Les rou­tiers mo­bi­li­sés contre la loi Tra­vail

Toutes les Nouvelles (Versailles / Saint-Quentin-en-Yvelines) - - L’actu Du Département - Phi­lippe Co­hen

Les rou­tiers ne veulent pas des or­don­nances ré­for­mant le code du tra­vail. Et leur co­lère s’est ma­ni­fes­tée par le blo­cage de plu­sieurs sites lun­di ma­tin, un peu par­tout en France, à l’ap­pel de FO et de la CGT.

« Les or­don­nances, c’est pour les phar­ma­ciens »

Par­mi eux, le dé­pôt de car­bu­rant de Coignières, dont la zone lo­gis­tique a été blo­quée dès 3h30 par des mi­li­tants Unef, FO, CGT, Sud et CNT.

Une qua­ran­taine de ma­ni­fes­tants avaient ins­tal­lé un bar­rage fil­trant à l’en­trée de la Raf­fi­ne­rie du Mi­di, qui ap­pro­vi­sionne quelque 2 000 sta­tions (es­sen­tiel­le­ment To­tal, Shell ou en­core Avia).

« Les or­don­nances c’est

Le mou­ve­ment de grogne des rou­tiers contre la ré­forme du tra­vail a en­traî­né le blo­cage du dé­pôt pé­tro­lier de Coignières, lun­di ma­tin. Des as­sem­blées gé­né­rales pour dé­ci­der de la re­con­duc­tion de la grève étaient pré­vues ce même jour.

Il court tou­jours dans les bois de Ram­bouillet, de l’es­sonne et d’eure-et-loir, mais l’ani­mal qui sème le trouble de­puis un an semble avoir été iden­ti­fié. A la suite d’une en­quête de ter­rain, l’as­so­cia­tion le Sui­vi du loup en Ile-de-france est même re­mon­tée jus­qu’aux per­sonnes qui sont les pro­prié­taires d’un chien tché­co­slo­vaque, res­sem­blant à s’y mé­prendre à un loup. Ce der­nier a fu­gué de­puis un vil­lage de l’es­sonne plus d’un an. Nicolas Le­port, uni­ver­si­taire en bio­di­ver­si­té à Or­say qui a étu­dié le loup en Rus­sie no­tam­ment a col­lec­té de nom­breux té­moi­gnages qui lui ont per­mis de re­mon­ter la piste. Il ra­conte :

« Voi­là un an dé­jà qu’un chien-loup tché­co­slo­vaque s’est en­fui du do­mi­cile de ses maîtres, pré­ci­sé­ment dans l’es­sonne. De­puis sa fugue, l’ani­mal est aper­çu à proxi­mi­té de son do­mi­cile entre la N104 et jus­qu’à Breuillet tou­jours dans l’es­sonne (zone rouge sur la carte). Ce­pen­dant ses maîtres ne par­viennent ja­mais à le ré­cu­pé­rer. Le chien-loup peut sur­vivre dans la na­ture. Il n’est pas rare de trou­ver sur le net des vi­déos d’un che­vreuil tra­qué et consom­mé par un chien-loup par exemple.

Le corps du chien n’a ja­mais été re­trou­vé de­puis. Il n’y a donc pas de preuve qu’il soit mort. S’il ne l’est pas, il doit alors avoir de­puis une ap­pa­rence et un comportement sau­vage. Le poil est éga­le­ment et né­ces­sai­re­ment plus sale que lors­qu’il était do­mes­tique. »

Le 5 dé­cembre 2016, deux dames à che­val ont vu, mar­cher vers elle puis s’en­fuir, ce qui est « cer­tai­ne­ment un loup », disent-elles, en mi­lieu de jour­née. Coïn­ci­dence ou non, nous sommes à Bois­sy-sous-saint-yon, entre Breuillet et la N104, tou­jours à proxi­mi­té du do­mi­cile du fu­gueur. Le ca­rac­tère crain­tif est une ca­rac­té­ris­tique cou­rante chez le chien-loup comme chez le loup. Ce­pen­dant, un loup au­ra ten­dance à être plus dis­cret qu’un chien-loup. Il évi­te­ra no­tam­ment de se dé­pla­cer en pleine jour­née, à proxi­mi­té d’une route fré­quen­tée et d’ha­bi­ta­tions.

Dans la nuit du 14 au 15 Dé­cembre 2016, l’ani­mal est vu de nuit à Mar­cous­sis. À proxi­mi­té di­recte de la N104, confie un té­moin à l’as­so­cia­tion. « Une fois en­core, un loup évi­te­ra de se pro­me­ner au coeur d’une ville même de nuit », sou­ligne l’as­so­cia­tion.

Le 21 fé­vrier, un peu plus d’un mois plus tard un pou­lain est re­trou­vé consom­mé à proxi­mi­té de Dour­dan. L’équin ve­nait de naître. « On sup­pose qu’il se­rait mort-né. A la nais­sance, les pou­lains ne peuvent ré­gu­ler leur tem­pé­ra­ture. Pour­tant nous étions en fé­vrier. Mois qui, en ré­gion pa­ri­sienne, n’est pas le plus clé­ment. Loin de là. Même s’il n’y a pas de preuve que l’ani­mal est été tué par un ca­ni­dé, il est cer­tain qu’il a été consom­mé par un grand chien ou un loup. »

Entre le 13 et le 23 mars, un éle­veur si­tué à proxi­mi­té d’an­ger­ville (28) su­bit trois attaques sur ses bo­vins sans que l’ani­mal ne tue les ani­maux. « Des em­preintes d’un grand ca­ni­dé sont re­trou­vées. » Un peu plus au nord, un che­vreuil est re­trou­vé tué.

Mais le tour­nant de cette en­quête est une sur­pre­nante pho­to prise d’un ani­mal au mi­lieu d’un champ dans la Beauce que nous avons pu voir sans pou­voir l’ex­ploi­ter. Elle a été pu­bliée sur Twit­ter. Elle a été prise lé­gè­re­ment plus au Nord. À moins de 10km d’an­ger­ville. Pour un oeil non ex­pert, le ca­ni­dé à l’ap­pa­rence d’un loup. « Il est alors iden­ti­fié comme un loup par dif­fé­rents ri­ve­rains et il faut l’ex­per­tise de connais­seurs pour ex­pli­quer qu’il s’agisse bien d’un chien­loup tché­co­slo­vaque. » Les oreilles plus longues et le masque blanc sont des ca­rac­té­ris­tiques du chien-loup et non du loup. Mu­ni de cette pho­to, Nicolas Le­port a mon­tré celle-ci à un couple de l’es­sonne qui avait per­du son chien-loup : « Et ils l’ont re­con­nu. J’ai éga­le­ment mon­tré cette pho­to­gra­phie à dif­fé­rents pos­ses­seurs et connais­seur de cette race de chiens-loups et ils sont una­nimes. Il s’agit du même ani­mal. La seule dif­fé­rence, c’est qu’il est dé­sor­mais sale et qu’une oreille semble cou­pée. Cer­tai­ne­ment une bles­sure due à son nou­vel en­vi­ron­ne­ment sau­vage. »

L’as­so­cia­tion pense alors que l’ani­mal a pour­sui­vi son pé­riple vers le nord et pour­rait être à l’ori­gine des attaques dans la ré­gion de Mont­fort.

Ici, même, la fédération de la chasse s’était dé­pla­cée et avait fait faire des ana­lyses. « Elles montrent à 99 % qu’il s’agit d’un grand ca­ni­dé, pas d’un loup » nous avait ex­pli­qué la fédération des chas­seurs d’ile-de-france.

Si l’iden­ti­fi­ca­tion est faite pour l’as­so­cia­tion, le pro­blème n’est pas ré­so­lu : « La si­tua­tion dans la­quelle nous nous trou­vons alors pré­sente dif­fé­rents sou­cis. Dé­jà, ce chien-loup a fait su­bir de nom­breux dé­gâts aux ani­maux do­mes­tiques. La plu­part sont ré­per­to­riés ici mais il se­rait au moins éga­le­ment ques­tions de pou­laillers qui au­raient été vi­si­tés du­rant ces deux an­nées. Tant qu’on ne l’a pas re­trou­vé, on ne peut pas ima­gi­ner que ces dé­gâts s’ar­rêtent. Les pertes peuvent se comp­ter en mil­liers d’eu­ros pour des éle­veurs dont tout le monde connaît les condi­tions par­fois dé­jà dif­fi­ciles d’exer­cice. Au-de­là de la ques­tion fi­nan­cière, les éle­veurs sont éga­le­ment le plus sou­vent très at­ta­chés à leurs ani­maux.

De plus, on ignore si cet ani­mal peut être de­ve­nu dan­ge­reux pour l’homme. Par ailleurs, ce chien n’est pas sté­ri­li­sé et peut très bien s’ac­cou­pler avec d’autres fu­gueurs. Ils mul­ti­plie­raient alors les risques et les dé­gâts là où ils vi­vront.

En­fin, le loup est ame­né à re­peu­pler le ter­ri­toire fran­çais dans les an­nées à ve­nir et l’on peut ima­gi­ner qu’il re­co­lo­nise la ré­gion pa­ri­sienne. De­puis cette sé­rie d’attaques, la si­tua­tion est ten­due avant même qu’il ait ef­fec­tué son re­tour. Des ru­meurs se sont pro­pa­gées, dont la der­nière. La bête se­rait se­lon cer­taines sources sans fon­de­ments un hy­bride is­su du croi­se­ment sau­vage entre un vrai loup et un chien. Cette ru­meur est par­ti­cu­liè­re­ment po­pu­laire chez les éle­veurs et elle a quelque chose de pra­tique pour ceux qui vou­draient la fin de ce pré­da­teur. Le loup, le chien et le chien-loup sont pro­té­gés et ne peuvent être tués que dans cer­taines condi­tions pré­cises. Ce n’est pas le cas des hy­brides qui doivent être abat­tus si tôt qu’ils sont trou­vés. »

Comme le chien-loup court tou­jours, l’as­so­cia­tion s’est don­née comme mis­sion : « De vé­ri­fier qu’il n’y a pas eu re­pro­duc­tion via ta­nière et de cap­tu­rer l’ani­mal avant qu’il ne fasse plus de dé­gâts et soit abat­tus. S’il est tou­jours vi­vant et que c’est bien lui, la puce qu’il porte nous per­met­tra de le sa­voir de ma­nière cer­taine. »

Chien-loup tché­co­slo­vaque en fugue Un pou­lain consom­mé Une pho­to dans la Beauce Le re­trou­ver

Les ca­mions-ci­ternes ont de nou­veau pu ré­ap­pro­vi­sion­ner le dé­pôt pé­tro­lier de Coignières aux alen­tours de 10h, lun­di ma­tin. Le site avait été blo­qué dès l’aube par des ma­ni­fes­tants hos­tiles aux or­don­nances ré­for­mant le code du tra­vail. Jo­sé Teixei­ra s’est

Une pho­to du chien-loup dans un champ dans la Beauce cir­cule sur Ies ré­seaux so­ciaux. En voi­ci une capture d’écran. (DR). L’as­so­cia­tion Le Sui­vi du loup a re­tra­cé le par­cours du chien-loup avec pré­ci­sion.

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