les vê­te­ments l'at­ten­dant sur un shoo­ting, des cli­chés de sa folle jeu­nesse, des por­traits de lui dé­tour­nés par des bla­gueurs. Il s'y montre sous son meilleur jour : ca­bot ce qu'il faut, ta­toué au coeur tendre et... star in­con­tes­table.

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