L’ave­nir du site ar­chéo­lo­gique se des­sine

Toutes les Nouvelles (Rambouillet / Chevreuse) - - La Une - Ly­siane Ro­bin

Dé­fi­nir l’ave­nir du site ar­chéo­lo­gique Dio­du­rum-ithe. C’était le su­jet d’une réunion-dé­bat or­ga­ni­sée en dé­cembre par Mi­chel Re­cous­sines, maire de Mé­ré et pré­sident de l’ap­sad (As­so­cia­tion pour la pro­mo­tion du site ar­chéo­lo­gique de Dio­du­rum).

Sté­phane Des­champs, le nou­veau conser­va­teur ar­chéo­lo­gique ré­gio­nal était l’in­vi­té d’hon­neur. Dans la salle de la mai­rie pleine à cra­quer avaient pris place les élus des com­munes adhé­rentes à l’ap­sad, le pré­sident du Parc na­tu­rel ré­gio­nal, des as­so­cia­tions pro­tec­trices du pa­tri­moine, des étu­diants ou de simples amou­reux de l’ar­chéo­lo­gie.

Mais d’abord un peu d’his­toire. La ci­té an­tique de Dio­du­rum ou Ci­té des Dieux a été iden­ti­fiée au siècle der­nier dans la val­lée de la Mauldre sur les com­munes de Jouars-pont­char­train et du Trem­blay-surMauldre. Elle se si­tuait au car­re­four de plu­sieurs voies ro­maines. « Les fouilles, réa­li­sées lors des tra­vaux de dé­via­tion de la RN12 de 1994 à 1998 ont mis à jour des ri­chesses ex­cep­tion­nelles : des sanc­tuaires, des théâtres, des thermes, des né­cro­poles, du mo­bi­lier et des sculp­tures » , a dé­cla­ré en pré­am­bule Oli­vier Blin, ar­chi­tecte-ar­chéo­logue à l’in­rap (Ins­ti­tut na­tio­nal de re­cherches ar­chéo­lo­giques pré­ven­tives) et di­rec­teur scien­ti­fique de l’ap­sad. « Sur ce site existe un autre joyau : la ferme cis­ter­cienne d’ithe qui ap­par­te­nait à l’ab­baye des Vaux-de-cer­nay si­tuée à 20 km. Les bâ­ti­ments ont connu une oc­cu­pa­tion conti­nue jus­qu’au mi­lieu du XXE siècle puis ont été lais­sés à l’aban­don. De­puis 2003 des fouilles sont or­ga­ni­sées chaque an­née sur les ruines du site et de­puis 2005 la cha­pelle du XVIIIE siècle fait l’ob­jet d’une res­tau­ra­tion. C’est pour tra­vailler sur le site et le pro­té­ger, qu’en 2002, Ma­rieLaure Ro­quelle, alors maire de Jouars-pont­char­train a pro- po­sé la créa­tion de l’ap­sad. À ce jour neuf com­munes y sont rat­ta­chées : Jouars-pont­char­train, Neauphle-le-châ­teau, Neauphle-le-vieux, Ba­zo­ches­sur-guyonne, Mé­ré, Mont­fort l’amau­ry, Saint-re­my l’ho­no­ré, Les Mes­nuls et Le Trem­blay-sur-mauldre. C’est une ex­cel­lente ini­tia­tive car à ce jour nous n’avons ex­plo­ré que 3 ha sur les 40 exis­tants. Nous pré­voyons des tra­vaux sur le long terme, c’est pour­quoi nous ré­flé­chis­sons à l’ave­nir avec le conser­va­teur ré­gio­nal ve­nu au­jourd’hui échan­ger avec nous à ce su­jet. »

Bien­tôt un centre d’in­ter­pré­ta­tion du pa­tri­moine ?

Sté­phane Des­champs a dé- cla­ré avoir été fort im­pres­sion­né par la qua­li­té du site qu’il a vi­si­té cet été. Puis il a dé­taillé ses pro­po­si­tions de sou­tien avec trois axes ma­jeurs.

- La re­cherche :

« La conti­nui­té d’oc­cu­pa­tion du site est frap­pante. Elle va de l’âge de fer au Moyen-âge et même au de­là avec la ferme d’ithe. Vos dé­cou­vertes sont im­por­tantes mais on peut al­ler au- de­là en vous ai­dant en ma­tière de pros­pec­tions géo­phy­siques par exemple, grâce aux cré­dits re­cherches de la Drac (Di­rec­tion Ré­gio­nale des Af­faires cultu­relles) » , a ex­pli­qué le conser­va­teur. - La for­ma­tion: « L’im­pli­ca­tion des sco­laires sur votre site est for­mi­dable. L’en­sei­gne­ment de l’his­toire est dif­fi­cile de nos jours. L’ar­chéo­lo­gie c’est vé­ri­ta­ble­ment l’his­toire en marche. C’est une autre fa­çon d’ap­pré­hen­der le pas­sé qui de­vient concret pour les en­fants. Bra­vo aus­si pour vos chan­tiers-écoles en lien avec les uni­ver­si­tés pa­ri­siennes ou l’école des Chartes. »

- La va­lo­ri­sa­tion du site. Le nou­veau conser­va­teur a in­di­qué que les jour­nées portes ou­vertes confirment l’en­goue­ment du pu­blic pour l’ar­chéo­lo­gie.

« Ce n’est plus une vieille dame pous­sié­reuse. Elle met en jeu de nou­velles tech­no­lo­gies (la­ser 3D, drones). C’est pour­quoi plu­tôt qu’un mu­sée fi­gé, coû­teux, je vous en­cou­rage à dé­ve­lop­per sur votre site un centre d’in­ter­pré­ta­tion du pa­tri­moine an­cré dans le ter­ri­toire. Là en­core les ser­vices de la Drac sont prêts à vous ai­der pour le ca­hier des charges et l’étude du pro­jet » , a pré­ci­sé Sté­phane Des­champs.

Place au dé­bat

Ma­rie-laure Ro­quelle, fon­da­trice de l’ap­sad, a in­di­qué que l’as­so­cia­tion n’était pas pro­prié­taire des ter­rains sur la­quelle est si­tuée la ferme d’ithe. Le bail payé tous les ans coûte cher et son échéance peut po­ser des pro­blèmes à terme.

« L’état ou l’as­so­cia­tion peuvent-ils ra­che­ter les ter­rains? Pou­vons-nous ob­te­nir des aides ? Nous sommes des pe­tites com­munes avec peu de res­sources. »

Le conser­va­teur a ré­pon­du que des aides fi­nan­cières pou­vaient être ac­cor­dées au titre des ré­serves ar­chéo­lo­giques.

L’as­so­cia­tion Rem­parts a ci­té deux centres d’in­ter­pré­ta­tion dont l’ap­sad peut se rap­pro­cher pour des conseils. L’un exis­tant dé­jà à Brie-comte-ro­bert, l’autre en cours de créa­tion à Cha­teau­bleau en Seine- etMarne sur un site gal­lo-ro­main en mi­lieu ru­ral, comme le Dio­du­rum. Cette sug­ges­tion a été ap­prou­vée par le conser­va­teur. Re­bon­dis­sant sur cette évo­ca­tion d’un centre d’in­ter­pré­ta­tion Oli­vier Blin et Yves Van­de­walle, le pré­sident du Parc na­tu­rel ré­gio­nal, ont in­di­qué que ce centre pour­rait dé­ve­lop­per le po­ten­tiel tou­ris­tique du dé­par­te­ment.

Le nou­veau conser­va­teur a loué les as­so­cia­tions en charge du site pour les ef­forts pour l’im­pli­ca­tion des sco­laires et des étu­diants sur les chan­tiers.

Le pu­blic est ve­nu en nombre pour échan­ger avec le nou­veau conser­va­teur ar­chéo­lo­gique ré­gio­nal sur l’ave­nir du site du Dio­du­rum.

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