Un sa­voir-faire unique

Trucks Mag - - Reportage -

Sté­phane Sch­midt, 44 ans, règne en maître in­con­tes­té sur la par­tie ré­pa­ra­tion et ges­tion des pièces dé­ta­chées. Lui, que l’on ap­pelle « le ma­gi­cien », connaît tous les Ken par coeur. On l’ap­pelle de tous les coins de France pour se faire dé­pan­ner. L’oeil ri­vé sur son or­di, où il a ac­cès aux lo­gi­ciels de concep­tion de chaque mo­dèle dis­po­nible sur le site Ken­worth via un code d’ac­cès et iden­ti­fié par son nu­mé­ro de châs­sis, il guide les opé­ra­tions à dis­tance. Ses in­ter­lo­cu­teurs à Seat­tle sont là pour l’as­sis­ter sur des in­ter­ven­tions et pour la com­mande des pièces né­ces­saires : 48 heures par avion si ur­gence ou trois se­maines en ba­teau. Si­non, un stock tam­pon est com­po­sé, entre autres, de pots d’échap­pe­ments, filtres et autres op­tiques de phares tous sto­ckés à l’étage. « Il y a des pro­blèmes ré­cur­rents et on les connaît bien. Mais la concep­tion des Ken­worth est plus simple, plus ba­sique par rap­port aux ca­mions eu­ro­péens. Il y a moins d’élec­tro­nique. Ce qui marche, on ne le change pas. Les boîtes Ful­ler on ne les change ja­mais », pré­cise-t-il. « Les pièces sont plus lourdes mais les pannes sont plus fa­ciles à dé­tec­ter. On n’a pas be­soin de la va­lise de diag­nos­tic », ajoute Jean-Fran­çois Ni­co­las, mé­ca­ni­cien. Pour les ca­mions de la flotte Jor­land, l’en­tre­tien est pré­vu tous les trois mois. Ceux des clients peuvent être aus­si ré­pa­rés ailleurs et c’est Sté­phane qui leur en­voie les pièces. La dif­fi­cul­té c’est le sur­me­sure. Chaque client choi­sit ses op­tions, y com­pris dans la concep­tion du ca­mion. On n’est pas dans une lo­gique de sé­rie, ici. D’où l’im­por­tance d’ac­cé­der à la fiche de concep­tion de chaque vé­hi­cule. Est-il fa­cile de trou­ver des pièces d’oc­ca­sion? As­sez, à en croire Sté­phane. Même chez le conces­sion­naire stras­bour­geois, dont Jor­land a re­pris l’ac­ti­vi­té et où Sté­phane tra­vaillait, « on a réus­si à re­trou­ver 90% à 95% des pièces d’un ca­mion des an­nées 1980. Le reste, on l’a fait re­faire ». A l’ate­lier, trois mé­ca­nos et un ap­pren­ti s’af­fairent. Un Fen­wick des­cend les pièces plus lourdes sto­ckées à l’étage. Un peu à l’écart, un K100 bleu at­tend pa­tient, sur la fosse. On di­rait qu’il rou­pille, qu’il ré­cu­père de ses 16 ans d’âge. Un mon­sieur qui im­pose le res­pect.

Jean-Fran­çois Ni­co­las.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.