CET ÉTÉ, JE ROULE EN AN­CIENNE

POUR­QUOI NE PAS REM­PLA­CER VOTRE VOI­TURE MODERNE PAR UNE AN­CIENNE DE 30 OU 40 ANS D'ÂGE ? ROU­LER EN AN­CIENNE, C'EST FAIRE LE PA­RI DE L'EX­PÉ­RIENCE ET DU STYLE. TECHNIKART DÉNICHE LA PERLE RARE DANS LA BRO­CANTE DES AUTOMOBILES VIN­TAGE.

Technikart - - DANS LE RÉTRO - THO­MAS MO­RALES

Les jeu­nettes vous énervent. Elles mi­naudent avec leurs tech­no­lo­gies avan­cées, leur connec­ti­vi­té et leur éco­res­pon­sa­bi­li­té à la noix. Elles sont par­faites, c’est-à-dire in­odores et sans sa­veur. Leur mo­der­ni­té os­ten­ta­toire est un puis­sant tue-l’amour comme l’épi­la­tion in­té­grale. À l’ap­proche des beaux jours, vous avez en­vie de sen­sa­tions na­tu­relles, de vous as­seoir dans un in­té­rieur en cuir pa­ti­né et de prendre le vo­lant d’une vraie voi­ture. Quatre roues et un mo­teur à ex­plo­sion ! Les fuites d’huile ne vous ef­fraient même pas. Quelques bruits sus­pects, des sus­pen­sions qui grincent ou des vi­tesses qui ac­crochent ne sont pas pour vous dé­plaire. Voya­ger dans le pas­sé, c’est faire corps avec sa ma­chine, an­ti­ci­per cer­tains gestes, ne pas brus­quer la mé­ca­nique, re­trou­ver la dou­ceur d’an­tan et re­prendre le contrôle. Ne vous lais­sez plus gui­der par les ap­pli­ca­tions ! Un re­tour au plai­sir simple, brut, en un mot, libre, sans avoir le sen­ti­ment d’ou­tra­ger la pla­nète. Si vous ai­mez une conduite sans filtre, une cer­taine rus­ti­ci­té dans les rap­ports et le goût de la trans­gres­sion, les vieilles vous ouvrent les bras. Elles ne si­mulent pas. Elles se donnent sans comp­ter. Elles vous dis­tin­gue­ront sur­tout de la masse des au­to­mo­bi­listes ap­par­te­nant à la secte des hy­brides ou des SUV. Quel modèle choi­sir ? Quelle époque pri­vi­lé­gier ? Quel bud­get y consa­crer ? Technikart plonge dans l’opaque mar­ché de la col­lec­tion, des ba­by-boo­mers (voi­tures d’après-guerre) aux young­ti­mers (an­nées 80-90).

NE GRILLEZ PAS LES PRÉLIMINAIRES !

De­puis une dé­cen­nie, on se les ar­rache au mar­teau, elles af­folent les ventes aux en­chères in­ter­na­tio­nales et leur va­leur ne cesse de grim­per. Les voi­tures dites po­pu­laires n’échappent pas à cette in­fla­tion ta­ri­faire. Fer­ra­ri F40 ou Re­nault 4CV, même courbe ex­po­nen­tielle. Rap­pe­lons, d’abord, que sont consi­dé­rés « de col­lec­tion » les vé­hi­cules af­fi­chant 30 an­nées au comp­teur. Elles bé­né­fi­cient ain­si d’une carte grise spé­ci­fique, d’un es­pa­ce­ment du contrôle tech­nique et de contrats d’as­su­rance adap­tés se­lon votre mode d’uti­li­sa­tion. Au­jourd’hui, les mu­ni­ci­pa­li­tés tâ­tillonnes sur la qua­li­té de l’air leur ac­cordent tou­te­fois des fa­ci­li­tés de cir­cu­la­tion. Entre pré­ser­va­tion du pa­tri­moine et im­pé­ra­tifs en­vi­ron­ne­men­taux, la voie pour rou­ler dif­fé­rem­ment s’avère étroite, sur­tout en ville. Sur nos belles dé­par­te­men­tales, elles re­trouvent une san­té de fer. Les bour­si­co­teurs et les mar­chands ont peu à peu mis la main sur ce ju­teux bu­si­ness lais­sant les col­lec­tion­neurs pan­tois. La bonne af­faire n’a pas pour au­tant com­plè­te­ment dis­pa­ru. Avant l’acte d’achat, n’hé­si­tez pas à contac­ter les clubs et lire la presse spé­cia­li­sée. Dans cette ga­laxie-là, les pas­sion­nés ont l’es­prit par­ta­geur. Ils ne re­fusent ja­mais un coup de main. Les prix dé­marrent de quelques mil­liers d’eu­ros jus­qu’à at­teindre des sommes oni­riques. Nous ne com­pa­re­rons pas ici une 300 SL à portes pa­pillon des an­nées 50 à la Ci­troën GS de votre ta­ta à la cam­pagne. Le monde de la col­lec­tion est aus­si vaste que le cos­mos. Pour ne pas se perdre dans le dé­dale des mil­lé­simes, des marques ou vous abreuver de consi­dé­ra­tions tech­niques, nous avons li­mi­té notre re­cherche entre les an­nées 60 et la fin des an­nées 80. Notre prio­ri­té est al­lée aux voi­tures ori­gi­nales, fiables, à la nos­tal­gie com­mu­ni­ca­tive et ne dé­pas­sant pas la li­mite des 20 000 eu­ros. Pour en­core plus de clar­té, nous avons clas­sé ces vé­hi­cules en 5 ca­té­go­ries (pe­tit ga­ba­rit, ca­brio­let, ber­line haut de gamme, break et tout-ter­rain).

R4, SU­PER­STAR DES PARKINGS !

Au royaume des « pe­tites » voi­tures, les Fran­çaises sont reines. Les Mi­ni et autres Fiat 500, agui­cheuses par na­ture, font par­fois payer cher leurs bonnes grâces. De plus, elles né­ces­sitent des res­tau­ra­tions coû­teuses et un en­tre­tien ri­gou­reux. Sans vou­loir les of­fen­ser, au-de­là du pé­ri­phé­rique, elles perdent de leur at­trait, no­tam­ment sur nos na­tio­nales bor­dées de pla­tanes. En France, on sait faire dans le jo­li, le pra­tique et le re­la­ti­ve­ment ro­buste. L’hé­ri­tage de la Ci­troën 2CV ou de la Re­nault 4CV en ban­dou­lière nous rap­pelle que notre in­dus­trie a mo­to­ri­sé des mil­lions de foyers du­rant les Trente Glo­rieuses. Il en existe une qui fait fi­gure de lé­gende (pas seule­ment ur­baine). In­des­truc­tible et amu­sante, la 4L n’a ja­mais connu la crise. Cons­truite entre 1961 et 1992 à plus de 8 mil­lions d’exem­plaires, elle

conti­nue d’ar­pen­ter l’Hexa­gone sans mon­trer au­cun signe de fa­tigue. Les étu­diants du Raid 4L Tro­phy lui vouent une ad­mi­ra­tion sans borne. En 31 ans de com­mer­cia­li­sa­tion, elle n’a pas tel­le­ment mo­di­fié ses traits ex­té­rieurs. Sa bouille sym­pa­thique lui as­sure tou­jours au­tant de suc­cès. Si les pre­miers mil­lé­simes ou l’élé­gante ver­sion « pa­ri­sienne » ne se trouvent pas au pre­mier clic, les plus ré­centes sont lé­gion sur les sites d’oc­ca­sion à des prix dé­ri­soires. Op­tez pour une cou­leur criarde, le « orange » lui va à mer­veille !

FIAT X1/9, LA­TIN LOVER EN TE­NUE DIS­CO

Aux pre­miers rayons de so­leil, les dé­cou­vrables font fan­tas­mer les conduc­teurs. Les An­glais sont spé­cia­listes du genre. MG ou Triumph vous don­ne­ront un cô­té mi­net du Drug­store, très six­ties. Pull shet­land, de­sert-boots et car­net de chèques à pa­pa. Pour les bud­gets moins larges, la Golf ca­brio­let de pre­mière gé­né­ra­tion ou l’éter­nelle Coc­ci­nelle de­meurent des clas­siques du genre. Cô­té Fran­çaises, les an­nées 80 ont été pro­pices aux dé­cou­vrables. Tal­bot Sam­ba, Peu­geot 205 CTI et même la Vi­sa s’est dé­nu­dée ! En Ita­lie, rou­ler à ciel ou­vert est une se­conde na­ture. Les jo­lis spi­der Al­fa font mon­ter l’ad­di­tion. Technikart vous ai­guille plu­tôt vers la Fiat X1/9, étrange spi­der car­ros­sé par Ber­tone, pure créa­tion des se­ven­ties, ligne à la serpe, cou­leur pop-art et émeute lors des tra­ver­sées de vil­lages.

BMW SÉ­RIE 7, DEUTSCHE QUALITÄT

Vous dis­po­sez d’une en­ve­loppe au­tour des 10 000 eu­ros et vous vou­lez épa­ter la ga­le­rie en rou­lant dans une li­mou­sine. Les Ja­guar XJ6 vous in­quiètent (à juste titre), elles traînent une ré­pu­ta­tion dé­plo­rable de vamps. Ins­tables et dé­mo­niaques ! Ces cro­queuses de dots de­mandent du self­con­trol, pré­fé­rez donc une Al­le­mande. Contrai­re­ment aux ca­brio­lets ou aux cou­pés qui conservent une cote haute, les grosses ber­lines chutent pour at­teindre les prix d’une ci­ta­dine low-cost. At­ten­tion, ces voi­tures sou­vent per­fec­tion­nées ne sup­portent pas l’à-peu-près en ma­tière d’en­tre­tien. À ce­la, il faut ajou­ter des pièces oné­reuses. Ini­tia­le­ment conçues pour du­rer, ces di­vas de la route sont en­core ca­pables d’as­su­rer un ré­per­toire de haute vo­lée. Les Mer­cedes W116 ou 126 des an­nées 70-90 res­tent des va­leurs sûres, les Opel Se­na­tor sortent à peine du bois, mi­sez plu­tôt sur les BMW Sé­rie 7 E23 (1977-1986).

LA BENZ DES FA­MILLES

En col­lec­tion, les breaks prennent leur re­vanche sur les ber­lines. Plus confi­den­tiels, confi­nés à des tâches uti­li­taires, on les sno­bait par le pas­sé. Le temps joue dé­sor­mais en leur fa­veur. Les ama­teurs ne s’y trompent pas. En Eu­rope, les breaks Ci­troën DS sus­citent une im­mense fer­veur. Nos amis hol­lan­dais vont jus­qu’à se faire ta­touer le double che­vron en signe d’al­lé­geance à la marque. Aux États-Unis, le phé­no­mène a été amor­cé par l’en­goue­ment des « woo­dies », ces breaks en bois des an­nées 40-60 plus ru­ti­lants et éli­tistes qu’un ba­teau Ri­va. Vol­vo a réus­si à im­po­ser son my­thique 240 qui se ré­vèle un ex­cellent choix pour dé­bu­ter en an­cienne. Nous vous conseillons ce­pen­dant de cher­cher du cô­té de Stutt­gart. À la même époque, dans les an­nées 70, Mer­cedes-Benz a fa­bri­qué la Type 123. Si vous tom­bez sur un 280 TE en bel état, suc­com­bez im­mé­dia­te­ment à la ten­ta­tion !

MY RANGE IS RICH !

Un tout-ter­rain de col­lec­tion ? L’idée peut sem­bler sau­gre­nue. C’est ou­blier que les 4x4 pos­sèdent une longue et riche his­toire de­puis la Jeep du dé­bar­que­ment al­lié. Ils offrent des ap­ti­tudes de fran­chis­se­ment, du vo­lume de char­ge­ment et un look de ba­rou­deur très pri­sé. Leur seul dé­faut ré­side dans leur état de fa­tigue. Uti­li­sés jus­qu’à la li­mite dans des ré­gions mon­ta­gneuses, ils doivent re­pas­ser par la case ga­rage. Dans la jungle du hors-piste, les Mer­cedes Classe G et Toyota Land Crui­ser tiennent le haut du pa­vé. Les exo­tiques Jeep Che­ro­kee Chief ou Grand Wa­go­neer vous trans­por­te­ront dans l’Ame­ri­can way of life des 70’s. Plus proches de chez nous, la Ci­troën Mé­ha­ri, la Re­nault Ro­déo ou la très at­ta­chante Volks­wa­gen 181 ont de la res­source. Afin de conci­lier l’in­con­ci­liable, c’est-à-dire rou­ler sur le bi­tume sans se faire dou­bler par des cy­clistes et tra­ver­ser le Sa­ha­ra dans un ca­na­pé club, le Range Ro­ver met tout le monde d’ac­cord. La pre­mière gé­né­ra­tion qui a dé­bu­té sa car­rière en 1970 est la plus dé­si­rable. Avec son mo­teur V8 de 3,5 litres, elle re­don­ne­ra le sou­rire à votre pom­piste. Et si vous rê­viez d’en­dos­ser la pa­no­plie du gent­le­man-far­mer, à la ma­nière de Phi­lippe Noi­ret dans Un Taxi mauve, c’est l’An­glaise qu’il vous faut.

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