El­la Maillart VOYAGEUSE PAR VO­CA­TION

NÉE SUR LES RIVES DU LAC LÉ­MAN AU TOUR­NANT DU XXE SIÈCLE, EL­LA MAILLART FE­RA PREUVE TOUT AU LONG DE SA VIE D’UNE IN­CROYABLE HARDIESSE QUI LA CONDUI­RA DES JEUX OLYM­PIQUES DE PA­RIS, EN 1924, JUS­QU’AUX CONTRÉES LES PLUS RECULÉES. DU­RANT PLUS DE DIX ANS, DANS

Trek - - LE MAG -

Ki­ni, pour les proches et les com­pa­gnons de route, de mer ou du ski club. Phy­si­que­ment, la Suis­sesse des pu­bli­ci­tés pour Zer­matt ou Ver­bier, la mo­ni­trice de ski, blonde, saine, spor­tive, svelte, riante à ra­vir, bon en­fant. Née sur le lac Lé­man (20 fé­vrier 1903, à Ge­nève), ses pa­rents ayant ac­quis dès 1913, au Creux, à sept ki­lo­mètres de Ge­nève, une mai­son au bord de l’eau, El­la Maillart s’adonne tous les étés à la voile, avec son amie Miette, sur des ba­teaux prê­tés. À vingt ans, les deux filles osent ache­ter un cotre de sept mètres et de trois tonnes, La Per­lette, un yacht de haute mer avec une ca­bine et deux cou­chettes. Les deux filles amé­nagent leur ba­teau au mouillage du Vieux Port, à Mar­seille, près d’un na­vi­ga­teur au long cours qu’elles vou­draient imi­ter : Alain Ger­bault. Le ba­teau, les ré­gates sur le Lé­man, les croisières en Mé­di­ter­ra­née : sa pre­mière pas­sion. Le ski pas­sion­na éga­le­ment sa jeu­nesse. Mais à vingt-cinq ans, El­la Maillart ne se sent vivre qu’à moi­tié dans ces aven­tures li­mi­tées aux mon­tagnes suisses ou aux côtes de la Mé­di­ter­ra­née.

La dé­fer­lante des steppes

« Ex oriente lux » est un apho­risme cou­rant à l’époque dans bien des ca­pi­tales eu­ro­péennes après l’hé­ca­tombe de la Grande Guerre. L’Eu­rope se dé­chire : révolutions, guerres ci­viles. De bons es­prits se tournent vers les sa­gesses orien­tales, ou cèdent à la dé­ma­go­gie de l’es­poir, de l’ave­nir ra­dieux. Ins­tau­ré en Rus­sie après des an­nées de guerre ci­vile, le com­mu­nisme of­frait une autre so­cié­té, une Autre Eu­rope, titre d’un livre de Luc Dur­tain qui em­bal­la la jeune Suis­sesse. El­la Maillart part pour Mos­cou après une brève ex­pé­rience de fi­gu­rante au ci­né­ma dans les stu­dios de Ber­lin. Un sé­jour de cinq mois, ma­té­riel­le­ment dif­fi­cile. Ses ami­tiés avec de jeunes Russes, gar­çons ou filles, leur beau­té, leur foi, leur en­thou­siasme, leur es­prit de sa­cri­fice, lui firent ou­blier la pé­nu­rie et la mo­ro­si­té des files d’at­tente. Un voyage de six se­maines au Cau­case, à pied prin­ci­pa­le­ment dans les mon­tagnes, lui dé­voile non pas une autre Eu­rope mais l’ar­rière-pays asia­tique de la Rus­sie, la dé­fer­lante des steppes aux confins de l’Eu­rope et de la mer Noire. Mor­due pro­fon­dé­ment par un chien, El­la Maillart ra­vale ses craintes de la rage et se soigne en mar­chant. Du haut de ses som­mets plus éle­vés que le mont Blanc, le Cau­case tombe sur le pre­mier des trois pla­teaux, im­menses et arides, fuyant, de seuil

en seuil, vers des al­ti­tudes tou­jours plus éle­vées : le pla­teau ana­to­lien, le pla­teau ira­nien, le pla­teau ti­bé­tain. Dans le ré­cit qu’elle pu­blia à son re­tour, Par­mi la jeu­nesse russe, El­la Maillart pré­sen­tait le pays et le ré­gime sous un jour fa­vo­rable. Ki­ni, la pe­tite ge­ne­voise, es­suie d’âpres cri­tiques. Son propos, au fond, n’avait pour­tant plus rien de po­li­tique. « La réa­li­té géo­gra­phique de la terre m’ob­sède. Je sens au­tour de moi la vie des la­ti­tudes, do­tée cha­cune de sa cou­leur spé­ciale. Pas une de mes pen­sées qui ne soit en quelque sorte orien­tée vers l’un des points car­di­naux. Je suis prise à ja­mais dans les lignes de force de l’ai­guille ai­man­tée. » Deux ans plus tard (juillet 1935), El­la Maillart ne re­vient à Mos­cou que pour ga­gner au plus vite les mon­tagnes de l’Asie cen­trale. El­la Maillart voyage seule dans le Tur­kes­tan so­vié­tique (Ka­ra­kol, Ta­chkent, Sa­mar­cande, Bou­kha­ra,

À vingt ans, les deux filles osent ache­ter La Per­lette, un cotre de sept mètres avec une ca­bine et deux cou­chettes, qu’elles sta­tionnent au Vieux Port, à Mar­seille.

Khi­va, Ka­za­linsk) avec un cran et un aplomb qui forcent l’ad­mi­ra­tion. Son voyage s’achève en no­vembre à dos de chameau, sur quatre cent cin­quante ki­lo­mètres. Un froid de ca­nard, des nuits de quatre heures, des crampes de no­vice. Re­tour à Ge­nève pour le Nou­vel An.

Une âme forte

Re­dé­cou­verte vers la fin de sa vie (elle meurt en 1997), mais tou­jours lue et ad­mi­rée, entre autres, par l’écri­vain ge­ne­vois Nicolas Bou­vier qui s’ins­pi­ra de ses ré­cits pour ses iti­né­raires, El­la Maillart fut une âme forte, comme on di­sait ja­dis, une voyageuse hors pair. « Ki­ni peut man­ger n’im­porte quoi et dor­mir n’im­porte où» , écrit son com­pa­gnon de voyage à tra­vers le Tak­la­ma­kan, l’An­glais Pe­ter Fle­ming. Une femme bien ar­mée face aux hommes, par son sens de l’à-propos et une au­to­ri­té na­tu­relle. La voile, école du ca­rac­tère, lui avait

éga­le­ment en­sei­gné le fa­ta­lisme né­ces­saire aux marches dans l’in­con­nu. Le seul dé­faut de sa cui­rasse, note de fa­çon amu­sante Pe­ter Fle­ming, c’était la fi­nesse de son odo­rat. At­ten­tion : dire qu’elle avait la vo­ca­tion du voyage, qu’elle y était pré­des­ti­née, c’est une fa­çon de mé­con­naître ses mé­rites et la ten­sion de ses an­nées d’in­cer­ti­tude. Comme cha­cun d’entre nous, El­la Maillart tra­ver­sait les mi­rages de l’exis­tence sans sa­voir où elle al­lait, dans l’igno­rance to­tale de son des­tin. Il faut se mé­fier de l’après-coup, du regard ré­tros­pec­tif et des bi­lans qui pré­sup­posent ce qu’on ne pou­vait qu’igno­rer. Dans son au­to­bio­gra­phie, Croisières et ca­ra­vanes (1951), écrite à 2 000 mètres d’al­ti­tude, au vil­lage de Chan­do­lin (Va­lais), El­la Maillart in­dique, dès les pre­mières lignes, le dé­faut cou­rant des bio­gra­phies ou des au­to­bio­gra­phies. « Quand une moi­tié de notre vie est écou­lée, il est fa­cile d’en faire un ré­cit lo­gique – et ar­ti­fi­ciel. Je pour­rais, pour ma part, choi­sir par­mi ses sou­ve­nirs d’en­fance, tous liés au lac de Ge­nève et aux Alpes, ceux qui ex­pli­que­raient ma des­ti­née. Mais ce genre de bio­gra­phie, où les hé­ros savent si bien à l’avance quelle se­ra l’orien­ta­tion de leur vie, ne donne ja­mais l’im­pres­sion de la vé­ri­té. Dans la réa­li­té, les choses n’obéissent pas à une telle lo­gique : on se di­rige à tâ­tons, comme des aveugles, vers l’in­con­nu et on sent son éner­gie mi­née par la tor­ture de l’in­dé­ci­sion. » Cette femme, aux al­lures dé­ci­dées, plu­tôt jo­lie et sûre de ses avan­tages, cham­pionne de voile et de ski, jour­na­liste, par­lant fran­çais, an­glais, al­le­mand, russe, se dé­bat­tait, comme le pre­mier et le der­nier des hommes, dans le la­by­rinthe de ses choix.

En Asie cen­trale

L’ère des ca­ra­vanes a dis­pa­ru en moins d’un de­mi-siècle sur la route de la Soie. Le mo­teur a chan­gé la phy­sio­no­mie du monde, du­ra­ble­ment, plus du­ra­ble­ment que les ar­mées d’Alexandre ou que les mas­sacres de Ta­mer­lan. El­la Maillart ne fut pas une ex­plo­ra­trice de l’Asie cen­trale comme le Sué­dois Sven He­din, ou le Russe Ni­co­laï Pr­je­vals­ki : elle ar­ri­vait trop tard et n’ajou­ta rien à la connais­sance des grandes ré­gions de l’Asie cen­trale. Son bon­heur, ce fut de bour­lin­guer et d’en­quê­ter (elle se vou­lait eth­no­graphe), en Haute-Asie avant l’ère ato­mique, avant les convois de ca­mions et les bases aé­riennes bâ­ties au bull­do­zer en un mois, à quelques en­ca­blures des yourtes d’un cam­pe­ment de no­mades. Ces an­nées de l’entre-deux-

Deux femmes, en voi­ture, à tra­vers l’Iran des an­nées 1940… Quatre-vingts ans plus tard, le ré­cit de­meure sur­réa­liste…

guerres ac­cé­lé­rèrent la marche de l’his­toire et des tech­niques. Chance in­signe, El­la Maillart put voya­ger comme Abra­ham, Noé ou les Rois mages, comme on voya­geait de­puis le fond des âges sur la route de la Soie et des grandes re­li­gions, à dos de che­val, ou de chameau, ou d’âne, ou à pied, der­rière des ani­maux dont on in­ter­roge fra­ter­nel­le­ment le regard, le soir, à l’étape quand on n’a pas un coeur de pierre ou d’au­to­mate.

La voie cruelle

El­la Maillart conti­nua de voya­ger, prin­ci­pa­le­ment en Asie, après la Se­conde Guerre mon­diale mais les voyages les plus si­gni­fi­ca­tifs de cette femme, pour elle comme pour nous, ses humbles lec­teurs, se placent entre 1930 et 1935. Pé­riple de la mer Noire (Trab­zon) aux berges de l’In­dus, La Voie cruelle (1939) est un voyage au­to­mo­bile, d’au­tant plus mo­derne qu’il s’agit de deux femmes, El­la Maillart et An­ne­ma­rie Sch­war­zen­bach, au vo­lant d’une Ford dé­ca­po­table, amé­na­gée par le meilleur ga­rage de Zu­rich, avec deux jer­ri­cans d’es­sence de quinze litres pour les mau­vaises sur­prises, et des sus­pen­sions ren­for­cées. Les pistes de La Voie cruelle ca­hotent sur des mil­liers de ki­lo­mètres. Ce voyage entre femmes et sur le siège d’une Ford est un voyage à part dans la vie d’El­la Maillart à cause de cette amie qui ris­quait de som­brer. Is­sue d’une riche fa­mille de Zu­rich, di­let­tante de la pho­to­gra­phie et de l’écri­ture, res­ca­pée d’une ten­ta­tive de sui­cide en 1935, in­cu­rable de la mé­lan­co­lie, An­ne­ma­rie Sch­war­zen­bach s’était trop sou­vent in­jec­té de la mor­phine. Sa dé­tresse de toxi­co­mane, son drame, se lisent entre les lignes de

La Voie cruelle. San­té fra­gile, An­ne­ma­rie Sch­war­zen­bach meurt trois ans plus tard, en Suisse, des suites d’un ac­ci­dent de vé­lo (15 no­vembre 1942).

Oa­sis in­ter­dites

Son voyage le plus long et le plus risqué, El­la Maillart le fit à trente-deux ans (1935), non pas seule mais avec un homme de vingt-sept ans, chro­ni­queur au Times,

Deux ans plus tard, c’est par té­lé­gramme qu’El­la ap­prend la mort de son amie. La Voie cruelle lui est dé­diée

écri­vain re­nom­mé en An­gle­terre de­puis un ré­cit de voyage au Bré­sil. Le der­nier livre de Pe­ter Fle­ming s’in­ti­tu­lait : En com­pa­gnie de soi-même. Dans sa ver­sion an­glaise, le der­nier ré­cit d’El­la Maillart re­ven­di­quait lui aus­si sa so­li­tude : Tur­kes­tan so­lo (tra­duit par Des monts Cé­lestes aux sables rouges, en fran­çais). Les deux in­di­vi­dua­listes firent bon mé­nage pen­dant cinq mois sous une même pe­tite tente mal­gré leur aga­ce­ment ré­ci­proque de­vant les ma­nières de l’autre. Les hommes et les femmes sont de­ve­nus bê­te­ment soup­çon­neux. Dans un de­mi-siècle, les lec­teurs d’El­la Maillart se de­man­de­ront s’ils avaient cou­ché en­semble. En 1935, pro­vince loin­taine d’un pays où flam­baient dé­jà la guerre ci­vile (entre Na­tio­na­listes et Com­mu­nistes) et l’in­va­sion ja­po­naise, le Tur­kes­tan chi­nois (Xin­jiang ou Sin-Kiang) sor­tait à peine d’une in­sur­rec­tion des mu­sul­mans de la pro­vince, les Toun­ganes. De­puis plus de huit ans, au­cun voya­geur al­lant de Pékin aux Indes n’avait osé

De leur voyage entre Pékin et les Indes, El­la Maillart et Pe­ter Fle­ming li­vre­ront deux ré­cits ra­di­ca­le­ment dif­fé­rents…

tra­ver­ser cette pro­vince aux ru­meurs, sou­vent do­cu­men­tées, de bri­gan­dage et de mas­sacre. Le couple qui n’est pas un couple pa­rie sur l’apai­se­ment des coeurs et des dé­serts après tant d’an­nées. Ter­mi­nus du train à Xian dans le Shaan­xi. Ki­ni :

« Je me de­mande où nous ver­rons notre pro­chaine gare. » La pro­chaine gare, ce fut La­hore dans le Pend­jab. De Xian à La­hore, les deux voya­geurs uti­lisent toutes sortes de mon­tures (âne, mu­let, che­val, po­ney, chameau). Leurs com­pa­gnons, un couple de Russes blancs, les Smi­gu­nov, par­lant chi­nois cou­ram­ment, fu­turs am­bas­sa­deurs chez des Russes blancs du Sin-Kiang, sont ar­rê­tés à Lan­chow (Lanz­hou) par les au­to­ri­tés chi­noises et re­con­duits à Pékin. Un long voyage, dia­ble­ment en­ga­gé, bien que Fle­ming dans son ré­cit (Cour­rier de Tar­ta­rie) ait par­lé d’une es­ca­pade et non d’une ex­pé­di­tion. Six se­maines après son dé­part de Pékin, à un jour de marche de Si­ning, dans le vil­lage de Tan­gar, à 2 600 mètres d’al­ti­tude, où ré­side un mis­sion­naire suisse avec sa femme, Ki­ni poste sa der­nière lettre à ses pa­rents : « Si tout va bien, ma pro­chaine lettre se­ra da­tée des Indes dans six mois d’ici ; mais il ne fau­dra pas vous in­quié­ter si dans un an vous n’avez pas de nou­velles de nous. Nous al­lons nous joindre à la ca­ra­vane d’un prince mon­gol et voya­ger avec lui pen­dant dix­sept jours. En­suite nous ne sa­vons pas. » El­la Maillart en­fourche son po­ney qu’elle a bap­ti­sé Slalom. Trois mois de vivres dans les ba­gages de la pe­tite ca­ra­vane. Se­lon le mis­sion­naire, per­sonne n’a fran­chi le Tsai­dam de­puis deux ans.

« Ne vous in­quié­tez pas si dans un an vous n’avez tou­jours pas de nou­velles de nous …» Lettre d’El­la à ses pa­rents

Gilles Modica

Ré­dac­teur

Notre spé­cia­liste de l’his­toire de l’ex­plo­ra­tion s’est re­plon­gé

cet été dans les ré­cits de voyage d’El­la Maillart à

tra­vers l’Asie cen­trale.

El­la Maillart (à gauche) et son amie Miette (ci­contre) dé­couvrent la voile dès l’ado­les­cence sur les bords du lac Lé­man. Elles ont vingt ans à peine lors­qu’elles achètent leur pre­mier ba­teau, et El­la re­pré­sen­te­ra l’équipe de voile suisse aux Jeux olym­piques de Pa­ris, en 1924.

En 1939, El­la Maillart est dé­jà cé­lèbre, pour ses voyages à tra­vers l’Union so­vié­tique de l’entre­deux­guerres et l’Asie cen­trale. Alors que la Se­conde Guerre mon­diale s’ap­prête à ra­va­ger l’Eu­rope et le monde, elle pro­fite de la neu­tra­li­té suisse pour par­tir à la dé­cou­verte de l’Iran et de l’Af­gha­nis­tan, en com­pa­gnie d’An­ne­ma­rie Sch­war­zen­bach.

An­ne­ma­rie Sch­war­zen­bach (à gauche) et El­la Maillart (à droite) prennent la route le 6 juin 1939, pour ral­lier Ge­nève à Ka­boul. Deux livres en naî­tront, ce­lui d’El­la, La Voie

cruelle, et ce­lui d’An­ne­ma­rie, Où est la terre des pro­messes ?

À Bâ­miyân, rencontre avec la dé­lé­ga­tion ar­chéo­lo­gique fran­çaise, qui tra­vaille à la pré­ser­va­tion du site et des deux boud­dhas géants sculp­tés dans la fa­laise. Ceux­ci se­ront dé­truits en mars 2001 par les Ta­li­bans.

À gauche : La mos­quée for­ti­fiée de Doğu­bayazıt, sur les flancs du mont Ara­rat, non loin de la fron­tière avec l’Iran.

Ci­des­sus : El­la Maillart et Pe­ter Fle­ming, à leur ar­ri­vée à Gil­git (au nord du Pa­kis­tan ac­tuel), en 1935.

« Le po­tier d’Is­ta­lif émaille ses faïences tur­quoise. » Illustration et lé­gende ti­rée de La Voie cruelle, pa­ru chez Je­he­ber, en 1952.

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