AVS sans poste, en­fants sans AVS

L’ac­com­pa­gne­ment des en­fants han­di­ca­pés est plus que ja­mais au coeur de cette ren­trée sco­laire.

Tendance Ouest Caen - - NORMANDIE -

Sur les ré­seaux so­ciaux et dans les mé­dias, les té­moi­gnages sont nom­breux au­tour du manque d’Auxi­liaire de vie sco­laire (AVS), en cette ren­trée sco­laire 2018. Fran­çois Bau­cher, pa­pa d’un en­fant au­tiste à Mon­ti­vil­liers ( Seine- Ma­ri­time), en est l’exemple. Ce père de fa­mille a dû ra­me­ner son fils à la mai­son le jour de la ren­trée, lun­di 3 sep­tembre, car il n’avait pas d’AVS dans sa classe.

Dans le même temps, les té­moi­gnages d’AVS ou d’AESH (Ac­com­pa­gnants des élèves en si­tua­tion de han­di­cap) sans af­fec­ta­tion ou avec des contrats ré­duits sont éga­le­ment nom­breux, d’où l’in­com­pré­hen­sion.

“C’est la ca­co­pho­nie”

“C’est un grand désar­roi”, com­mente Fran­çois-Xa­vier Du­rand, se­cré­taire dé­par­te­men­tal de la CGT Educ’ac­tion en Seine- Ma­ri­time. D’après lui, par rap­port à 2017, où 90 % des élèves avaient leurs AVS, cette an­née, “près de 70 % des élèves de­vant bé­né­fi­cier d’un AVS n’en ont pas. Cette an­née, c’est la ca­co­pho­nie, le ba­zar.” D’après l’académie de Rouen, sur l’an­née sco­laire 2017-2018, “près de 6 500 élèves sco­la­ri­sés en mi­lieu or­di­naire ont bé­né­fi­cié d’une aide hu­maine par un ac­com­pa­gnant ( AESH ou AVS), se­lon une quo­ti­té de temps ajus­tée à leur be­soin de com­pen­sa­tion”. Un nombre qui a aug­men­té cette an­née : “l’académie bé­né­fi­cie de 122 équi­va­lents temps plein d’ac­com­pa­gnants des élèves en si­tua­tion de han­di­cap (AESH) sup­plé­men­taires et nou­veaux à cette ren­trée sco­laire”. Ce sont les ser­vices de la di­rec­tion des ser­vices dé­par­te­men­taux de l’Édu­ca­tion na­tio­nale de la Seine-Ma­ri­time qui sont en charge du re­cru­te­ment et de l’af­fec­ta­tion des AESH et des AVS.

Condi­tions de re­cru­te­ment as­sou­plies

Dans un cour­rier, l’académie explique que “les condi­tions de re­cru­te­ment ont été as­sou­plies, par dé­cret, de ma­nière à per­mettre la mo­bi­li­sa­tion des res­sources dis­po­nibles tout en veillant à la qua­li­té de l’ac­com­pa­gne­ment des élèves”.

Un re­cru­te­ment qui peut prendre du temps car il “né­ces­site une at­ten­tion par­ti­cu­lière des ser­vices de l’Édu­ca­tion na­tio­nale au re­gard des be­soins in­di­vi­duels de chaque élève et de la si­tua­tion per­son­nelle de l’ac­com­pa­gnant”, sou­ligne l’académie qui rap­pelle que “la prio­ri­té des ser­vices aca­dé­miques est bien d’af­fec­ter un ac­com­pa­gnant au­près de chaque élève en si­tua­tion de han­di­cap dans les meilleurs dé­lais”.

Noé­mie Lair

Pour beau­coup de pa­rents d’en­fants han­di­ca­pés, la ren­trée sco­laire a été sy­no­nyme de “ca­co­pho­nie”. Pho­to d’illus­tra­tion

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