Eva­sion : Park Ci­ty, USA

Vélo Tout Terrain - - SOMMAIRE - Texte et pho­tos : Ni­co­las Le Car­ré

En 2018, ce n’est plus la ruée vers l’ar­gent qui amène la foules à Park Ci­ty. Les mines et les gi­se­ments ont fait place à une autre ri­chesse en­core plus in­es­ti­mable : plus de 700 ki­lo­mètres de sen­tiers ou­verts aux VTT. Et si vous osiez par­tir à l’aven­ture ?

7 heures du mat’, Pa­ris, dé­but août. La jour­née est à peine com­men­cée que dé­jà une chape de plomb s’abat sur mes épaules. Il est temps de fuir cette lé­thar­gie ca­ni­cu­laire. Par­tir, loin. Ex­plo­rer de nou­velles traces où po­ser mes pneus. Une quête où la dé­cou­verte de l’in­con­nu ri­me­rait pa­ra­doxa­le­ment avec un re­tour aux sources : celles où notre sport est né. Un voyage où mon VTT se trans­for­me­rait en ba­guette ma­gique m’ou­vrant la porte vers de nou­veaux ho­ri­zons cultu­rels... et cu­li­naires. Les portes du vol Del­ta DL 107 se ferment. Une di­zaine d’heures plus tard, un survol bu­co­lique du Groen­land, un ou deux na­vets ci­né­ma­to­gra­phiques, un pla­teau re­pas qui fe­rait re­tour­ner Ro­bu­chon dans sa tombe et une sieste en mode Te­tris, me voi­là à l’autre bout du globe, du cô­té de Salt Lake Ci­ty en plein coeur de l’Utah. Quand j’y ré­flé­chis, je me dis que c’est le temps qu’il m’au­rait fal­lu pour re­joindre en voi­ture un spot comme Fi­nale Li­gure en Ita­lie, ou en­core le temps qu’on met pour notre pè­le­ri­nage an­nuel au Roc d’Azur. Sauf que là, l’expédition s’an­nonce bien plus exo­tique ! Non, je n’ai pas dé­ci­dé d’al­ler faire un trip re­li­gieux chez les mor­mons. Eh oui, Salt Lake Ci­ty est la ca­pi­tale de l’Eglise des Saints des Der­niers Jours. Mon truc à moi, c’est plu­tôt l’ap­pel de la mon­tagne. Et ça tombe plu­tôt bien puis­qu’après une grosse de­mie heure de route, me voi­là à Park Ci­ty, “pe­tite” sta­tion ty­pi­que­ment amé­ri­caine per­chée à plus de 2000 mètres d’al­ti­tude (2 134 mètres pour les plus poin­tilleux) qui a ac­cueilli une par­tie des épreuves des JO d’hi­ver de Salt Lake Ci­ty en 2002...

Dé­ca­lage ho­raire & Far West

Park Ci­ty, c’est d’abord sa rue prin­ci­pale bap­ti­sée Old Main Street et ses mai­sons en bois co­lo­rées qui vous plongent ins­tan­ta­né­ment dans l’am­biance d’un Re­tour Vers le Fu­tur vo­lume 2, en mode Mar­ty Mc­fly en plein Far West. Sauf que les sa­loons et les mines d’ar­gent de l’époque font main­te­nant place à des ga­le­ries d’art, à des ma­ga­sins de soins cor­po­rels de luxe et à des res­tau­rants bran­chés. Après une heure de dé­am­bu­la­tion dans Main Street, le jet­lag com­mence à se faire sen­tir. Il est 16 heures sur place, mais mi­nuit à Pa­ris. Je tente de res­ter éveillé en pre­nant pos­ses­sion de mon QG pour ces cinq pro­chains jours : un su­perbe ap­par­te­ment dans le Lift Lodge, un im­meuble si­tué dans le centre his­to­rique de Park Ci­ty, mis à

dis­po­si­tion par Park Ci­ty Lod­ging, spé­cia­liste de l’hé­ber­ge­ment dans la sta­tion de­puis 1984. Une sa­lade Cé­sar plus tard, me voi­là por­té dans une nuit de rêves chao­tiques où j’erre tel un ci­toyen du monde entre un vieux Conti­nent et une terre pro­mise où m’at­tendent plus de 700 ki­lo­mètres de sen­tiers VTT...

Bike-park & mu­sique live

J’ouvre les yeux, je jette un oeil au ré­veil. Bien joué mon gars, il est 7h du mat’ pas­sé ! Je re­mer­cie la fée mé­la­to­nine, qui fait pas­ser en dou­ceur les aléas du jet­lag. Le pro­gramme “of­fi­ciel” com­mence de­main et j’ai une jour­née off pour m’ac­cli­ma­ter à l’al­ti­tude et re­prendre des forces. Mais res­ter à ne rien faire, ce n’est pas mon truc ! Avec mon confrère Ju­lien Co­nan, on dé­cide d’al­ler sur le bike-park de Deer Val­ley, une sta­tion de l’im­mense do­maine de Park Ci­ty. Avant toute chose, je pars ré­cu­pé­rer mon des­trier, le nou­veau Pi­vot Fi­re­bird 29 qui m’at­tend dans un ma­ga­sin du coin. Pre­mière claque du sé­jour : ici les shops vous vendent du rêve. Le ma­tos est su­per­be­ment bien mis en va­leur, tout le monde sou­rit et prend le temps de vous conseiller. Pen­dant que je ré­cu­père mon VTT, une fa­mille re­part avec le to­tal look du vé­té­tiste à la mode, équi­pée de la tête aux pieds en Troy Lee De­si­gns pour mon­sieur, ma­dame et leurs en­fants. Bien­ve­nue aux USA. Et his­toire de pous­ser la convi­via­li­té un peu plus loin, une pe­tite porte à l’in­té­rieur du ma­ga­sin vous amène di­rec­te­ment au ca­fé d’à cô­té ! On peut main­te­nant par­tir pour Snow Park Lodge, au nord de Park Ci­ty. Ici tout a été pen­sé pour fa­ci­li­ter les dé­pla­ce­ments. Il y a tout un ré­seau de bus gra­tuits (cer­tains sont élec­triques) à l’avant des­quels vous ins­tal­lez votre VTT sur un rack. Dans l’idée, chez nous on pour­rait com­pa­rer Park Ci­ty au ré­seau Mor­zine/Les Gets/Avo­riaz des Portes du So­leil.

On em­barque pour le Sil­ver Lake Ex­press, un té­lé­siège qui nous amène à Deer Val­ley. Vu qu’on est en mode ré­cup’, cette pre­mière jour­née va être es­sen­tiel­le­ment consa­crée à prendre du plai­sir et des sen­sa­tions en des­cente sur les nom­breuses pistes amé­na­gées que compte le bike-park de Deer Val­ley. Et croyez-moi, il y a de quoi faire quel que soit votre ni­veau ! C’est d’ailleurs im­pres­sion­nant de voir le nombre de ga­mins qui roulent avec leurs pa­rents ou bien ac­com­pa­gnés d’un mo­ni­teur. Et ça marche, à en ju­ger par les in­ces­sants cris de joie qu’on en­tend dans les bois, tan­dis qu’on re­monte sur le té­lé­siège. Cette an­née, Deer Val­ley a inau­gu­ré de nou­velles pistes des­si­nées par la so­cié­té ca­na­dienne Gra­vi­ty Lo­gic. Des flow trails avec de gros vi­rages re­le­vés, plein de vi­rages pour cas­ser la vi­tesse et sur­tout une bonne grosse dose de sauts, plus ou moins im­po­sants se­lon la dif­fi­cul­té de la piste. Après s’être échauf­fés sur Ho­ly Rol­ler, on com­mence à s’éner­ver un peu sur Ti­dal Wave, pro­ba­ble­ment la piste qu’on af­fec­tionne le plus ici, en té­moignent ses trous de frei­nage. On pour­rait la com­pa­rer à la cé­lèbre A-Line de Whist­ler... ici vous pas­se­rez pra­ti­que­ment plus de temps dans les airs que sur la terre ! L’es­to­mac com­mence à crier fa­mine, il y a lar­ge­ment de quoi se ra­vi­tailler au pied des pistes. Rien de mieux qu’un bon Pul­led Pork Sand­wich pour

re­prendre des forces. De l’épaule de porc cuite len­te­ment, à basse tem­pé­ra­ture, ar­ro­sée de sauce bar­be­cue et ef­fi­lo­chée à la four­chette, ser­vie dans son pe­tit pain avec son co­les­law : yum­my ! Après s’être amu­sé une bonne par­tie de la ma­ti­née sur des pistes bien larges, ra­pides et lu­diques, on se dit qu’on pi­men­te­rait bien un peu les choses. Ça tombe bien, il y a de quoi faire avec des pistes plus tech­niques, étroites et na­tu­relles comme Twist & Shout. Ça ta­basse un peu plus, il faut soi­gner la tra­jec­toire et s’en­ga­ger dans des pe­tites sur­prises qui viennent pi­men­ter un peu les choses, du style pe­tite marche en aveugle à né­go­cier avant une bonne grosse épingle truf­fée de ra­cines. On se croi­rait presque dans une spé­ciale d’en­du­ro en plein coeur des Alpes ! Le re­tour vers Snow Park Lodge se fait par l’en­chaî­ne­ment de Devo et Old School, deux pistes de des­cente à l’an­cienne : na­tu­relles, sans fio­ri­ture, bien tech­niques et de­man­dant par­fois une bonne dose d’en­ga­ge­ment. C’est tel­le­ment bon !

Re­tour à l’ap­part’ le temps d’une douche et je re­trouve le reste de l’équipe : Brett de Dirt Rag, Leah de Sin­gle­tracks et Ed­ward, l’Ecos­sais qui bosse pour un ma­ga­zine out­door an­glais. Le pro­gramme de la soi­rée, un concert en plein air. Et croyez-moi, c’est une ex­pé­rience to­ta­le­ment in­édite, à mille lieues des concerts que j’avais pu faire en France. Tout le monde dé­barque avec sa pe­tite chaise pliante et avec des gla­cières de com­pé­ti­tion et des sacs rem­plis de vic­tuailles pour ri­pailler au son de Phi­lip Phi­lips et Ga­vin DeG­raw, les deux ar­tistes du soir. Je n’en connais­sais au­cun et l’ex­pé­rience fut bonne. Il règne à Deer Val­ley cette am­biance unique et pro­pice à la fête. C’est d’ailleurs im­pres­sion­nant de voir le pro­fes­sion­na­lisme de chaque groupe dans l’art du pique-nique im­pro­vi­sé. Le concept du pique-ni­que­con­cert, c’est le genre de truc ul­tra convi­vial qui fonc­tionne ici car tout le monde semble res­pec­tueux de son voi­sin et de l’en­vi­ron­ne­ment. Mais sur­tout, il y a ce cadre ex­cep­tion­nel. Ecou­ter de la mu­sique live sous les étoiles et en­tou­ré de mon­tagnes, c’est un mo­ment que l’on n’ou­blie pas !

Jour 2 : Deer Val­ley & High West

Les choses sé­rieuses com­mencent ! Ce ma­tin, nous re­trou­vons Scott House de chez White Pine Tou­ring. C’est lui qui va nous faire dé­cou­vrir les plus beaux trails que la ré­gion peut of­frir. Avant de par­tir, il faut que mes

LE PRO­GRAMME DE LA JOUR­NÉE PRO­MET DE BELLES DÉ­COU­VERTES À LA PÉ­DALE SUR DES SEN­TIERS NA­TU­RELS MA­JO­RI­TAI­RE­MENT MULTIDIRECTIONNELS : CE­LA SI­GNI­FIE QU’ILS PEUVENT ÊTRE EM­PRUN­TÉS DANS LES DEUX SENS, ET PAS UNI­QUE­MENT À VTT !

nou­veaux co­pains s’équipent. On file au ma­ga­sin de White Pine : nou­velle claque vi­suelle. C’est un peu la ca­verne d’Ali Ba­ba : du ma­tos en veux-tu en voi­là, des fringues su­per sty­lées, de grandes zones ou­vertes pour la mé­ca­nique et une zone dé­diée à l’ac­com­pa­gne­ment. Bref, le genre d’en­droit où il vaut mieux al­ler sans sa carte ban­caire si on veut évi­ter de fi­nir à dé­cou­vert. On charge les vé­los dans la re­morque et comme hier, on prend la di­rec­tion de Snow Park Lodge, notre point de dé­part. Un coup de Sil­ver Lake Ex­press plus tard et nous voi­là prêts à par­tir pour une boucle d’échauf­fe­ment. Fi­ni le bi­ke­park, le pro­gramme de la jour­née pro­met de belles dé­cou­vertes à la pé­dale sur des sen­tiers na­tu­rels ma­jo­ri­tai­re­ment mul­ti-di­rec­tion­nels. Ce­la si­gni­fie qu’ils peuvent être em­prun­tés dans les deux sens... et pas uni­que­ment à VTT ! On part à la queue-leu-leu sur Mid Moun­tain, un sen­tier mo­no­trace en pleine vé­gé­ta­tion, qui s’ouvre par mo­ments sur de ma­gni­fiques pa­no­ra­mas sur le lac ar­ti­fi­ciel de Jor­da­nelle en contre­bas. Etran­ge­ment, mes yeux et ma gorge com­mencent à me pi­quer. Scott m’ex­plique que la brume que l’on dis­tingue à l’ho­ri­zon est due aux ré­si­dus des in­cen­dies qui ra­vagent la Ca­li­for­nie… Un peu plus tard au dé­jeu­ner, on ver­ra ef­fec­ti­ve­ment sur les tables du res­tau­rant quelques cendres que les cou­rants dé­posent de­puis l’Etat voi­sin.

Mid Moun­tain, c’est le bon­heur à l’état pur. Un sen­tier fa­çon mon­tagne russe qui monte sans vrai­ment vous mettre dans le rouge, qui des­cend et tour­ni­cote sans ar­rêt. En deux mots : ryth­mé et lu­dique ! On en­chaîne sur Deer Crest pour re­joindre Snow Park Lodge pour re­trou­ver une vieille connais­sance que je ne m’at­ten­dais ab­so­lu­ment pas à re­trou­ver ici : Eric Por­ter ! Fi­gure em­blé­ma­tique du slo­pe­style et pré­cur­seur dans le free­ride, le pi­lote ha­bite dans la ville de Mid­way et se­ra des nôtres du­rant notre pé­riple. S’il a quelque peu dé­lais­sé la cas­cade, Eric s’est tour­né vers l’en­du­ro et s’est spé­cia­li­sé dans les raids en iti­né­rance en au­to­no­mie. Le dé­part de notre vi­rée s’ef­fec­tue de­puis le som­met de Bald Moun­tain (la mon­tagne chauve !) à un peu moins de 2 900 mètres d’al­ti­tude. Après une pe­tite boucle sur Bow­hun­ter et ses dé­vers par­fois pié­geux, nous voi­ci sur le che­min de Road to Ru­by, un ma­gni­fique sen­tier qui ef­fec­tue la liai­son sur le do­maine du Ru­by Ex­press. En che­min, Scott en pro­fite pour nous faire dé­cou­vrir la Church Of Dirt. Ima­gi­nez le truc : un au­tel rus­tique en bois, quelques bancs, le tout au mi­lieu des mon­tagnes. C’est l’en­droit que Scott a ima­gi­né et construit pour son ma­riage... et au­jourd’hui l’en­droit est de­ve­nu tel­le­ment po­pu­laire qu’il faut s’ins­crire pour pou­voir y or­ga­ni­ser sa propre cé­ré­mo­nie ! Après cette pe­tite anec­dote en mode #emo­tion, on re­part pour une des­cente d’an­tho­lo­gie vers le Mon­tage, un des plus beaux hô­tels de Deer Val­ley. Mais quelle des­cente ! On zig­zague entre les arbres, on prend ap­pui dans cette terre mi­ra­cu­leuse, on re­monte avant de re­plon­ger dans une épingle, on saute, on se tire la bourre, les freins chauffent un peu et on lâche quelques cris de bon­heur. Un vrai mo­ment d’an­tho­lo­gie. On re­monte par le Ru­by Ex­press avant de fi­nir par une boucle qui re­monte vers notre point de dé­part. Mon es­to­mac me rap­pelle à l’ordre, ça tombe bien puis­qu’on a pré­vu une pause dé­jeu­ner au Royal Street Cafe, au pied du Sil­ver Lake Ex­press. J’opte sans com­plexe pour un bon gros bur­ger à la viande de bi­son, ac­com­pa­gné d’une bonne li­mo­nade. Tout est fait mai­son et sour­cé lo­ca­le­ment, le genre de dé­tail qui fait la dif­fé­rence. Ou­bliez tous vos a prio­ri sur la mal­bouffe. A Park Ci­ty, on cultive le lo­ca­vo­risme et les bons pro­duits ! Dif­fi­cile de re­par­tir pour une vi­rée de cross-coun­try après un re­pas si gar­gan­tuesque. Vu qu’on a bien pé­da­lé ce ma­tin, on dé­cide de fi­nir sur le

bike-park... Eric en pro­fite pour nous faire une pe­tite le­çon de style sur les bosses et on fi­nit par du na­tu­rel sur Twist and Shout en tchout­chou, dans un nuage de pous­sière. Un pe­tit af­ter bike est organisé au my­thique Stein Erik­sen. Cet hô­tel créé par le skieur nor­vé­gien est une vé­ri­table ins­ti­tu­tion à Deer Val­ley et mal­gré nos dé­gaines cras­seuses, nous sommes ac­cueillis les bras ou­verts. Al­lez hop, une IPA et ça re­part ! La douche est de ri­gueur avant de re­trou­ver Rhon­da qui nous amène ce soir dans une autre ins­ti­tu­tion de Park Ci­ty : High West Dis­tille­ry. Il s’agit de la pre­mière dis­til­le­rie lé­ga­le­ment au­to­ri­sée dans l’Utah de­puis la fin de la pro­hi­bi­tion amé­ri­caine, qui pro­pose d’ex­cep­tion­nels breu­vages ori­gi­naux. Du bour­bon, du Rye (whis­ky à base de seigle) ou en­core des as­sem­blages très in­té­res­sants pour les ama­teurs. Il y a aus­si un sa­loon pro­po­sant d’ex­cel­lents cock­tails (ah, ce fa­meux Dead Man’s Boots, les bottes de l’homme mort !) et de belles as­siettes, en fai­sant ap­pel en­core une fois à des pro­duits lo­caux.

XC & pêche à la mouche

Cer­tains partent à l’aven­ture sur le Grand Fon­do du Tour de l’Utah : plus de 160 km sur route et 3 000 mètres de dé­ni­ve­lé po­si­tif. Dé­fi­ni­ti­ve­ment pas mon truc ! Mon pro­gramme du jour, ce se­ra une vi­rée orien­tée cross-coun­try pour le ma­tin et une ini­tia­tion à la pêche à la mouche l’après-mi­di ! Pour com­men­cer, on prend des forces chez Ri­ve­rhorse Pro­vi­sions, un pe­tit ca­fé/su­pé­rette ten­dance. L’Avo­ca­do toast de #hips­ter est de ri­gueur, les plus gour­mands op­te­ront même pour le sup­plé­ment ba­con. On part en­suite di­rec­te­ment de la rue prin­ci­pale de Park Ci­ty pour re­trou­ver le pre­mier sen­tier après une quin­zaine de mi­nutes de mon­tée sur le gou­dron. Les ef­fets du jet­lag se font sen­tir, je vais de­voir faire la sor­tie avec une paire de gants dé­pa­reillée ! Après une tren­taine de mi­nutes d’échauf­fe­ment sur un sen­tier bien lu­dique et ryth­mé, nous ar­ri­vons sur le Cres­cent Ex­press, un té­lé­siège qui per­met d’ac­cé­der à un for­mi­dable ré­seau de boucles ty­pées ran­do/cross-coun­try. L’am­biance est net­te­ment plus sau­vage que sur Deer Val­ley. On em­prunte le CMG ou Cres­cent Mine Grade, qui comme son nom l’in­dique vous amène sur un pa­no­ra­ma vers une an­cienne

UN DES PLUS BEAUX ATOUTS DE PARK CI­TY ET SA RÉ­GION, C’EST L’IM­PRES­SION­NANTE VA­RIÉ­TÉ DE SEN­TIERS, DANS DES DÉ­CORS À COU­PER LE SOUFFLE !

mine, avant d’at­teindre De­so­la­tion Lake. La grande force de ces sen­tiers, c’est leur ac­ces­si­bi­li­té. On est à presque 3000 mètres d’al­ti­tude, et pour­tant la fa­tigue ne se fait presque pas sen­tir, grâce à des mon­tées lu­diques et ré­gu­lières qui per­mettent de grim­per à un bon rythme, mais sans ja­mais trop for­cer et se mettre dans le rouge. En­fin ça, c’était jus­qu’au mo­ment où Scott nous an­nonce que les choses al­laient un peu se cor­ser. Al­lez, 20 mi­nutes de mon­tée droit dans la pente ! Fran­che­ment, ça va­lait le coup car la ce­rise sur le gâ­teau était une re­des­cente d’une bonne de­mie heure vers notre point de dé­part, avec un fi­nal bien tech­nique fa­çon Me­ga­va­lanche. Fran­che­ment, on l’a bien mé­ri­tée notre pe­tite après-mi­di les pieds dans l’eau dans la ri­vière Pro­vo, à (es­sayer de) pê­cher la truite. Et grâce aux conseils avi­sés de Tom de All Sea­sons Ad­ven­tures, j’ai fait mouche ! Après cette pe­tite ex­pé­rience plu­tôt sym­pa­thique, di­rec­tion la ferme... mais pas n’im­porte la­quelle !

Ex­pé­rience cu­li­naire à la ferme

Cop­per Moose Farm est une ferme bio et en­ga­gée, qui mi­lite pour une agri­cul­ture rai­son­née. Chaque an­née y est organisé un évé­ne­ment unique et gran­diose, met­tant en va­leur les pro­duits culti­vés sur place et tout le sa­voir-faire cu­li­naire lo­cal. Six chefs de Park Ci­ty se réunissent pour créer un me­nu où sont cui­si­nés es­sen­tiel­le­ment des pro­duits lo­caux. Ce­la im­pres­sionne un peu de se re­trou­ver dans un tel dî­ner en­tou­ré du gra­tin de la ré­gion, dans un lieu si féé­rique. C’est le genre d’ex­pé­rience qu’on a la chance de vivre peu de fois dans sa vie. Un dî­ner gas­tro­no­mique où l’on su­blime l’au­then­ti­ci­té de pro­duits culti­vés sur place, les pieds dans l’herbe pen­dant que le so­leil se couche... pri­ce­less.

De la mon­tagne au dé­sert

Ce ma­tin, Scott est sur­ex­ci­té. Parce que ce ma­tin, on part prendre le pe­tit déj’ chez Woo­dland Bis­cuit Com­pa­ny ! Je pro­fite du tra­jet pour re­gar­der les pho­tos ac­cu­mu­lées sur mon ap­pa­reil et je crois que c’est bien la pre­mière fois que j’ai plus de pho­tos de nour­ri­ture que d’ac­tions à VTT. Ça sent l’in­di­ges­tion ! Bis­cuit Com­pa­ny, c’est d’abord une vieille de­van­ture si­tuée à une bonne tren­taine de mi­nutes de Park Ci­ty, au beau mi­lieu de la cam­pagne. Pous­sez la porte d’en­trée et la ma­gie opère. L’en­droit est aus­si au­then­tique que sa pa­tronne. Bis­cuit Com­pa­ny est de­ve­nu cé­lèbre pour ses bis­cuits... mais ce­la n’a rien à voir avec nos bis­cuits à nous, su­crés. Le bis­cuit ver­sion US, c’est une sorte de pain très dense et friable, que l’on sert un peu sous forme de sand­wich. Le genre de truc très lé­ger et di­geste avant de par­tir rou­ler, quoi ! Je dois vous dire que plus d’une fois, j’ai en­vié Eric et son Gra­no­la truf­fé de fruits frais, de miel et de cé­réales.

Pour notre der­nière jour­née à VTT, on change com­plè­te­ment de dé­cor. On a quit­té les mon­tagnes de Park Ci­ty pour re­joindre la val­lée de Ka­mas, der­rière le lac de Jor­da­nelle. L’am­biance est plus dé­ser­tique, plus aride. De­puis High Star Ranch, un ré­seau de pistes de VTT d’en­vi­ron 30 ki­lo­mètres a été com­plè­te­ment construit sur un flanc de col­line. Et c’est sa­cré­ment bien pen­sé ! Du pe­tit sen­tier lu­dique et par­fois tech­nique, de la terre qui offre un grip de fo­lie, des mon­tées en pente douce qui vous per­mettent d’ar­ri­ver au som­met en s’amu­sant... bref, c’est com­plè­te­ment pen­sé pour le VTT, pour s’amu­ser et se ti­rer la bourre entre potes. L’après-mi­di, Eric Por­ter a dé­ci­dé de nous faire dé­cou­vrir ses sen­tiers pré­fé­rés, der­rière chez lui. Et ça va­lait fran­che­ment le coup.

A 3 500 mètres d’al­ti­tude, le pay­sage de­vient al­pin et sau­vage. Et dire qu’il y a une heure à peine, on se se­rait cru proche du dé­sert ! C’est pro­ba­ble­ment un des plus beaux atouts de Park Ci­ty et de sa ré­gion. Pou­voir vous faire rou­ler sur une im­pres­sion­nante va­rié­té de sen­tiers, dans des dé­cors à cou­per le souffle. Et je ne vous parle pas de la gas­tro­no­mie, ma ba­lance risque de se fâ­cher. Il y a tant à faire ici que chaque jour­née peut être sa­vou­rée à ex­plo­rer de nou­velles traces !

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