L’écri­vain Joyce Maynard suc­combe aux joies du mé­nage

Vanity Fair (France) - - Sommaire -

Quand j’ai ren­con­tré Jim, je vi­vais de­puis vingt ans libre de toute at­tache sen­ti­men­tale – je me croyais vouée au cé­li­bat jus­qu’à la n de mes jours.

Je m’étais ma­riée jeune – 23 ans – et, à 31 ans, j’étais mère de trois en­fants. Entre leur père et moi, les pro­blèmes avaient très vite sur­gi, ce­pen­dant nous avions ré­sis­té une dou­zaine d’an­nées avant de nous sé­pa­rer. Fi­na­le­ment, les en­fants et moi sommes par­tis et je me pen­sais dé­ter­mi­née à trou­ver un jour ce­lui qui se­rait le vé­ri­table par­te­naire de mon exis­tence. Or, deux dé­cen­nies plus tard, je n’avais par­ta­gé mon foyer avec per­sonne si ce n’est mes en­fants. Pas même eux, d’ailleurs, une fois le der­nier en­vo­lé.

Non que j’aie man­qué d’aven­tures ou d’amants – des hommes avec qui je dan­sais et dor­mais, pour qui je cuisinais, dont cer­tains avaient vou­lu m’épou­ser. D’une cer­taine fa­çon, j’ai ai­mé cha­cun d’eux mais je n’ai ima­gi­né par­ta­ger ma vie avec au­cun. J’avais beau se­ri­ner à mes amis que tôt ou tard je trou­ve­rais le par­te­naire idéal, à chaque fois qu’un homme se pré­sen­tait, j’at­ten­dais avec im­pa­tience le mo­ment où il ren­tre­rait chez lui et où je me re­trou­ve­rais seule chez moi.

J’avais ni par me per­sua­der que je n’étais pas taillée pour le ma­riage.

En l’ab­sence de com­pa­gnon à plein­temps, je goû­tais le me­nu plai­sir – voire l’ex­ci­ta­tion – de jouer à la femme que per­sonne ne peut re­ven­di­quer. Qui se pro­mène seule dans le monde mais laisse en­tendre que plein de choses sont pos­sibles. Mon coeur n’ap­par­tient à per­sonne. Mais qui sait, vous pour­riez le conqué­rir.

de San Fran­cis­co,

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