AU PA­LAIS DE JUS­TICE

Toutes les Nouvelles (Versailles / Saint-Quentin-en-Yvelines) - - Faits Divers - F. Des­serre

VÉLIZY-VILLACOUBLAY

Frap­pé, il chute lour­de­ment dans l’es­ca­la­tor Ali n’avait ja­mais connu le tri­bu­nal de sa vie. Pour sa pre­mière, il a sen­ti tout le poids de la jus­tice. Pri­mo-dé­lin­quant, il a pour­tant éco­pé de six mois de dé­ten­tion à Bois-d’ar­cy. Il lui a été in­ter­dit de se rendre au centre com­mer­cial de Vélizy 2 pen­dant trois ans.

L’af­faire re­monte au mois de juillet 2017. Cet après-mi­di-là, Ali et un ami sont dans les al­lées com­mer­ciales. Il af­firme avoir été trai­té de « sale bou­gnoule » par un homme. Sur les ca­mé­ras, on voit Ali lui dé­co­cher un violent coup de poing. Le pro­blème est que l’autre client est en haut des es­ca­la­tors. Il perd l’équi­libre, roule sur les marches de fer. Bi­lan : une frac­ture au­tour de l’oeil, une opé­ra­tion pour lui em­pê­cher de perdre la vue. Il bé­né­fi­cie­ra de 28 jours d’in­ca­pa­ci­té de tra­vail. Lors du pro­cès, le 22 sep­tembre, Ali a confir­mé avoir été in­ju­rié. La par­tie ci­vile a nié. « Je ve­nais juste ache­ter un ca­deau pour ma mère. »

VER­SAILLES

37 000 eu­ros dé­ro­bés aux ser­vices pu­blics Un res­sor­tis­sant sé­né­ga­lais de 56 ans a éco­pé de six mois de pri­son avec in­car­cé­ra­tion im­mé­diate. À sa sor­tie, il se­ra ex­pul­sé du ter­ri­toire et ne pour­ra y re­ve­nir avant trois ans. Lors de son pro­cès, ce ven­dre­di 22 sep­tembre, il a re­con­nu avoir es­cro­qué l’état en touchant des aides. Amar avait uti­li­sé le pas­se­port de son dé­funt frère au­près du Pôle em­ploi, de la Caisse pri­maire d’as­su­rance ma­la­die ou en­core du conseil dé­par­te­men­tal. Ce­la lui avait per­mis d’ob­te­nir près de 37 000 eu­ros en six ans. « Je l’ai fait à cause d’une grande pau­vre­té », a sou­te­nu l’in­di­vi­du, dé­non­cé par un membre de sa fa­mille. À sa sor­tie de dé­ten­tion, il de­vra aus­si se battre avec l’ad­mi­nis­tra­tion de son pays. Comme il a réus­si à ob­te­nir un vrai faux pas­se­port bio­mé­trique au nom de son frère, mais avec sa pho­to, sa vé­ri­table iden­ti­té n’existe plus.

SAINT-GER­MAIN-EN-LAYE

Le vo­leur confon­du par son ADN « C’est à cause de l’al­cool ». Da­vid a sui­vi cette ligne de dé­fense pour jus­ti­fier de deux cam­brio­lages com­mis en oc­tobre 2016 et jan­vier 2017, à Saint-ger­main-en-laye. Il s’était em­pa­ré d’un fonds de caisse de 170 eu­ros et de bou­teilles de vin dans une pre­mière bou­tique. Pour la se­conde, il avait cas­sé la vitre et em­por­té deux lampes d’une va­leur to­tale de 1 800 eu­ros. Ju­gé ce ven­dre­di 22 sep­tembre, il a éco­pé de six mois de dé­ten­tion avec in­car­cé­ra­tion. Il a aus­si ex­pli­qué ce qu’il avait fait des lu­mi­naires. « Je les ai je­tés sur la route ». Da­vid avait été confon­du par son ADN. Âgé de 34 ans, il a dé­jà pas­sé un tiers de sa vie en pri­son, ayant été condam­né 21 fois.

Che­vreuse. Pi­co m’avait dit qu’il pen­sait que sa femme avait un amant. Il igno­rait que c’était moi. Il m’a dit qu’il al­lait le trou­ver, le fu­mer. Et qu’il y au­rait de l’es­sence pour tout le monde à Noël. Il par­lait de sa femme et de ses en­fants. »

Pleu­rant, Lio­nel a té­moi­gné dans le sens de son frère, à la barre des as­sises. « Je porte ce far­deau de­puis vingt ans. J’ai fonc­tion­né comme un au­to­mate, sans ré­ac­tion par­ti­cu­lière. J’ai ac­cep­té d’ai­der Fa­brice, peut-être parce que c’était la pre­mière fois qu’il me di­sait qu’il avait be­soin de moi. Je suis tom­bé dans le pan­neau. »

Lors de ses ré­qui­si­tions, l’avo­cat gé­né­ral avait de­man­dé la per­pé­tui­té contre Fa­brice Motch et des peines de 20 à 30 ans contre Lio­nel et Yan­nick. Tard dans la nuit du mer­cre­di 20 sep­tembre, le ju­ry po­pu­laire a ren­du sa dé­ci­sion. L’an­cien ca­pi­taine des pom­piers res­te­ra en dé­ten­tion ad vi­tam ae­ter­nam. Son frère s’est vu in­fli­ger 17 an­nées de ré­clu­sion cri­mi­nelle. L’an­cienne épouse de Pi­co et amante de Fa­brice a été condam­née à 25 ans. L’avo­cat gé­né­ral avait es­ti­mé qu’elle était « au centre de l’af­faire », tan­dis que Lio­nel avait plus joué un rôle pa­ral­lèle, pra­ti­que­ment de sui­veur. Tous ont été in­car­cé­rés dans la fou­lée. Lio­nel et Yan­nick com­pa­rais­saient libre.

Les trois dis­posent d’un dé­lai de dix jours pour faire ap­pel. Si tel est le cas, la pré­somp­tion d’in­no­cence de­vra s’ap­pli­quer.

ABLIS

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