Bret Eas­ton El­lis dis­sèque la « Gé­né­ra­tion Cho­chotte »

Vanity Fair (France) - - Sommaire -

n fé­vrier, je donne une in­ter­view à l’édi­tion an­glaise du ma­ga­zine Vice pour la pro­mo d’un film que j’ai écrit et fi­nan­cé, The Ca­nyons – je ren­contre la presse car on es­père en­core que, si moi-même ou le réa­li­sa­teur Paul Schra­der par­lons de ce film, il va trou­ver un pu­blic sus­cep­tible de s’y in­té­res­ser et de le com­prendre. Une pro­duc­tion do it your­self, genre gué­rilla, qui a coû­té 150 000 dol­lars [en­vi­ron 110 000 eu­ros] pour le tour­nage (90 000 dol­lars sor­tis de nos poches), qu’on a fil­mée en une ving­taine de jours à Los An­geles du­rant l’été 2012 avec, dans les rôles prin­ci­paux, des jeunes gens de la Gé­né­ra­tion Y : Lind­say Lo­han et la star du por­no James Deen. La jeune jour­na­liste de Vice m’in­ter­roge sur mes centres d’in­té­rêt du mo­ment : mon ad­mi­ra­tion pour Le Loup de Wall Street de Mar­tin Scor­sese – le meilleur film que j’ai vu en 2013 (pas du grand Scor­sese, mais bien meilleur que toutes les autres pro­duc­tions amé­ri­caines de cette an­née-là), puis nous évo­quons le film que j’écris pour Ka­nye West et mon amour pour le réa­li­sa­teur Ter­rence Ma­lick (mais pas pour son film À la mer­veille). Nous par­lons en­suite de la mi­ni­sé­rie que je dé­ve­loppe alors pour la Fox sur les as­sas­si­nats de Charles Man­son (mon projet est main­te­nant à l’eau à cause d’une sé­rie si­mi­laire pro­duite par NBC), puis de mon pod­cast et du nou­veau ro­man que j’ai com­men­cé en jan­vier 2013 avant de je­ter l’éponge – mais j’es­père bien le re­prendre. Nous dis­cu­tons en­fin de mes pro­blèmes avec Da­vid Fos­ter Wal­lace, de ma pas­sion pour Joan Di­dion, de mes théo­ries sur l’Em­pire et le post-Em­pire, et bien sûr de The Ca­nyons. Mais la pre­mière ques­tion de cette jeune jour­na­liste ne concerne pas le film : elle me de­mande pour­quoi, sur mon compte Twit­ter, je qua­li­fie

tou­jours les « Mil­len­nials » [ceux qui ont eu 20 ans en 2000] de « Gé­né­ra­tion Cho­chotte ». Alors je lui ré­ponds sin­cè­re­ment, sans me dou­ter une se­conde des vagues que mes com­men­taires vont pro­duire dès que mon in­ter­view avec Vice se­ra dis­po­nible sur le Net.

PE­TITE PAR­CELLE D’OBS­CU­RI­TÉ

e vis avec un Millen­nial de­puis quatre ans (il a au­jourd’hui 27 ans) et je suis tan­tôt char­mé, tan­tôt exas­pé­ré par la ma­nière dont ses amis et lui – tout comme les jeunes Mil­len­nials que j’ai ren­con­trés en chair et en os ou sur les ré­seaux so­ciaux – né­go­cient avec le monde. Voi­là quelques an­nées que sur Twit­ter je fais part de mon amu­se­ment et de ma frus­tra­tion dus à ce que j’ap­pelle la « Gé­né­ra­tion Cho­chotte ». Gros­so mo­do, je m’en prends à leur hy­per­sen­si­bi­li­té, leur vo­lon­té in­sis­tante d’avoir tou­jours rai­son sur­tout quand ils ont tort, leur in­ca­pa­ci­té à re­mettre les choses dans leur contexte, leurs ré­ac­tions dis­pro­por­tion­nées, leur in­dé­crot­table op­ti­misme pas­sif-agres­sif, et tout ce­la bien sûr exa­cer­bé par les mé­docs dont ils ont été ga­vés de­puis l’en­fance par des pa­rents sur­pro­tec­teurs qui jouent au Samu à la moindre oc­ca­sion et les sur­veillent en per­ma­nence comme le lait sur le feu. Ce sont des pa­rents de la fin du ba­by-boom et de la Gé­né­ra­tion X qui se ré­voltent contre leur propre ré­volte à cause de l’amour que, se­lon eux, ne leur ont ja­mais don­né leurs propres pa­rents ba­by-boo­mers, égoïstes et nar­cis­siques, et qui fi­nissent par bou­siller leurs ga­mins en les pré­pa­rant très mal à af­fron­ter les dif­fi­cul­tés de la vie et la réa­li­té du monde : on ne peut pas plaire à tout le monde, ton amour ne se­ra peut- être pas par­ta­gé, les jeunes sont vrai­ment cruels, bos­ser c’est chiant, c’est dur d’être bon à quelque chose, la vie est faite d’échecs et de dé­cep­tions, tu n’as au­cun ta­lent, les gens souffrent, les gens vieillissent et meurent... La Gé­né­ra­tion Cho­chotte ré­agit en som­brant dans la sen­ti­men­ta­li­té et en créant des ré­cits de vic­times au lieu de re­con­naître les réa­li­tés du monde, de les af­fron­ter, de les di­gé­rer pour al­ler de l’avant, mal pré­pa­rée à se dé­brouiller dans un monde sou­vent hos­tile ou in­dif­fé­rent qui se moque que vous exis­tiez ou pas.

Je n’ai ja­mais pré­ten­du être un ex­pert de la Gé­né­ra­tion Y et mes tweets in­of­fen­sifs se fon­daient seu­le­ment sur une ob­ser­va­tion per­son­nelle et sur les tweets qui cir­culent sû­re­ment, comme on peut s’y at­tendre, par­mi les membres d’une même gé­né­ra­tion. Par exemple, une des pires dis­putes avec mon petit ami a été pro­vo­quée par le sui­cide de Ty­ler Cle­men­ti, ici aux États-Unis. Cle­men­ti, étu­diant de 18 ans à l’uni­ver­si­té Rut­gers, s’est tué parce qu’il avait le sen­ti­ment que son ca­ma­rade de chambre Dha­run Ra­vi avait abu­sé de lui. Ra­vi n’a ja­mais tou­ché Ty­ler, il ne l’a ja­mais me­na­cé, mais il a fil­mé Ty­ler à son in­su en train d’avoir un rap­port avec un autre homme, puis il a ba­lan­cé la vi­déo sur In­ter­net. Très gê­né par cette blague à la web­cam, Ty­ler s’est tué en se je­tant du haut du pont George-Wa­shing­ton quelques jours plus tard. Lors de ma dis­pute avec mon petit ami, j’ai op­po­sé les ré­cits vic­ti­mi­sants, le « cy­ber-har­cè­le­ment » et les me­naces ima­gi­nées aux vraies vio­lences bien réelles. S’agis­sait-il sim­ple­ment d’une sainte-ni­touche hy­per­sen­sible de la Gé­né­ra­tion Cho­chotte, dont les télés na­tio­nales ont fait leurs choux gras parce que l’idée de cy­ber-har­cè­le­ment était à la mode à ce mo­ment-là (elle l’est tou­jours en par­tie), ou bien Cle­men­ti était-il un jeune homme pro­fon­dé­ment trou­blé qui a tout bon­ne­ment cra­qué sous le poids de sa propre honte, avant d’être trans­for­mé en vic­time/hé­ros (c’est la même chose au­jourd’hui aux États-Unis) par une presse dé­si­reuse de pré­sen­ter cette af­faire hors de tout contexte et de mé­ta­mor­pho­ser Ra­vi en un monstre à cause d’une simple blague de dor­toir de pre­mière an­née (as­sez in­of­fen­sive se­lon moi) ? Les gens de mon âge sont plu­tôt en­clins à me don­ner rai­son mais les membres de la gé­né­ra­tion de mon ami ont bien sûr plu­tôt ten­dance à ne pas être d’ac­cord avec mes tweets.

Là en­core, ma ré­ac­tion vient du fait que je re­garde les Mil­len­nials de mon point de vue : ce­lui d’un membre d’une des générations les plus pes­si­mistes et iro­niques qui aient ja­mais vé­cu sur terre – la Gé­né­ra­tion X. Alors quand j’en­tends par­ler d’un jeune type tel­le­ment bles­sé par le cy­ber-har­cè­le­ment qu’il se sui­cide, j’ai du mal à pi­ger. D’ailleurs, même mon petit ami re­con­naît que la Gé­né­ra­tion Cho­chotte est hy­per­sen­sible, sur­tout à la cri­tique. Quand un membre de cette gé­né­ra­tion crée quelque chose, il a tel­le­ment de ca­naux de dif­fu­sion à sa dis­po­si­tioin que ce quelque chose dé­barque sou­vent dans le monde brut de dé­cof­frage, non cor­ri­gé, pos­té par­tout, et, à cause de cette li­ber­té, beau­coup de conte­nus ain­si dif­fu­sés sont bâ­clés, un peu mer­diques, mais c’est OK – le monde d’au­jourd’hui est comme ça. Mal­gré tout, quand on cri­tique une Cho­chotte à cause de ce genre de conte­nu, elle semble s’ef­fon­drer dans une spi­rale de honte et la per­sonne qui ose la cri­ti­quer est aus­si­tôt éti­que­tée comme un ha­ter, un sa­laud, un troll. En­suite, il faut ob­ser­ver la gé­né­ra­tion qui a éle­vé ces jeunes gens, les a cou­verts de louanges et de mé­dailles d’or – quatre étoiles sim­ple­ment parce que t’es là –, en es­sayant de les pro­té­ger contre la face obs­cure de la vie et qui a ain­si créé à son tour une gé­né­ra­tion ap­pa­rem­ment su­per­con­fiante et po­si­tive. Mais il suf­fit qu’une toute pe­tite par­celle d’obs­cu­ri­té entre dans leur royaume pour qu’ils se trouvent pa­ra­ly­sés et in­ca­pables d’y faire face.

MDES AMIS PAR MIL­LIERS

a gé­né­ra­tion a été éle­vée par des ba­by-boo­mers dans une sorte de monde en­tiè­re­ment ima­gi­naire, à l’apo­gée de l’Em­pire : les boo­mers ont été les en­fants les plus pri­vi­lé­giés et les mieux édu­qués de la Great Ge­ne­ra­tion [la gé­né­ra­tion des Trente Glo­rieuses], pro­fi­tant de la crois­sance éco­no­mique

de la so­cié­té amé­ri­caine après la Se­conde Guerre mon­diale. Ma gé­né­ra­tion s’est aper­çue que, comme la plu­part des choses ima­gi­naires, c’était un men­songe in­sup­por­table ; nous nous sommes donc ré­vol­tés en dé­fen­dant l’iro­nie, la né­ga­ti­vi­té, une cer­taine at­ti­tude, ou bien nous nous sommes adroi­te­ment éclip­sés parce que nous en avions les moyens. Notre réa­li­té, com­pa­rée à celle des Mil­len­nials, était éco­no­mi­que­ment confor­table. Nous pou­vions nous of­frir le luxe d’être dé­pri­més, iro­niques et co­ol.

L’an­goisse et le be­soin dé­fi­nissent la Gé­né­ra­tion Cho­chotte, et quand on n’a pas l’agréable pers­pec­tive de pou­voir s’éle­ver éco­no­mi­que­ment dans le monde, alors on fait quoi ? Eh bien, on as­sure sa pré­sence sur les ré­seaux so­ciaux : on s’in­cruste, on peau­fine sa marque de fa­brique, on se bat pour être ai­mé, pour être ai­mé, pour être ai­mé... Et ce­la gé­nère son propre type d’an­goisse in­ces­sante.

Voi­là pour­quoi, si quel­qu’un s’avise de cri­ti­quer la Gé­né­ra­tion Cho­chotte, ses membres ap­posent aus­si­tôt sur cette per­sonne l’éti­quette de « connard » – point fi­nal. Au­cune né­ga­ti­vi­té, nous avons seu­le­ment be­soin d’être ad­mi­rés. C’est pro­blé­ma­tique car ce­la li­mite le dis­cours : si, tous au­tant que nous sommes, nous ai­mons tout ce qui existe – le rêve des Mil­len­nials –, alors de quoi diable al­lons-nous par­ler ? Du cô­té for­mi­dable de tout ? Du nombre de fois où on a cli­qué « J’aime » sur Fa­ce­book ? BuzzFeed, le site d’in­for­ma­tion des Mil­len­nials, a dé­cla­ré qu’il n’al­lait plus dif­fu­ser le moindre conte­nu né­ga­tif – eh bien, si cette at­ti­tude conti­nue à se ré­pandre, que va- t-il ar­ri­ver à la cul­ture ? S’il n’y a plus de mo­dèle éco­no­mique pour gra­vir les éche­lons, alors la po­pu­la­ri­té est dé­sor­mais la seule mon­naie en vi­gueur et voi­là pour­quoi on dé­sire avoir des mil­liers et des mil­liers d’amis sur Twit­ter, Fa­ce­book, Ins­ta­gram, Tum­blr – où l’on es­saie déses­pé­ré­ment d’être ai­mé. Un de mes amis – ap­par­te­nant à la Gé­né­ra­tion Cho­chotte – fai­sait re­mar­quer que les membres de cette gé­né­ra­tion étaient cu­ra­teurs plu­tôt qu’ar­tistes, une « gé­né­ra­tion d’es­thètes... tous les jeunes ar­tistes qui sont sur Tum­blr ne dé­si­rent pas créer réel­le­ment – ils veulent soit piller l’art, soit être l’art ». ’avais ou­blié cette in­ter­view avec Vice mais elle m’est re­ve­nue en mé­moire comme un boo­me­rang après qu’elle a été mise en ligne, quand l’ex­pres­sion « Gé­né­ra­tion Cho­chotte » a sus­ci­té un nombre ahu­ris­sant de com­men­taires dans la presse et qu’on m’a de­man­dé, toutes af­faires ces­santes, de par­ti­ci­per à des talk-shows, des pod­casts et des émis­sions de ra­dio pour évo­quer « le phé­no­mène » Gé­né­ra­tion Cho­chotte. Les gens d’ac­cord avec mes points de vue in­for­mels et dé­con­trac­tés étaient les plus âgés, mais j’ai été sur­pris par le nombre de jeunes qui par­ta­geaient aus­si mon avis, des Mil­len­nials qui se plai­gnaient du com­por­te­ment de leurs pairs.

Les gens plus vieux sou­hai­taient faire part de leur ex­pé­rience : un père m’a ra­con­té sa frus­tra­tion en voyant son fils par­ti­ci­per à un jeu de tir à la corde avec ses ca­ma­rades de classe dans la cour de son école pri­maire : au bout d’une ou deux mi­nutes, le prof bien­veillant avait dé­cla­ré la par­tie nulle, dit aux ga­mins qu’ils avaient fait du bon bou­lot et tout le monde avait eu droit à une ré­com­pense. Il y avait par­fois des his­toires plus sombres : des pa­rents bour­rés de re­mords et bat­tant leur coulpe pour avoir chou­chou­té leurs ga­mins qui, rat­tra­pés par la ba­nale réa­li­té du monde, s’étaient ré­fu­giés dans la drogue pour fuir... la ba­nale réa­li­té du monde. Cer­tains n’ar­rê­taient pas de m’en­voyer des mes­sages pour me dire que le be­soin op­pres­sant qu’ils res­sen­taient de de­voir ré­com­pen­ser constam­ment leurs gosses les tour­men­tait. Qu’en agis­sant de la sorte, ils les em­pê­chaient très ef­fi­ca­ce­ment d’af­fron­ter les échecs aux­quels nous sommes tous con­fron­tés en vieillis­sant et que leurs en­fants étaient très mal pré­pa­rés à sup­por­ter la moindre dou­leur. e n’ai par­ti­ci­pé à au­cun de ces talk-shows car je ne pré­tends pas être un spé­cia­liste de cette gé­né­ra­tion, pas plus que j’ai le sen­ti­ment d’être un spé­cia­liste de la mienne : je ne me vois pas comme un crou­lant qui se plaint de la gé­né­ra­tion nouvelle. En tant qu’écri­vain qui a consa­cré toute sa car­rière à la sa­tire de sa propre gé­né­ra­tion en cri­ti­quant son ma­té­ria­lisme et sa su­per­fi­cia­li­té, j’ai sim­ple­ment sou­li­gné quelques as­pects du com­por­te­ment des Mil­len­nials que j’avais re­mar­qués. Mais à cause du cycle ré­pé­ti­tif des infos sur 24 ou 48 heures, je suis très vite pas­sé pour un « ex­pert » et j’ai été bom­bar­dé de mails et de tweets. Ce que l’in­ter­view de Vice n’a pas men­tion­né, c’est que vi­vant avec un membre de cette gé­né­ra­tion, j’éprouve de la sym­pa­thie pour toutes ces cho­chottes, et je me rap­pe­lais trop bien l’an­née in­fer­nale qu’a pas­sée mon petit ami di­plô­mé à cher­cher un bou­lot et qu’il ne trou­vait que des stages non payés. Ajou­tez à ce­la l’at­mo­sphère sexuelle hu­mi­liante dans la­quelle les jeunes baignent, où la beau­té phy­sique (Tin­der étant l’exemple le plus criant) est constam­ment van­tée sur un mode af­freu­se­ment fri­vole. En com­pa­rai­son, la drague de mon époque pas­se­rait presque pour une ac­ti­vi­té chaste et in­no­cente.

J’éprouve vrai­ment de la ten­dresse pour la Gé­né­ra­tion Cho­chotte, sa né­vrose, son nar­cis­sisme, sa stu­pi­di­té – ajou­tez le fait qu’ils n’ont connu que l’après-11-Sep­tembre, deux guerres, une ré­ces­sion bru­tale et il n’est pas dif­fi­cile de les ai­mer. Peut- être à la ma­nière de Le­na Dun­ham dans Girls, la sé­rie qui porte sur cette gé­né­ra­tion un re­gard caus­tique et cin­glant, mais non sans sym­pa­thie. Et c’est cru­cial : on peut être à la fois caus­tique et sym­pa­thique. En fait, pour être un ar­tiste, pour s’éle­ver au­des­sus du va­carme d’une cul­ture ul­tra­réac­tion­naire fon­dée sur la peur et qui consi­dère toute cri­tique comme éli­tiste, il faut être les deux. Mais c’est une at­ti­tude dif­fi­cile à te­nir, les Mil­len­nials ne sup­portent pas ce genre d’ap­proche froide de la réa­li­té. Voi­là pour­quoi, à l’heure qu’il est, la Gé­né­ra­tion Cho­chotte de­mande seu­le­ment une chose : please, please, please, ren­voyez-moi un feed-back po­si­tif, please. "

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