REPORTAGE

« Vous pos­sé­dez une GS ? Le goût du chal­lenge ? Une bonne condi­tion phy­sique ? Et sur­tout l’en­vie de pas­ser un bon mo­ment de convi­via­li­té ? » Il ne manque que : « et d’en ba­ver ? » pour que l’ar­gu­men­taire de BMW soit com­plet.

Trail Adventure - - SOMMAIRE -

Ça consiste en quoi, le GS Tro­phy ?

On peut comp­ter sur le GS Tro­phy pour pro­po­ser des des­ti­na­tions dé­pay­santes. Il ar­rive même que les concur­rents soient confron­tés à la na­ture sau­vage d'un peu trop près…

e GS Tro­phy BMW monte en puis­sance. En 2008, sa pre­mière édi­tion dans les sables du dé­sert tu­ni­sien avait réuni cinq teams in­ter­na­tio­naux. Pour sa qua­trième édi­tion, cette fois dans les Ro­cheuses ca­na­diennes, il y en au­ra seize re­pré­sen­tant dix-huit na­tions. Chaque team étant com­po­sé de trois pi­lotes ama­teurs plus un jour­na­liste qui roule lui aussi, il y au­ra donc 64 concur­rents en tout au dé­part. Au pro­gramme, 2 000 km à par­cou­rir — prin­ci­pa­le­ment en off-road — du­rant sept jours au gui­don de BMW R1200 GS. Et, pour la se­conde fois, la France se­ra re­pré­sen­tée.

LE PRIN­CIPE

S’ap­pa­ren­tant à un raid agré­men­té d’épreuves di­verses, telles que spé­ciales et zones de fran­chis­se­ment, le GS Tro­phy est un évé­ne­ment à nul autre pa­reil. Il ne s’agit pas d’une course, mais d’un défi par équipes qui s’en­traident entre elles plus qu’elle ne se dis­putent.

Ce qui n’em­pêche pas le Tro­phy de mettre à mal les or­ga­nismes qui doivent pui­ser dans leurs ré­serves. Tout le monde ne ral­lie pas l’ar­ri­vée.

Le GS Tro­phy est éga­le­ment une sé­rie ré­ser­vée uni­que­ment aux pi­lotes de BMW ama­teurs. Pour y par­ti­ci­per, on peut avoir fait de la com­pé­ti­tion, mais pas à un ni­veau pro­fes­sion­nel. Les pi­lotes passent alors par des qua­li­fi­ca­tions ré­gio­nales ou na­tio­nales qui, même si elles va­rient d’un en­droit à l’autre, com­prennent un cer­tain nombre de dif­fi­cul­tés pour s’as­su­rer qu’ils se­ront en me­sure d’af­fron­ter ce qui les at­tend. On y trouve des par­ti­ci­pants de tous ho­ri­zons, du mé­ca­no au PDG, ve­nus vivre ce que BMW dé­crit comme « une expérience unique » .

LE DÉ­ROU­LE­MENT

Chaque jour­née com­mence de la même fa­çon : au bi­vouac. Chaque soir, les concur­rents, équi­pés d’un sac de cou­chage et d’un ma­te­las de sol, dorment dans une tente in­di­vi­duelle avant de se ré­veiller aux au­rores. Là, c’est di­rec­tion le pe­tit dé­jeu­ner avant de le­ver le camp et de prendre le dé­part. Le tra­cé va­rie évi­dem­ment se­lon les des­ti­na­tions.

En Tu­ni­sie, en 2008, les concur­rents ont trou­vé des sables pro­fonds qui les ont lit­té­ra­le­ment vi­dés (vic­time d’épui­se­ment men­tal, un des par­ti­ci­pants a dû être ra­pa­trié). En 2010, en Afrique du Sud, le par­cours comp­tait de nom­breuses pistes ra­pides

Un jour­na­liste s’est cra­shé tel­le­ment fort que les jantes de sa F800GS ont été ar­ra­chées des moyeux.

qui tra­ver­saient le “veldt” (la steppe sud-afri­caine). Des pistes dan­ge­reuses, un jour­na­liste s’est cra­shé tel­le­ment fort que les jantes de sa F800GS ont été ar­ra­chées des moyeux. En Amé­rique du Sud en 2012, en tra­ver­sant les Andes, plu­sieurs GS ont ver­sé dans des ra­vins…

Et puis il y a les spé­ciales. En 2012, l’une d’entre elles consis­tait pour le team à ef­fec­tuer trois tours avec la même moto en tra­ver­sant deux ruis­seaux et de nom­breuses berges. Pous­ser une moto de plus de 200 ki­los tout en ren­trant dans les temps n’est dé­jà pas fa­cile, mais la cha­leur et l’al­ti­tude ont eu rai­son de plu­sieurs concur­rents qui se sont écrou­lés.

Les ri­ding tests ne sont pas en reste. Un sprint dans les sables a eu lieu en Tu­ni­sie et en Amé­rique du Sud, don­nant lieu à du pi­lo­tage aussi spec­ta­cu­laire que l'ont été les sor­ties de pistes. Comme au Mo­zam­bique, où tout le team ca­na­dien est al­lé à la faute, tan­dis qu’un pi­lote ja­po­nais s’est bles­sé au pied, ce qui l’a obligé à se re­ti­rer.

La plu­part des concur­rents marquent le coup le cin­quième jour, quand leur en­du­rance est mise à rude épreuve. Les trois der­niers jours, il est cou­rant de voir des pi­lotes pro­fi­ter du moindre ar­rêt pour piquer une pe­tite sieste. Même si la lon­gueur de chaque étape va­rie, il est rare que les pi­lotes ter­minent avant 15 h. Les jour­nées “ma­ra­thons”, tels que les 400 km à par­cou­rir à tra­vers les pla­teaux mon­ta­gneux d’Ar­gen­tine, si­gnalent aux par­ti­ci­pants qu’ils n’ont pas in­té­rêt à perdre de temps.

Le soir, c’est l’heure des ré­pa­ra­tions, prin­ci­pa­le­ment pour les pi­lotes, les GS ayant re­la­ti­ve­ment bien te­nu le coup sur les trois pre­mières édi­tions. Après avoir ins­tal­lé leur tente et pris une douche bien mé­ri­tée, les concur­rents savent qu’un très bon re­pas les at­tend. Après avoir fait le point sur le clas­se­ment pro­vi­soire, la plu­part des par­ti­ci­pants vont se cou­cher tan­dis qu’or­ga­ni­sa­teurs et jour­na­listes conti­nuent leur travail.

L’EN­VI­RON­NE­MENT

On peut comp­ter sur le GS Tro­phy pour pro­po­ser des des­ti­na­tions dé­pay­santes. Il ar­rive même que les concur­rents soient confron­tés à la na­ture sau­vage d’un peu trop près. En Afrique du Sud, les par­ti­ci­pants se sont af­fron­tés dans des courses de ca­noë dans En haut, ce pi­lote a fait une chute de 4 m d'un pont. Il en est sor­ti

in­demne. Des­sous, rencontre avec les ha­bi­tants au Mo­zam­bique. En Amé­rique du Sud, la séance de raf­ting a pris des airs plus

ex­trêmes que pré­vus .

des eaux in­fes­tées par les hip­po­po­tames et les cro­co­diles. C’était après qu’un élé­phant mâle a char­gé les teams amé­ri­cain et ja­po­nais sur une sec­tion de l’étape du jour, neu­tra­li­sant par là même l’épreuve jus­qu’à ce que sa harde et lui soient re­par­tis. En Amé­rique du Sud, les teams amé­ri­cain et bri­tan­nique ont re­tour­né leur ra­deau dans les ra­pides.

L’ES­PRIT

Point com­mun à toutes les édi­tions, l’es­prit de ca­ma­ra­de­rie qui unit tous les teams. Chaque jour, c’est par deux qu’ils s’af­frontent par rou­le­ment, ce qui leur laisse lar­ge­ment le temps de faire connais­sance et de dis­cu­ter toute la jour­née et le soir au bi­vouac. Il ar­rive même qu’à l’oc­ca­sion, les tests obligent à faire lit­té­ra­le­ment équipe, comme à l’oc­ca­sion du long test dans les sables au Mo­zam­bique où chaque tan­dem de­vait ter­mi­ner en­semble, le moindre concur­rent qui se­rait res­té der­rière si­gni­fiant un aban­don pour les deux équipes.

En Amé­rique du Sud, le jeune team fran­çais com­po­sé de Tom Bar­rer, Thi­bault et Fabien Da­vid, a été élu haut la main, quoique de fa­çon non of­fi­cielle, team

Après la Tu­ni­sie, l’Afrique du Sud et l’Amé­rique du Sud, c’est le Ca­na­da qui ac­cueille­ra la 4e édi­tion du Tro­phy.

de l’édi­tion. Le pre­mier jour, ils ont ai­dé pas moins de deux teams vic­times de cre­vai­sons, per­dant au pas­sage plu­sieurs heures et re­joi­gnant l’ar­ri­vée avec le der­nier team en piste. Et, tout au long de la se­maine, ils ont as­sis­té tous ceux qui ren­con­traient des pro­blèmes. C’était éga­le­ment les pi­lotes les plus ta­len­tueux et s’ils n’avaient pas ai­dé les autres, ils au­raient rem­por­té le Tro­phy. Leur conclu­sion ? « Même si c’est une com­pé­ti­tion, c’est l’ami­tié entre les teams qui prime. Dès que nous avons vu des concur­rents qui avaient des pro­blèmes, nous nous sommes tout na­tu­rel­le­ment ar­rê­tés pour les ai­der. » Li­ber­té, éga­li­té, fra­ter­ni­té.

En haut, notre homme Bent­man en Afrique du Sud. Des­sous, le GS Tro­phy est ba­sé sur l'en­traide in­ter­na­tio­nale et chaque

soir, c'est le bi­vouac.

Le rythme est sou­te­nu, il faut une bonne dose de confiance pour pous­ser les GS dans leurs re­tran­che­ments.

Pour “se fi­nir”, quoi de mieux qu'une pe­tite séance de trial le der­nier jour ?

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