LA PARC DE MONFRAGÜE EN ES­PAGNE

Vélo Tout Terrain - - SOMMAIRE - Texte : Da­vid Ca­chon - Pho­tos : Da­vid Ponce

Da­vid Ca­chon est un vé­té­tiste pro­fes­sion­nel qui, après avoir rem­por­té deux titres de cham­pion du monde de VTT trial, s’est lan­cé dans les voyages à VTT. Pour cette nou­velle aven­ture, il nous em­mène dans une ré­gion mé­con­nue de son Es­pagne, le Parc Na­tio­nal de Monfragüe et la val­lée de la Jerte. Et comme tou­jours, les pay­sages qu’il nous dé­voile sont somp­tueux !

SUR LE PLAN PU­RE­MENT VTT, LE PARC NA­TIO­NAL DE MONFRAGÜE PRO­POSE DES TER­RAINS TRÈS DIF­FÉ­RENTS AVEC DES ITI­NÉ­RAIRES TRA­CÉS AUS­SI BIEN AU COEUR DU PARC QUE DANS LA VAL­LÉE DEL JERTE.

Pour cette nou­velle aven­ture, je vous pro­pose de m’ac­com­pa­gner dans la pro­vince de Cá­ceres et plus pré­ci­sé­ment au coeur du Parc na­tio­nal de Monfragüe et la val­lée de la Jerte.

Pour nombre d’entre vous, ce­la n’évoque sans doute pas grand-chose, la ré­gion étant en­core mé­con­nue des vé­té­tistes. Pour­tant, croyez-moi, la ré­gion pos­sède un po­ten­tiel VTT in­croyable. Pour vous en convaincre, sui­vez-moi : je vais vous mon­trer des en­droits, des sen­tiers et des en­vi­ron­ne­ments que vous au­rez du mal à ou­blier. Mais avant de nous élan­cer, per­met­tez que je vous pré­sente en quelques mots le Parc Na­tio­nal de Monfragüe. C’est l’un des cinq parcs na­tio­naux d’Es­pagne, re­con­nu ré­serve de Bio­sphère par l’Unes­co en 2003. Il se si­tue à l’ouest de Ma­drid, dans la pro­vince de Cá­ceres dont la vieille ville du même nom ap­par­tient au Pa­tri­moine mondial de l’hu­ma­ni­té de l’Unes­co de­puis 1986 grâce à son ar­chi­tec­ture da­tant à la fois du Moyen Âge et de la Re­nais­sance. C’est éga­le­ment le pre­mier parc na­tio­nal de la com­mu­nau­té au­to­nome de l’Es­tré­ma­dure. Cet es­pace, dé­cla­ré Parc Na­tio­nal en 1979 et Zone es­sen­tielle pour la pro­tec­tion des ani­maux en 1988, abrite l’es­pace boi­sé mé­di­ter­ra­néen avec ses pins, ses ma­quis et sa gar­rigue, le plus éten­du et le mieux conser­vé au monde. C’est une ré­gion ro­cheuse et val­lon­née sillon­née par de nom­breux cours d’eau dont la ri­vière Tié­tar qui se jette dans le Tage. En pé­da­lant, pre­nez bien soin d’em­por­ter dans votre sac suf­fi­sam­ment de vivres et de quoi dé­pan­ner votre mon­ture en cas de pro­blème car la ré­gion est très peu peu­plée et vous de­vrez pé­da­ler long­temps avant de croi­ser âme qui vive !

Mé­con­nus, la pro­vince de Ca­ceres et son Parc na­tu­rel de Monfragüe mé­ritent pour­tant le dé­tour…

En re­vanche, tout au long de votre ba­lade, dans les coins les plus im­pro­bables, vous dé­cou­vri­rez des mor­ceaux d’his­toire sous forme de vieux ponts ou des for­te­resses d’ori­gine arabe comme le châ­teau de Monfragüe. Au ni­veau de ces for­te­resses se des­sinent des pla­te­formes d’ob­ser­va­tion amé­na­gées d’où on dé­couvre des points de vue spec­ta­cu­laires sur l’en­vi­ron­ne­ment na­tu­rel du parc de Monfragüe ain­si que sur les oi­seaux qui volent au-des­sus de nos têtes. Les sen­tiers de la ré­gion de Monfragüe sont d’une très grande beau­té et de ni­veaux va­riés. Que vous pra­ti­quiez la ran­don­née fa­mi­liale ou le VTT trial, vous sor­ti­rez de là ra­vis, ras­sa­siés et épui­sés. Pour moi, les plus belles sai­sons pour ve­nir dé­cou­vrir le parc à VTT sont, sans conteste, l’au­tomne et le prin­temps : les champs sont verts, les ri­vières char­rient beau­coup d’eau et les tem­pé­ra­tures sont plu­tôt tem­pé­rées. Par­mi les lieux in­con­tour­nables du parc, ne ra­tez pas le mi­ra­dor Sal­to del Gi­ta­no : c’est pro­ba­ble­ment le lieu le plus spec­ta­cu­laire du parc na­tio­nal. De­puis ce point de vue, on peut contem­pler la val­lée du Tage et ses fa­laises jus­qu’au pic du Pe­na Fal­con où niche une co­lo­nie de vau­tours

fauves qui dé­crivent de larges cercles dans le ciel. N’ou­blions pas que le Parc Na­tio­nal de Monfragüe est un site d’in­té­rêt or­ni­tho­lo­gique ma­jeur en Es­pagne. Ain­si, outre les vau­tours fauves, vous au­rez pro­ba­ble­ment la chance d’aper­ce­voir un aigle im­pé­rial, le vau­tour noir et des ci­gognes noires. Sur le plan pu­re­ment VTT, la ré­gion pro­pose des ter­rains très dif­fé­rents avec des iti­né­raires tra­cés aus­si bien au coeur du parc que dans la val­lée del Jerte. Et s’il y a une chose que je peux vous ga­ran­tir, c’est qu’en ri­dant ici, le plai­sir est ga­ran­ti. Les ha­bi­tants, que l’on ren­contre en plus grand nombre dans la Val­lée del Jerte, sont ami­caux et ac­cueillants. Vous trou­ve­rez un large éven­tail d’hô­tels et de chambres d’hôtes. Et si vous ap­pré­ciez, en plus du VTT, la bonne gas­tro­no­mie, vous avez de la chance en dé­gus­tant les in­croyables jam­bons ibé­riques is­sus de co­chons nour­ris aux glands, les suc­cu­lentes ce­rises, na­tures ou en gas­pa­cho, pro­duites dans la ré­gion ou en­core des fro­mages tels que la Tor­ta del Ca­sar ! En ve­nant ici, vous al­lez vous ré­ga­ler dans tous les sens du terme.

Per­son­nel­le­ment, si vous maî­tri­sez les tech­niques tria­li­santes, je vous conseille d’al­ler à la dé­cou­verte des Giant Pots, de grandes pis­cines na­tu­relles creu­sées dans la roche gra­ni­tique par l’éro­sion flu­viale, si­tuées dans la ré­serve na­tu­relle des gorges de l’en­fer. Cette ré­serve se si­tue au coeur de la val­lée del Jerte et doit sa re­nom­mée à son im­por­tant ré­seau hy­dro­gra­phique et à l’im­por­tance de ses cas­cades. Si vous avez trop chaud, vous pour­rez tou­jours al­ler pi­quer une tête dans une de ces nom­breuses pis­cines na­tu­relles. Certes, au prin­temps, la tem­pé­ra­ture de l’eau risque d’être un peu fraîche, mais elle est tel­le­ment claire ! Alors si vous avez en­vie de sor­tir des sen­tiers bat­tus et de rou­ler au mi­lieu d’une na­ture ex­cep­tion­nelle, n’hé­si­tez plus, par­tez dans la pro­vince de Ca­ceres.

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