Jo­sé, mort vi­vant, tente de res­sus­ci­ter

Toutes les Nouvelles (Versailles / Saint-Quentin-en-Yvelines) - - L’actu Du Département - Em­ma­nuel Fèvre

Pour la Sé­cu­ri­té so­ciale, Jo­sé Teixei­ra-vaz-fer­nan­do, 58 ans, est mort fin août. C’est ce qui lui a été an­non­cé au gui­chet de la Sé­cu­ri­té so­ciale à Trappes dé­but sep­tembre et confir­mé par un cour­rier re­çu quelques jours plus tard à son do­mi­cile. « Nous ve­nons d’ap­prendre le dé­cès de Mr Teixei­ra. Dans cette épreuve, l’as­su­rance-ma­la­die sou­haite vous té­moi­gner son sou­tien », dit le cour­rier de la Sé­cu.

Est joint dans l’en­ve­loppe un dé­pliant ex­pli­quant les dé­marches à en­tre­prendre, avec le for­mu­laire de de­mande du ca­pi­tal dé­cès.

Sauf que Jo­sé est bien vi­vant ! Tou­jours as­si­du à son tra­vail de mé­ca­ni­cien mo­tos chez les Cycles Jac­quot, rue Car­not à Ver­sailles, où il tra­vaille de­puis 22 ans.

« Fin août, en al­lant cher­cher comme d’ha­bi­tude mes mé­di­ca­ments chez mon phar­ma­cien place Hoche, ma carte Vi­tale s’est trou­vée blo­quée. Le com­mer­çant m’a don­né les mé­di­ca­ments et je suis al­lé à la Sé­cu­ri­té so­ciale de Trappes où j’ha­bite, pen­sant que ma carte était juste un peu abî­mée », confie Jo­sé.

Sur place, l’agent un peu gê­né de­mande une pièce d’iden­ti­té, la carte de mu­tuelle, va consul­ter son su­pé­rieur et met du temps à an­non­cer ce qui est ins­crit sur son dos­sier, ma­ni­fes­te­ment peu ha­bi­tué à voir les per­sonnes dé­cé­dées se pré­sen­ter à son bu­reau.

« Je suis re­ve­nu avec un bul­le­tin de salaire, un li­vret de fa­mille, un acte de nais­sance et il m’a fal­lu al­ler à la mai­rie de Trappes de­man­der un cer­ti­fi­cat de vie. L’agent a mis du temps à trou­ver le for­mu­laire (re­la­tif au dé­cret 1277-2000, du 26 dé­cembre 2000), c’était la pre­mière fois qu’il rem­plis­sait un tel do­cu­ment », pour­suit Jo­sé.

Si l’homme s’en amuse, il rit tout de même un peu jaune d’une si­tua­tion qui l’oblige dé­sor­mais à payer ses mé­di­ca­ments et ce, pour une du­rée in­dé­ter­mi­née. « C’est une cin­quan­taine d’eu­ros chaque mois, au­quels il faut ajou­ter éven­tuel­le­ment les ren­dez-vous chez le mé­de­cin et les prises de sang. J’ai ar­rê­té les séances chez le ki­né, ça com­men­çait à faire un peu cher », ajoute Jo­sé, un peu dé­pi­té.

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