L’ate­lier d’ar­tiste des frères Jan et Joël Mar­tel est à vendre

Clas­sé mo­nu­ment his­to­rique, le stu­dio des sculp­teurs Jan et Joël Mar­tel, dans le XVIe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, est à vendre pour 2,4 mil­lions d’eu­ros.

Vanity Fair (France) - - Sommaire - BÉ­NÉ­DICTE BURGUET

De loin, l’édiŠce per­cé de longues fe­nêtres res­semble à un pa­que­bot échoué sur le bi­tume avec sa tour à l’al­lure de che­mi­née. Oc­cu­pant le rez- de- chaus­sée de l’hô­tel par­ti­cu­lier des frères , oeuvre de l’ar

Jan et Joël Mar­tel chi­tecte , l’ate­lier

Ro­bert Mallet-Stevens de 171… m2 n’a ja­mais été trans­for­mé de­puis sa construc­tion en 1927. Les grandes ver­rières à huis­se­ries, tra­vail du maître ver­rier , sont d’ori­gine, tout

Louis Ba­rillet comme la porte cou­lis­sante en fer for­gé dessinée par . Les an­nées

Jean Prou­vé 1930 per­durent en­core au nu­mé­ro 10 de l’ac­tuelle rue Mallet-Stevens.

Après plu­sieurs an­nées pas­sées à Pa­ris, où ils sont de­ve­nus cé­lèbres, les frères Mar­tel cherchent un lieu clair et vaste où éta­blir leur ate­lier loin de leur Bre­tagne na­tale. Ils en­gagent alors les plus grands ar­chi­tectes et dé­co­ra­teurs de leur temps. Ro­bert Mallet-Stevens, à l’ori­gine de la mai­son de Paul Poi­ret à Mé­zy- sur-Seine (Yve­lines) ou de la vil­la Noailles à Hyères (Var), ouvre l’es­pace et an­ti­cipe l’im­por­tance de la hau­teur sous pla­fond (at­tei­gnant 6… mètres), de la lu­mière et du jeu de ni­veaux oˆrant aux ar­tistes des points de vue mul­tiples sur leurs oeuvres, en plon­gée et contre­plon­gée. , pion­nier des

Fran­cis Jour­dain arts dé­co­ra­tifs mo­dernes, connu pour son mobilier fonc­tion­nel sans or­ne­ment, réa­lise, en 1928, des meubles cou­lis­sants mon­tés sur deux…tringles pa­ral­lèles Šxées au mur. Ce sys­tème in­gé­nieux per­met no­tam­ment à Jan et Joël Mar­tel d’ins­tal­ler des sculp­tures mo­nu­men­tales à l’image des Oi­seaux de mer. Une chambre est pen­sée par , l’un

Ga­briel Gue­vre­kian

des membres fon­da­teurs du Con­grès in­ter­na­tio­nal d’ar­chi­tec­ture mo­derne. En 1929-1930, c’est qui

Char­lotte Per­riand exé­cute un bar à portes éga­le­ment cou­lis­santes. La vo­lu­mé­trie spec­ta­cu­laire et le mobilier sur me­sure té­moignent de l’in­ven­ti­vi­té des ar­chi­tectes de l’époque. Tout ici est conçu pour fa­ci­li­ter le tra­vail des sculp­teurs.

Fi­gures du mou­ve­ment Art dé­co, ces frères ju­meaux (qui signent pour­tant d’une seule main, uni­que­ment Mar­tel) par­ti­cipent à plu­sieurs ma­ni­fes­ta­tions cou­rues‡ : le Salon des in­dé­pen­dants, le Salon d’au­tomne, le Salon des Tui­le­ries ou l’Ex­po­si­tion des arts dé­co­ra­tifs de 1925, du­rant la­quelle ils pré­sentent, en col­la­bo­ra­tion avec Ro­bert Mallet-Stevens, des arbres cu­bistes en ci­ment ar­mé qui dé­fraient la chro­nique. Leur tra­vail se par­tage entre com­mandes pu­bliques (en 1932, ils réa­lisent un mo­nu­ment en l’hon­neur de Claude De­bus­sy, bou­le­vard Lannes à Pa­ris) et com­mandes pri­vées (ils exé­cutent pour la vil­la Noailles un bas­re­lief sur la co­lonne cen­trale du hall et un mi­roir po­ly­édrique).

Leur ate­lier, une vé­ri­table oeuvre d’art au coeur d’une rue bor­dée d’hô­tels par­ti­cu­liers‡ 1930 dans le XVIe‡ ‡ ar­ron­dis­se­ment, a conser­vé sa splen­deur Art dé­co. L’agence Ar­chi­tec­ture de col­lec­tion, spé­cia­li­sée dans la vente de mai­sons d’ar­chi­tectes des XXe et XXIe siècles en France, est au­jourd’hui char­gée de lui trou­ver un nou­veau pro­prié­taire.‡—

« L’ar­chi­tecte sculpte

un bloc énorme :

la mai­son. Les saillies,

les dé­cro­che­ments

rec­ti­lignes for­me­ront

de grands plans

d’ombres et de

lu­mière… C’est

la mai­son lo­gique

et géo­mé­trique

de de­main », di­sait

Mallet- Stevens

à droite).

(por­trait en bas

L’ate­lier des

ju­meaux Mar­tel

(ci- des­sus)

trans­for­mé

en salon- salle

à man­ger.

Pen­dule

Bleu

Écharpe

en ex­clu­si­vi­té

au Prin­temps

Hauss­mann.

Ap­pa­reil pho­to

Lu­nettes

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