La pra­tique du free-ride ban­nie de la fo­rêt

EN­VI­RON­NE­MENT. Les adeptes du free-ride n’ont plus le droit de ci­té en fo­rêt. C’est ce qui res­sort d’un com­mu­ni­qué dif­fu­sé de­puis quelques se­maines par l’of­fice na­tio­nal des fo­rêts. Cette pra­tique très acro­ba­tique du VTT nui­rait à l’en­vi­ron­ne­ment. Pour

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Très mince, grande, le vi­sage creu­sé, les che­veux en ba­taille, Nao­mi ap­pa­raît dans le box du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Ver­sailles. Ou plu­tôt, elle y re­ve­nait. La jus­tice avait dé­jà eu maille à par­tir avec elle, le 5 sep­tembre der­nier pour une his­toire tout à fait ex­cep­tion­nelle ( lire ci­contre). Ce jeu­di 22 dé­cembre, elle de­vait ré­pondre de faits tout aus­si éton­nants.

Cette femme de 36 ans, gé­rante d’une so­cié­té qui ne fonc­tionne plus de­puis 2008, doit ré­pondre d’une his­toire re­mon­tant au 24 sep­tembre. Ce sa­me­di-là, elle se se­rait ren­due à Boisd’ar­cy, chez son ex-pe­tit ami. Elle au­rait vou­lu ré­cu­pé­rer des af­faires. « Elle a ra­con­té que quel­qu’un au­rait sur­gi. Cette per­sonne l’au­rait at­ta­chée avec trois liens en plas­tique. Il au­rait en­suite mis le feu à l’ap­par­te­ment. Elle af­firme avoir réus­si à se li­bé­rer pour aler­ter les se­cours. Or plu­sieurs élé­ments laissent à pen­ser qu’elle au­rait men­ti. En pre­mier lieu, seuls deux des trois liens ont été re­trou­vés. Et puis ces dé­cla­ra­tions ont été floues, voir dis­so­nantes, rap­porte une source proche du dos­sier. Elle n’ar­rive pas non plus à ex­pli­quer pour­quoi les en­quê­teurs ont re­trou­vé au­près d’elle des do­cu­ments et pa­piers d’iden­ti­té vo­lés dans un train quelques mois

Le 5 sep­tembre der­nier, Nao­mi avait éco­pé de six mois de pri­son ferme avec une in­ter­dic­tion de gé­rer une so­cié­té du­rant cinq ans. La jus­tice lui re­pro­chait alors d’avoir ten­té de vendre une mai­son ap­par­te­nant à l’am­bas­sade de So­ma­lie. Et ce, sans au­cun ordre de cette der­nière. L’im­po­sante bâ­tisse, aban­don­née de­puis une quin­zaine d’an­nées, si­tuée sur le bou­le­vard des États-unis au Vé­si­net, était es­ti­mée à plus de 2,6 mil­lions d’eu­ros.

C’est en oc­tobre 2015 que l’af­faire avait été dé­cou­verte. Alors qu’il al­lait va­li­der la vente, un no­taire avait con­tac­té l’am­bas­sade de So­ma­lie pour vé­ri­fier le man­dat de Nao­mi. Elle n’en avait pas. La po­lice avait été im­mé­dia­te­ment avi­sée de la si­tua­tion.

Les en­quê­teurs avaient alors dé­cou­vert que la tren­te­naire avait en­ga­gé des tra­vaux au­tour de la mai­son, trois mois au­pa­ra­vant. Sans au­to­ri­sa­tion. Elle avait fait cou­per les arbres. Elle avait de­man­dé à des ou­vriers de net­toyer l’in­té­rieur. Elle était même al­lée jus­qu’à pas­ser une an­nonce dans une agence im­mo­bi­lière pour vendre le bien en lais­sant ses co­or­don­nées ban­caires.

Lors de son pro­cès, Nao­mi avait af­fir­mé qu’un homme lui avait confié cette mis­sion. Ils se se­raient ren­con­trés dans un hô­tel pa­ri­sien, lui af­fir­mant être le pre­mier se­cré­taire de l’am­bas­sade. N’ayant pas beau­coup de temps, le di­plo­mate lui au­rait même de­man­dé de fa­bri­quer elle-même un pou­voir. « Je ne voulais vo­ler per­sonne, af­fir­me­ra-t-elle. J’étais mo­ti­vée par ce pro­jet car je gé­rais une so­cié­té spé­cia­li­sée dans la re­mise en état des mai­sons dé­la­brées » . Seule­ment, le mys­té­rieux se­cré­taire n’a pas été re­trou­vé, ni au­cun lien vers lui comme des cour­riers, un nu­mé­ro de té­lé­phone, des mails.

Lors de son ar­res­ta­tion, les po­li­ciers avaient re­trou­vé sur elle une fausse carte de presse et une fausse carte d’han­di­ca­pée.

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