Re­dé­cou­vrez le vil­lage en 1900

La ville de Che­vreuse a te­nu un rôle cen­tral au dé­but du XXE siècle. Re­tour en images, grâce aux cartes pos­tales de Fran­çois Roche et au tra­vail de l’as­so­cia­tion Mé­moire de Che­vreuse, sur la ville. Voi­ci à quoi res­sem­blait la ville au dé­but du XXE siècle.

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Contrai­re­ment à de nom­breuses ré­gions, ce n’est pas la ri­vière Yvette qui a don­né son nom à la val­lée où elle coule mais la ville centre : Che­vreuse. C’est dire l’im­por­tance de la com­mune dans le pay­sage des Yve­lines. Au­jourd’hui, grâce aux cartes pos­tales col­lec­tées par Fran­çois Roche, Les Nou­velles vous pro­posent de dé­cou­vrir à quoi res­sem­blait Che­vreuse au dé­but du XXE siècle.

« La ville de Che­vreuse est en­core à peu près au­jourd’hui ce qu’elle était dans les siècles pré­cé­dents (…) avec ses rues étroites plus ou moins es­car­pées et ses ruelles tor­tueuses » , dé­crit Charles Gen­ty, ins­ti­tu­teur à Che­vreuse entre 1889 et 1908. En 1899, le mi­nis­tère de l’ins­truc­tion pu­blique de­mande en ef­fet aux en­sei­gnants d’écrire une mo­no­gra­phie sur leur ville ou vil­lage en vue d’une pré­sen­ta­tion à l’ex­po­si­tion uni­ver­selle de Pa­ris en 1900. En 2004, l’as­so­cia­tion

Mé­moire de Che­vreuse a re­dé­cou­vert cet ou­vrage.

Les fleurs ven­dues à Pa­ris

Ain­si l’on dé­couvre qu’en 1899, Che­vreuse est peu­plée de 1 813 ha­bi­tants, qui oc­cupent 1 312 hec­tares. Chef- lieu de can­ton de l’ar­ron­dis­se­ment de Ram­bouillet, la ville est dé­jà bien rac­cor­dée aux lo­ca­li­tés voi­sines no­tam­ment par des om­ni­bus. Charles Gen­ty note tout de même qu’elle at­tend « l’éta­blis­se­ment d’un che­min de fer » , pro­jet qui n’abou­ti­ra ja­mais. « Il y a à Che­vreuse un bu­reau de poste, un bu­reau té­lé­gra­phique et un ser­vice té­lé­pho­nique. On y trouve aus­si une So­cié­té de se­cours mu­tuels, une gen­dar­me­rie et une suc­cur­sale de la Caisse d’épargne de Ram­bouillet », dé­taille l’ins­ti­tu­teur.

« La po­pu­la­tion de Che­vreuse est agri­cole, com­mer­çante et in­dus­trielle » , écri­til. La scie­rie, une tan­ne­rie et une usine à gaz em­ploient un

grand nombre d’ou­vriers. « La culture des fleurs était une ac­ti­vi­té im­por­tante à Che­vreuse jus­qu’à la moi­tié du XXE siècle » , pré­cisent les his­to­riens de Mé­moire de Che­vreuse. À la belle saison, les ma­raî­chers al­laient vendre leur pro­duc­tion di­rec­te­ment à Pa­ris.

Au dé­but du XXE siècle, le châ­teau de la Ma­de­leine ap­par­tient au duc de Luynes (pro­prié­taire du châ­teau de Dam­pierre) qui l’a ache­té 15 000 francs en 1853. Ce n’est qu’en 1981 qu’il pas­se­ra dans les mains du Dé­par- te­ment et il de­vien­dra le siège du Parc na­tu­rel ré­gio­nal.

100 éco­liers

L’hos­pice - qui de­vien­dra hô­pi­tal ru­ral - a été trans­fé­ré dans un nou­veau bâ­ti­ment à l’ouest de la ville. Il contient 26 lits pour les « mal­heu­reux et 25 pour les vieillards .»

En­fin, Charles Gen­ty évoque lon­gue­ment l’école. En 1899, il y a en­vi­ron une cen­taine d’éco­liers à Che­vreuse. En 10 ans, 88 élèves ont ob­te­nu leur cer­ti­fi

cat d’études. « Le ma­té­riel de l’école est com­po­sé de tables à deux places dans les deux pre­mières classes et de vieilles tables à cinq places dans la troi­sième » , pré­cise l’ins­ti­tu­teur.

Ajou­tant « en somme, l’école est bien ou­tillée »

Sur les bords de l’yvette, jus­qu’au XIXE siècle étaient ins­tal­lées quinze tan­ne­ries. Au­jourd’hui la pro­me­nade des pe­tits ponts a été amé­na­gée. Seul sub­siste de cette époque le Sé­choir à peaux de­ve­nu une salle d’ex­po­si­tion. C’est entre la butte de Haut­vil­liers au Nord au­tre­fois plan­tée en vignes et où se dresse la sil­houette du châ­teau de la Ma­de­leine et la ri­vière au Sud que la ville s’est contruite. Au­jourd’hui ce pa­no­ra­ma est tou­jours pré­ser­vé. Route de Ram­bouillet. Au loin, l’église Saint-mar­tin et le châ­teau de La Ma­de­leine. Place des halles. De forme tri­an­gu­laire, la place est si­tuée sur l’an­cienne tra­verse prin­ci­pale de la ville (rues de Pa­ris et de Ver­sailles) au centre de Che­vreuse. La halle cou­verte a été dé­mo­lie en 1793. Au dé­but du XXE siècle, elle est en­core oc­cu­pée par des mar­chands de vin et des bou­chers. En 1883 ouvre, à l’ac­tuel 71 rue de la Di­vi­sion-le­clerc, un ma­ga­sin de nou­veau­tés. En 1911, il de­vient le Ba­zar de Che­vreuse, nom qu’il gar­de­ra jus­qu’en 1981. Sur cette pho­to da­tant de 1913, on peut voir à l’ac­tuel 2 rue de la Di­vi­sion-le­clerc, le ca­fé de l’es­pé­rance. Il est au­jourd’hui en­core un res­tau­rant L’1pré­vu.

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